Spirit Horse (1/3)

Culture of the Wild

Voici près de 2 semaines que nous sommes rentrés de la Vallée et chaque nuit, je retourne secrètement à Spirit Horse, ce camps Hippie parfaitement invraisemblable. et chaque jour, on me demande, les yeux écarquillés « Allez, raconte! ».

Alors voilà.

Bah…

euh…

J’ai commencé par m’évanouir.
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Photo Jerry Hyde

Je suis partie dans cette vallée du Pays de Galles, parce que j’aime mon homme et qu’il a ce lieu dans la peau. il m’avait prévenu que c’était pas simple, qu’il y faisait souvent froid, qu’il y avait de la boue, des micro-moustiques (les mitges), beaucoup de pluie. Mais quand on rencontre quelqu’un, qu’on est amoureux, on veut tout savoir de la personne, tout partager. non?!

Donc voila, j’arrive dans la vallée après une journée entière de voyage avec Tâm et Léo. Janan, l’ex-femme de Jerry, est venue nous chercher à l’aéroport et nous emmène en bagnole au camps. Nous allons passer un peu de temps ensemble…

C’est la 3 ou 4e fois qu’elle va là-bas, pour quelques jours seulement : « Ce lieu ne ressemble à rien de ce que l’on peut connaître ailleurs. et c’est… traumatisant. c’est traumatisant pour t’adapter à l’arrivée… ça l’est encore davantage quand tu repars. »

C’est en fait très difficile de vous partager une expérience avec des mots. parce que justement, la plupart des choses qui se sont passées pour moi à Spirit Horse se sont passées dans mon corps… Spirit Horse n’est pas un concept, mais une expérience.

Je recommence : l’évanouissement.

 

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Photo Jerry Hyde

Nous sommes arrivés de nuit, il faisait froid, il pleuvait, on ne voyait rien. logique car le lieu est sans électricité. Jerry avait réussi à nous trouver sur la route pour nous montrer le chemin. c’était un miracle, car non seulement, il n’y a pas d’électricité mais en plus pas de réseau. logique.
On nous avait mis de la nourriture de côté à la cuisine. De ce que je comprenais, on était dans une sorte de tipi, avec des gens mouillés dedans qui jouaient de la musique. « maman tu aurais dû nous dire qu’on viendrait ici… » « tâm, je ne sais pas moi-même où nous sommes ».

nous partons en lampe torche dormir. la tente de Jerry s’étant effondrée la veille (trop de vent tue la tente), on nous prêté un joli espace, dans une jolie cabane, au fond du village. Celle-ci est en bois, faîte entièrement à la main, avec un sauna un bas, un pagode tibétaine en haut et un entresol (entre les 2 donc). il y a la place pour 6 matelas… parfait!

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Photo Jerry Hyde

 

je me réveille tôt, habitée par la peur de retomber malade (j’ai fait un mini burn out juste avant les vacances fin juillet). il pleut mais on sent le soleil derrière les nuages. et puis, et je trouve cette sensation d’eau étonnamment agréable. nous partons nous promener. la matinée se passe. sous la pluie toujours.

En arrivant dans la cuisine pour déjeuner, je suis assise à côté d’une femme pirate. un chapeau élimée, une chemise à jabots élimée aussi, de longs cheveux en dreadlocks grises, les pieds nus. plein de boue. les enfants entrent et sortent trempés. les pieds nus. Plein de boue. les personnes à la cuisine. les pieds nus (ou des crocs). plein de boue.
je sens un truc hyper violent monter en moi. je n’arrive plus à ouvrir les yeux. ni à manger.
« Jerry, i’m exhausted »

Je réunis mes dernières forces et je vous assure que c’était pas grand chose. arrive à la cabane et m’écroule pendant 3 heures.

 

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Photo Jerry Hyde

 

En me réveillant, je confesse à Jerry « I am frightened ». un ami disait « on ne peut pas juger un sentiment », je m’y suis accrochée pour ne pas avoir honte, mais n’étais pas fière non plus. et Jerry, il est génial, il m’a rassurée. il m’a dit que c’était normal, que les gens, le rapport aux choses, que tout allait être challengé et que ça fait peur, ça fait très peur. Que je devais pour autant savoir que j’étais en sécurité, car j’avais beau avoir l’impression d’être au milieu d’un film de pirates (c’est horrible), personne n’allait m’égorger, au contraire, ce village est paisible, il n’y a pas de vol, pas de baston, pas d’histoire glauque.

Et Janan de continuer « peut être sens tu que les gens sont fermés, mais ils ne le sont pas. » « non, non, ça je le vois bien, en revanche moi, je le suis bien, fermée. »

En fait, j’ai expérimenté la peur de l’autre, de l’Autre. et je vous jure, c’est affreux comme on a peur. c’est affreux comme c’est affreux, et si je n’en avais pas pris conscience, peut être aurais-je finis par manifester « pour tous ». heureusement que j’ai des valeurs, et un peu de capacité de raisonnement. ça, et la bienveillance bien sûr, ça m’a sauvée.

 

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Photo Jerry Hyde

Et puis, ce truc de la boue, c’est fou, comme ca m’a fait peur (Into the mud > into the Meurd’?!) J’ai bien compris que tous mes repères allaient voler en éclat. Pour rappel, je bossais chez Lancôme et montait les marches à Cannes, c’est pas ma vie dans son global mais c’est un bon repère pour vous faire ressentir une sorte de grand écart. Donc ce qui fait peur, c’est pas la violence des autres, c’est la tienne, celle qui s’exprime quand juste, tu ne sais pas où t’es.  Quelle expérience!

beh… merci pour ça.

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Photo Jerry Hyde

Je vous raconterai la suite, en vidéo notamment, mais pour la faire courte, (ouais ça va être encore long en fait), cette semaine passée à Spirit Horse a tout remis en question chez moi : le rapport à l’autre, à l’hygiène, à la culture, au corps, à la nature bien sûr, à la famille, à l’éducation (beaucoup de famille là bas pratiquent le home schooling), à l’abondance, à la confiance, au risque, au genre, à l’individu, à la communauté, à la règle, à l’interdit, au champignon, aux poils, à l’essence des choses… à la beauté bien sûr.

 

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Photo Jerry Hyde

 

à l’hygiène par exemple : la boue m’a fait peur, pourtant la boue, c’est juste… de la terre et de l’eau! et puis il n’y a pas d’eau courante, donc chacun se lave dans la rivière, et sans savon. pour autant, je n’ai jamais senti de mauvaise odeur. J’ai bien vu la différence… en rentrant à Paris. les gens vivent dans la nature toute la journée, donc on ne se lave pas mais on n’est pas sales non plus. j’avais déjà entendu des tas de choses sur notre rapport très polissé à l’hygiène, mais c’est la première fois, que je m’y suis confrontée. véritablement.

 

 

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Photo Jerry Hyde

la nature : c’est ce que j’ai préféré. vivre dans la nature, ne pas attendre d’elle qu’il fasse beau, ou qu’elle me rende service, ou du moins comme j’aimerais qu’elle le fasse, ahlala, que c’était bon. la Vallée est rythmée par l’eau, les nombreuses cascades et torrents qui y coulent. Cette eau est franchement fraîche, mais après 2-3 jours, mon corps était comme appelé vers elle, et ça me prend encore parfois aujourd’hui. Je frissonnais mais n’avais pas froid, et j’adorais ça. j’avais déjà entendu parlé du « faire un avec la nature », mais là, encore une fois, je l’ai expérimenté et que ça me manque. que ça me manque!

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Photo Jerry Hyde

le corps : « allo, papa, oui on part dans un camps hippie » « ah bon, vous allez être tout nus?! » oui… et bien oui et non. enfin c’est comme tu veux. les bébé là bas vivent tout nus, dans les bras des uns et des autres. les gens ont un corps libéré. la nudité n’est donc pas un problème, une menace, un manque de pudeur. pour les femmes comme pour les hommes. que ce soit dans les rivières ou dans le village. ça m’a surprise au début de voir des femmes topless en train de prendre leur café. nan, c’est pas vrai, en fait, ça m’a super choquée. et je me suis rendue compte comment j’avais moi-même totalement intégré la sexualisation du corps de la femme. donc le corps est libéré, mais pas objectivé. quelle beauté!

 

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Photo Jerry Hyde

la culture : le camps n’est pas uniquement un camps hippie, et communautaire, il cherche à développer des valeurs, et ces valeurs sont celles du « wild nature » (sauvage en français ne veut pas dire la même chose), c’est à dire à te connecter avec quelque chose d’inhérent en chacun de nous, quelque chose de sauvage. Your inner peacefull warrior. C’est donc une communauté d’individus qui non seulement croient en la nature humaine (pas uniquement comme une construction sociale) mais qui en plus cherche à la développer. Shivam O’Brien et Erika Indra, les fondateurs de Spirit Horse il y a 25 ans, ont suivi des enseignements chamaniques, et la culture du camps est une création empruntant à des rituels « natives » indiennes, amérindiennes, tibétaines, païennes… Il y a du coup des retraites (qu’il me tarde de faire), des rituels, des festivals qui permettent à chacun de (re)nouer avec cette partie de lui. notamment, pour les garçons et les filles, ils peuvent partir dans des camps (séparés) pendant 4 jours pour apprendre à vivre ensemble et individuellement dans la montagne. ce qu’il s’y passe est secret, et lorsqu’ils reviennent (j’ai assisté au retour des filles), tout le camps vient les accueillir. on dresse une table pleine de fruits et de gateaux, on joue des percussions, elles descendent de la montagne couvertes de fleurs, fières et chantant à tue-tête. j’en ai encore la chair de poule. il y a aussi une expérience « sacred man – sacred woman », une scène ouverte où chacun peut s’exprimer, une soirée de danse de transe, des cours de chants. toutes ces expériences n’ont rien d’un apprentissage technique, chanter juste oui mais surtout, comme le disait Anthony le prof « make your soul fly from yourself to someone else ».

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je crois que je pourrais écrire des heures encore (peut être dans un 2e post?! avec vos questions potentielles d’ailleurs car je me rends compte à quel point, je ne vous ai rien expliqué des principes du camps, les personnes qui le peuplent etc). Spirit Horse est le nom d’un conte amérindien; c’est un esprit capable de te faire passer d’un monde à un autre. et oui, j’ai vraiment fait cette expérience incroyable avec cette impression d’être dans un tunnel, d’avancer dedans à toute vitesse, bien droit, et de me rendre compte que ce tunnel, eh bien, il faisait partie d’une montage beaucoup plus grande, où sans doute coulait des tonnes d’eau, que tout ce monde était abrité par un grand, un ciel immense. tout a comme explose et je me suis sentie sacrée, et en même temps, toute petite, au pied cette immense Vallée.

à ma place (?). Ici et maintenant.

et le beau là bas, il se voit, se sent, se chante, s’écoute, mais surtout c’est une sensation. on se sent beau. infiniment beau.
Infiniment parce que tout ça n’est plus empêché ni par tes peurs et ni par tes projections. c’est ta… nature!
c’est fou ce truc. c’est tellement fou!

 

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Photo Jerry Hyde

 

En rentrant à Paris, le traumatisme annoncé s’est bien concrétisé. j’ai marché dans les rues, pris le métro et wahou, je vois vraiment ce qui est sale maintenant. en expérimentant une société de l’être, je comprends pourquoi on parle de notre société du paraître. et ça fait chié car il va me falloir un peu de temps pour intégrer ce que j’ai vécu là-bas dans une vie à part entière. Car je ne suis pas du genre à « trimer » 11 mois pour avoir le droit de m’échapper le 12e. et en même temps, quel cadeau d’avoir à se réinventer sans cesse.

D’une certaine manière, Spirit Horse est au Pays de Galle, mais il me semble que je ne suis jamais allée aussi loin. en moi. Que ma gratitude soit éternelle. Mia-femme-Pirate, Hellen, Sue Angel, Paloma, Anthony, Shivam, Ian, Philipp… See you next year.

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Photo Jerry Hyde

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Il y a 12 mois / Bouche 71 commentaire(s)

71 commentaire(s)

  • Ca fait chaud au coeur de te lire. Heureuse pour toi. Tu nous diras comment tu changes ta vie pour être en accord avec tout ça ?
    ps : en Inde depuis 6 mois, le rapport à l’hygiène et au corps… c’est encore autre chose. Encore un rappel pour moi que le rapport au corps et à soi est bien culturel, et pas naturel.

    • merci Roxanne, je pense que tout dans notre vie humaine nait de la rencontre entre nature et culture. a chacun de choisir ses dosages! encore merci et belle journée en Inde! xxx

  • Wahouh … en te lisant, on arrive à sentir la force de ce que tu as vécu là-bas, de ce que tu vis encore. Il me tarde de lire/voir la suite. Merci encore pour ta sincérité Mai. Love <3

  • Merci de nous partager ce moment. Tu as l’air d’avoir vécu une véritable expérience. Il me tarde d’en apprendre plus.
    Ps : la photo de toi est absolument magnifique

  • Quelle claque! Quel voyage!
    Je n’ai pas encore les mots mais je l’ai vécue aussi à travers toi cette expérience, même si c’est une infime partie.
    L’hygiène, c’est aussi un truc qui me fait très peur. Je suppose que c’est encore un truc de l’ordre du contrôle…
    Je suis très curieuse d’en savoir plus. Je sens bien que ça t’a libéré de quelque chose…
    Puis, pour parler de couleurs, je suis de plus en plus sensible au vert (qui pourtant, je trouve, est une couleur difficile). Quand je vois cette photo de toi à l’intérieur du chalet entourée de vert et de végétation, quelle sérénité.
    le vert dans toutes ses nuances dans la nature, je l’adore. Et en plus quand la pluie est passée par là, c’est magique.
    Ah oui, c’était buen de lire aussi ton rapport au temps (à la météo) qui change… Pfiouuu trop de choses à dire en fait!
    Merci, juste merci

    • hahahha merci brooklyn, beh trop de choses à digérer pour moi aussi. ça n’est pas une plainte hein! oui, je crois que quelque soit les valeurs que l’on se choisit, il faut mille expérience pour faire ces choix consciemment. Spirit Horse n’est pas fait pour tout le monde mais je pense que même si j’avais détesté, cela m’aurait appris des choses sur moi, sur mes limites notamment.
      belle journée!!!

  • Oh les grands changements intérieurs !!!! que je suis contente pour toi ! (l’intégration du vécu au quotidien n’a pas nécessairement aussi intense que l’expérience initiale, ça va se mettre en place tranquillement, tout en douceur :))

    • sophie bella! merci, oui je me fais confiance, tout ca va descendre puis remonter, puis vivre avec moi. tellement heureuse de toutes ces perspectives! mille bises vers antibes

  • Ouahhhhhh mais ça a l’air d’être le pied total ! Dis, je peux venir aussi ? Ton Jerry, il aurait pas un frère/ami/voisin/… à me présenter ? 😀 hihi
    À mon retour de deux semaines dans la nature corse au printemps, je me suis dit aussi mais comment avons nous pu nous éloigner si loin de ce qui est vraiment important… Je sentais les murs trop étroits et le ciel trop loin. Comment concilier cette nature si apaisante et le bouillonnement de la ville ?
    Merci Mai, de ta générosité de partager tout cela 🙂

    • merci Lola, ce qui me questionne c’est comment en 8 jours, on peut remettre 40 années de culture/conditionnement en jeu. peut être tout simplement parce que c’est une évidence. et que les fous et les mal-propres, c’est peut etre nous, les gens de la ville. je n’ai en tout cas plus peur de remettre tout ça en question. avant c’était une forteresse à laquelle on ne pouvait pas toucher. et en même temps, ca n’est pas la première fois que je remets tout « au pot ». ca fait partie de moi j’imagine de chercher encore et toujours. je ne risque pas d’avoir une vie linéaire. plein de bises!

  • Hello Mai,

    j’ai lu ton post d’une traite. Je suis toujours ravie et impressionnée par ce que tu peux transmettre à travers tes expériences, et nous faire même à distance réfléchir à notre zone de confort. Merci de partager ça avec nous ! Je t’embrasse

  • J’aimerais bien que tu nous racontes le ressenti des enfants durant cette semaine au camp. Du haut de leur jeune age, ca serait super interessant de voir a quel point leur vecu de la semaine differe du tien…ou pas ? Quelle experience en tout cas !

  • Merci de livrer cette expérience et de soulever dans tes posts des sujets de réflexions tellement intéressants…
    Ton expérience, ton ressenti et tes questions ont eu une résonance en moi et m’ont rappelé un voyage au Pays Dogon au Mali, dans un village principalement animiste, dans les conditions de vie locales, en immersion une dizaine de jours il y a une dizaine d’année. Même sur une durée aussi courte que 10 jours, quel choc, je ne suis pas rentrée indemne, positivement je veux dire, ce type d’expérience a été très tellurique et si déroutante car loin de notre culture et effectivement je partage ta réflexion sur nature et culture. Quel bonheur (à presque 40 aussi) de se dire qu’on va encore apprendre et évoluer et partager et se questionner…
    Je te souhaite la journée très belle!!!

    • Oui cet appel tellirique me Parle : et d’ailleurs Je me kid moi meme dans un autre sens wind Je dis que la boue c’est de la Terre et de l’eau. Un voyage est un voyage d’ou l’on sort pas indemne…🙌🏼❤️ Plein de bises

  • Whaou!
    J’ai déjà eu des expériences nature, sans eau et électricité, à challenger mon quotidien et le rapport à l’autre mais jamais de façon aussi poussée! D’autant plus qu’il y avait visiblement aussi la barrière de la langue (plus pour tes enfants que toi…). Ton post est absolument magique!
    Tu viendrais nous chercher à l’aéroport si on venait ? 😉

  • Hey hey,
    Impressionnant.. . Je déteste à peu près tout ce que tu racontes 🙂 :
    L’expérience de l’intériorité en groupe, les états modifiés de conscience collectives, le groupe hippie, la « crasse » (supposée ou réelle)… J’ai suivi un stage tout avec un chaman l’an dernier à Brocélian. Pourri.
    Mais je m’étais inscrite après avoir vécu une expérience très intense de communion totale avec la nature/cosmos/le divin baigné dans un sentiment de sécurité totale jamais ressenti, d’être connecté au » tout » au « un »…. Bref un truc bouleversant, le moment de « l’avant » et « l’après » dans ma vie… Mais c’était au jardin du luxembourg hahahha plus sophistiqué y a pas 🙂 Alors pour moi la magie est en nous, on peut tous ouvrir la porte, la nature est partout.
    Merci pour tes partages ++++

    • Hahahahaa, Je crois que Je n’airais jamais fait toutes ces experiences si Je n’avais pas rencontré Jerry. Et j’aurais rate quelque chose qui va peut etre devenir Au Centre de ma vie. Le monde est tellement grand par rapport a ce qu’on s’en figure. Notre esprit est Parfois une prison. Et c’est Deja’s juste enormous de s’en rendre compte!

  • Hello 🙂 Ce que tu as vécu me rappelle ce que j’ai découvert et remis en question quand j’ai passé 3 semaines dans un orphelinat au Viêt Nam : mon rapport aux autres, à l’Autre, à l’hygiène, à la culture, à l’identité, en fait à ma culture et mon identité. Tellement de choses ressenties mais difficile à expliquer..
    Bonne journée chị Mai

  • … ça me rappelle quand mon corps est parti en vrille pendant un stage de tantra, dans un ashram perdu dans la jungle au Costa-Rica. Le stage portait sur les limites… j’ai voulu faire genre « ha non, mais moi ça me fait pas peur tout ça » (intellectuellement)… mais mon corps, lui, il savait bien où étaient mes limites, et il a protesté très fort 😀

  • Aaah… tant attendu! Merveilleux, touchant, troublant et remuant ce post! Et pour moi, la frustration de ne pas pouvoir en discuter plus longuement – il me faudrait des paragraphes et des paragraphes tant ce post me parle et me travaille (et pareil pour celui sur l’homme). Limites d’un medium comme le blog quand il s’agit d’entrer en conversation profonde? En tous cas, merci de ce partage Mai…

  • Chapeau ! 🙂 Quelle expérience libératrice, transformatrice et engageante pour votre avenir (« intégrer ce que vous avez vécu là bas dans votre vie à part entière ») ! A vous lire, je sens que cette exigence, cette aspiration existe en vous.
    Le saut dans l’inconnu, l’inconfort, la peur, le sentiment d’unicité, l’être, le paraître, s’échapper pour retrouver la nature, sa nature. Un grand grand merci pour cette authenticité, pour ce partage et ce plongeon dans la vallée que vous avez si bien décrit !
    Un vrai voyage, pas un déplacement !
    J’ai expérimenté ce choc, ce contraste entre l’être et le paraître, en me retrouvant à Hong Kong après avoir passé 15 jours au Tibet.
    Cela fait du bien d’expérimenter qu’il y a d’autres possibilités et de vouloir se tenir à des valeurs qui nous font sentir vivants-vivants, présents, bienveillants !

    • Merci Edouard, vos commentaires me mettent la Larme a l’oeil. C’est incroyablement difficile cette quete d’authenticite. Difficile et dangeureux. Mais Je Je changerai pour rien Au monde. Merci a vous! (Ps oui le Tibet, c’est quelque chose!)

  • tous les coms ou presque sont enthousiastes, mais moi je trouve ça chelou comme expérience 🙂 ça semble aller super loin, et avoir eu un tel impact sur toi ! est-ce que tu serais allée passer un séjour là-bas sans y avoir été emmenée par Jerry ? est-ce que ça a été un aussi grand chamboulement pour tes enfants ? merci Mai pour le partage ! tes posts nous font toujours nous questionner et avancer.

    • Je me serai jamais aller la bas sans l’invitation de Jerry. Jamais. Je suis plutot en mode « la vie est super Mais legeremenr fatiguante, donc Lea vacances sont la pour me reposer ». Donc plutot en energie « relax ». Mais ce que J’ai appris c’est qu’on apprend rien dans le comfort. Il faut in temps pour tout mais la vie, m’a vie n’aurais pas de substance si Je n’etait pas animee par Cette qiete. On parlera des momes la prochaine fois! Bisous

  • Au fur et à mesure que je te lisais, j’ai perdu le fil de la compréhension, je ne savais plus si tu parlais d’un séjour lointain ou au contraire récent… C’est bon signe, non ? Ça m’a donné envie d’y aller en tout cas. Je ne suis pas non plus du genre à trimer 11 mois par an pour avoir le 12e de libre, alors j’ai hâte de savoir ce que tu feras de tout cela. Câlins cosmiques !

  • Merci pour ce début de récit! oui j’imagine combien le bouleversement doit être grand et en même temps l’évidence…j’aimerais pouvoir arrêter de dire que je suis une fille de la ville ( j’y suis née et je ne fais rien pour la quitter) tellement j’aime être là au milieu de cette nature si évidente….j’y travaille, j’ai l’impression que l’arrivée de mon deuxième enfant me bouleverse au point de remettre en cause des choses fondamentales…et ma foi quel bonheur comme tu dis de se réinventer, de passer outre ses cadres, d’aller au delà de ses principes et de ceux des autres pour se (re)trouver et je crois aussi trouver sa place dans ce monde un peu fou…ton expérience est merveilleuse à lire et ouvre un champs de possibilité ici et maintenant pour tous tes lecteurs, merci pour ce partage <3. bises et bon retour 🙂

  • waow, ça fait envie (et en même temps, pas du tout :p ) !!!
    c’est génial d’avoir pu vivre ça accompagnée de beaucoup de bienveillance ♥
    je suis prête à parier que tes enfants ont adoré et se sont finalement faits à ce nouvel univers très rapidement 😉 et ça va leur apporter mais TELLEMENT !!! ♥
    j’ai hâte de lire la suite ♥

  • Oh boy! Ta description de Spirit Horse est fascinante. Mes parents ont fait leur retour à la terre dans les années 70 et j’ai vécu régulièrement cette perte de repères et cet ancrage entremêlés. Pas tant à la maison mais plus dans des fêtes chez des amis de mes parents. Oh lala. Difficile à décrire. Surtout des impressions qui me restent et une vision très différente de ce que le monde pourrait être.
    J’aimerais bien un jour jaser avec toi pour comparer des notes. J’aimerais beaucoup aussi entendre tes enfants en parler.
    Bon atterrissage Mai, ça prends une vie pour intégrer tout ça.
    Avec amour xx

  • Mai,
    Ton parcours, ton cheminement est tellement intéressant. J’aime la façon dont tu reparles ici de la beauté, je pense que tu y reviendras, et j’ai hâte, j’ai hâte…
    Te lire, c’est pour moi comme un appel à laisser mes écrans et partir en famille, dans une cabane dans les bois. Sans wifi, sans réseau, sans électricité.
    Hâte de lire la suite.

  • Oulalala quel superbe récit ! Et quelle expérience !
    J’ai tellement hâte que tu nous en dise plus, et notamment via tes enfants… Je me souviens être partie en vacances avec mes parents et des amis à la mer et la plage la plus accessible s’est trouvée être une plage nudiste. Alors moi la nudité je m’en contrefichais à cette âge là (je devais avoir 7 ans), par contre les filles des amis à mes parents (la plus jeune avait 12 ans) étaient très très gênées… et n’ont pas super bien vécues leurs vacances.
    Sinon, tu le dis très bien le retour à la nature est peut être le plus essentiel et passionnant de cette aventure. Je le vis chaque année au fin fond de l’Auvergne, et le déracinement pour revenir à Paris et laissé de coté ces sensations, ce vert, cette osmose avec le temps…c’est vraiment difficile.

    • Il faut peut etre des experiences « traumatiques » pour savoir ou l’on de sofie et pourquoi on les choses. Vive le vert, vive la nature, vive le topless!

  • Je comprends le retour à la nature, les cours d’eau, la boue, le vert, la cabane isolée, la tente. Je remets moi même ma vie urbaine en question lorsque je vais ‘into the wild’, le camping précaire dans les grands espaces, c’est comme un grand lavage de mon esprit et de mon corps, des retrouvailles avec mon essence, la rencontre avec le vrai et le beau etc. Ce que je saisis moins (et sans jugement aucun, je veux juste comprendre) c’est le besoin de la « communauté », qu’apportent les rituels, les festivals, les chants, la libération collective du corps? Reconnaissance? Appartenance? J’ai hâte de lire la suite

    • Alors oui, je vais essayer de développer un peu: ce qui me frappe, au delà de ton extraordinaire expérience, ton cheminement, ton chamboulement, c’est à quel point ça me chamboule, ce que tu racontes. Mais pourquoi? pourquoi je ne me sens pas tout simplement heureuse pour toi de t’entendre si heureuse, si trépidante? (et je le suis aussi, hein, c’est juste que mes sentiments sont plus nuancés pour une fois…).
      Alors en y réfléchissant un peu, je vois au moins deux choses (mais en fait, c’est bien plus compliqué of course!): d’un, ton expérience me tente, et en même temps je sens pointer en moi comme une désapprobation (si, si !?) par rapport à une démarche de quête de soi qui, dans son intensité ici, semble s’associer (au moins en partie?) à une distanciation de la société – alors que je ressens un tel besoin de la colmater cette société malade dans laquelle nous vivons …; d’un autre côté, une sorte de trouble, une admiration, mais aussi une peur de cette intensité du lâché prise, de cette perte de contrôle (et aussi ce qu’elle implique peut-être pour les enfants). Bien sûr, ce n’est pas tout, et les éléments évoqués ci-dessus, je les ressens… et leur contraire! et je vois aussi les nuances et les demi-teintes. Bref… compliqué!
      Cela dit, je te remercie de partager cela avec nous – ça nous fait réfléchir, avancer! Et quel courage aussi!
      J’aime aussi (je me rassure? pourquoi devrais-je être rassurée?!?! par) la réponse de Sophie et la tienne – oui, la violence des ‘retrouvailles’ s’apaisera et tu feras ta propre tambouille Maiesque de ces découvertes, de ces nouvelles façons de voir, d’être. Peut-être qu’ici, ce besoin de ‘rassurance’, je le ressens tout particulièrement parce que je ne suis pas sûre d’arriver à bien maitriser ce décalage entre les vies entre-apperçcues et le retour à la normalité après mes voyages boulot qui, bien souvent, me font voir trop de la misère du monde. Alors certes, tu ne nous parles pas de mêmes voyages ici, mais je sens que ton cheminement ouvrira des pistes pour gérer les décalages, pour intégrer les transformations au quotidien.
      A part ça, et sans être si dramatique, je me dis que j’aimerais bien faire une version soft de ton Spirit horse en famille – enfin, roughing it up dans la cambrousse quoi! ;-))
      Donc bref, des questions? alors comme d’autres ici, sur les enfants et leurs réactions, sur le pourquoi du collectif dans ce cas particulier, sur les autres présents à Spirit Horse et la nature de leur quête, etc.
      (et désolée pour le pavé!)

  • Mai, merci de toujours célébrer et partager la beauté avec nous.
    Je te conseille la lecture de Propos sur la racine des légumes de Zicheng Hong, qui m’aide à retrouver la plénitude dans le tourbillon parisien. Ce livre est une merveille et une aide précieuse à ceux qui trouvent l’épanouissement dans la nature et les choses essentielles.
    Aussi, quelques bonnes ondes ; ) https://youtu.be/7ahUCz8IKVI

  • Quel plaisir de lire ce récit, vivement la suite !
    C’est magnifique de voir comment ce retour « aux sources », à la nature, à la terre (littéralement, avec la boue haha) peut autant bouleverser quelqu’un et remettre son quotidien en question !
    Contente que tu aies aussi trouvé de nouveaux chemins d’exploitation intérieure. Je te lis depuis des lustres sans pour autant commenter souvent 🙂
    Merci en tous cas pour ce que tu écris, partage… C’est toujours des bouts de vrai qui font du bien.
    De mon côté ça fait plus d’un an que je voyage, du Tadjikistan en passant par l’Inde Népal et l’Asie du Sud est, ou je vivais avec mon scooter ma tente à me laver dans les rivières au Laos /Vietnam et aujourd’hui je vis dans ma voiture en Australie, je travaille plus parce que j’ai envie que pour l’argent (je le vois comme un « bonus » final) et hé suis heureuse tous les jours de ne plus voir les cracra trottoirs parisiens ou PIRE ! le sol du métro 😀
    La bise du pays des wallabies
    Aurore aka Rory

  • Cela me parle tellement! Juste pour nourrir tes réflexions as tu vu le documentaire « être et devenir »?Il a vraiment changé ma vision sur la non scolarisation (c est comme ça qu on dit mais c est trop moche comme nom) et il faut que tu lises l élégance des veuves (rien à voir avec spirit horses) et ensuite que tu vois éternités le film de tran ann Hung ! !! En tous cas moi je vais aller le voir en pensant à toi (cette histoire de femmes sur plusieurs générations…Et cette manière de filmer….Je retrouve dans tes films surlque chose de l odeur de la papaye verte et de à la verticale de l été.

  • Ce que tu racontes n’arrête pas de me trotter dans la tête.
    J’ai vécu cet été une expérience d’immersion dans la nature, mais beaucoup beaucoup plus civilisée que la tienne et je me souviens que passé le blocage du premier jour (où je suis allée me coucher très tôt pour m’extraire de tout ça), je commençais à m’adapter.
    Par rapport à ce que tu dis sur l’hygiène, je n’arrivais pas à prendre suffisamment mes marques pour me mettre de la crème sur le visage (le truc tout con). Et bien très vite, je me suis rendue compte que le gras de la nuit suffisait à hydrater le visage pour la journée!

    Sinon, quand je lis ce que tu écris je me demande aussi si tu n’as pas eu peur pour tes enfants de les avoir embarqué là dedans. Je suis sure que c’était une expérience incroyable et unique pour eux, mais à aucun moment tu n’as douté ? Il n’y a pas de jugement dans ma question, juste une peur qui surgit et qui dit « comment elle a pu enmener des enfants là dedans ? ». Est ce que leur père était ok ? Bon t’es pas obligée de répondre, ce sont mes peurs à moi 🙂
    bises et hâte de lire la suite

  • Très très grand merci Mai pour ce partage, j’ai lu ton post hier soir, j’ai fait un parallèle avec deux de mes expériences à la fois semblables et différentes et grâce à tout cela j’ai fait un rêve merveilleux, alors merci du fond du cœur. La vie en communauté bienveillante et en pleine nature ainsi qu’avec une dimension spirituelle à tout cela m’a beaucoup fait pensé à ma premère semaine passée au village des Pruniers l’année dernière, aussi les décalages à l’arrivée et au retour que tu décris si bien. Du coup ton expérience là bas me fait très envie, en plus j’ai vraiment un coup de cœur de toujours pour la langue de Shakespeare, alors tout cela réuni pourrait ressembler à un bout de paradis. Très belle continuation sur ce chemin <3

  • Je suis admirative …moi je serais partie le lendemain je pense… je me sens totalement incapable de vivre cette expérience. Je sais que c’est un peu personnel mais je me demandais comment tes enfants l’ont vécu ? je pose la question car ma fille est demandeuse de ce genre d’expérience mais je ne suis pas certaine qu’elle puisse s’adapter – elle a 6 ans – on a fait l’expérience pendant les vacances d’un séjour dans une cabane dans un arbre au milieu de nulle part sans eau et sans électricité et ça reste THE souvenir des vacances pour elle .. bref je suis curieuse de savoir si tes enfants ont aimé ou pas et comment ils ont « ressenti » le truc !

  • C’est un superbe article Mai!
    En anthropologie, on estime que la division nature/culture est elle-même … Culturelle ! Elle a principalement cours en Occident, mais dans de nombreuses sociétés, cette séparation n’a pas de sens: pour beaucoup d’entre nous, l’homme et la nature partagent une même intériorité, qui crée entre eux une continuité.
    Ce regard « autre » m’aide à réfléchir autrement ces rapports. Si cela t’intéresse il y a de super vidéos courtes sur les internets de l’anthropologue Philippe Descola, qui a écrit « Par-delà nature et culture « .
    Merci pour ce beau partage!

  • En lisant l’article je me suis demandée la même chose que plusieurs personnes dans les commentaires: comment les enfants ont-ils vécu cette expérience? Je me demande si ils l’ont vécu moins violemment car peut être moins dans cette société du paraitre où à l’inverse si le choc à été encore plus fort. J’ai vraiment hâte de voir la vidéo et d’en apprendre plus! x

  • Mille questions pour toi Mai!
    Comment tes enfants ont-ils vécu le séjour? Tu as eu peur pour toi (ou peur tout court) au début, comment as-tu vécu ça vis à vis d’eux? Et eux? Ont-ils été aussi bouleversé que toi?
    Est-ce que tu as noué des amitiés là-bas? (des vraies, sans objectivation de l’autre, pour citer tu sais qui 😉 )
    Les gens vivent-ils là-bas à l’année?
    Je t’avoue que la question qui m’intéresse peut-être le plus c’est celle de l’argent. Ou plutôt de l’économie du lieu. Pas en soi mais pour comprendre comment un tel lieu choisit de se positionner vis à vis de l’économie de marché. Est-ce que ces choix viennent soutenir ou désactiver l’essence d’un tel endroit? As-tu payé ton séjour?
    J’espère que ce n’est pas trop trivial comme questionnement. Je serais vraiment heureuse de lire tes réponses!

  • Bonjour Mai, connais tu les livres de Sylvain Tesson? Je te recommande notamment une Cabane en Sibérie. Je crois que la nature nous rend sage….pour peut qu on l’ecoute. Ton experience dans ce camps est originale, intrigante….moi ca me ferait flipper, et puis j évite les groupes en général je n aime pas trop.. le côté secte … c est mon cote rebelle… 😉 belle journée!

  • Aussi hâte de lire ce qu’en ont pensé les enfants. Ce qu’en ont « vécu » les enfants plutôt. Je file voir la suite !
    Merci d’avoir partagé cette expérience.

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