Future ex-Perfectionniste

Confessions

Salut la compagnie,

Je voudrais vous parler d’un truc aujourd’hui qui me tient très à coeur. Le désir de perfection. Enfin celui que j’ai longtemps pratiqué (car il propose plein de formes différentes).

Je viens de lire un bouquin sur la vulnérabilité, j’y reviendrai, où l’auteure Brené Brown parle succinctement de l’idéal de perfection, idéal qui n’est pas celui de l’excellence. la perfection venant d’un besoin de validation extérieure, l’excellence, du désir de faire du mieux que l’on peut, selon ses propres valeurs.

La perfection est sans aucun doute un piège dans lequel nombre d’entre nous tombons sans le vouloir et si mon expérience peut aider certain.es à changer de cap alors, ce serait bien. Ce post est aussi fait pour nombre d’entre nous (je voulais écrire « vous » bien sûre mais laisse ce lapsus suffisamment révélateur là où il est) qui m’ont relancée sur cette question de « comment ne plus être/se comporter comme une petite fille ». car beaucoup de petites filles, j’en étais, ont grandi dans l’idée qu’elles devaient être parfaites.

Correspondre à ce que l’on attend de nous (être belle, intelligente, drôle, modeste, ou même allez, imparfaite… les codes évoluent) est un piège à plusieurs titres :

 

1- je me suis construite comme une coquille parfaite, mais vide

évidemment que je n’étais pas vide mais il m’a fallu 30 ans pour comprendre et aller voir ce qu’il y avait « dedans ». passer son temps à plaire était mon sport préféré. et j’y performais incroyablement bien (oui sinon ça marche pas hein). c’était en même temps une question de survie. et oui les enfants prennent très à coeur les choses… je ne pouvais donc investir que les champs où je performais (l’école, mon look). impossible de lire car je me trouvais trop lente, impossible de chanter car on m’a dit que ça sonnait faux, impossible jusqu’à mes 30 ans de jouer au croquet tellement l’idée de rater l’arceau m’était insupportable. (oh putain que j’étais grave).

 

2- je pensais qu’être performante était être « aimable »

si le but, inconscient, est de performer alors c’est qu’il y a, inconsciemment, un système de valorisation (extérieur donc) pour valider la performance. A 28ans, j’étais donc mariée avec un homme que j’aimais, intelligent, brillant, magnifique, j’étais belle, gentille, serviable, enceinte, j’avais des diplômes, et était même suffisamment libre pour être partie de chez L’oréal et reprendre des études. qui plus est créatives. tout correspondait. tout était parfait. et j’en étais tellement heureuse. Et sans remettre en question ni la sincérité de mes démarches ni de mes sentiments, j’étais aussi comblée parce qu’il s’agissait aussi, inconsciemment toujours,  d’une série de performances qui me rendrait « objectivement aimable ». C’est là que je parle à la petite fille que vous n’arrivez peut être pas à laisser derrière vous : un enfant n’a besoin que d’une chose : être aimée. Donc le désir de perfection est au fond un désir d’être aimé. C’est pour ça qu’on continue, c’est parce qu’on veut être digne d’amour. mais attention si ça peut marcher enfant, adulte… héhé ça se complique, car…

 

3- l’ enfant parfait devient un adulte potentiellement toxique

penser que la perfection vous ouvre les porte de l’amour est une idée fausse. car si vous relisez le paragraphe précédent, c’était surtout les portes de mon ego que j’étais en train de très largement ouvrir. vous connaissez l’expression « ne plus se sentir? »

et alors que je me trouvais franchement aimable (eh oui tout était parfait, par-fait!), j’étais en fait absolument détestable. 

 

parce que là où l’égo est grand… la conscience et donc l’Autre sont nécessairement tout petits.

 

Tâm est née et c’était pire encore : bah oui elle était parfaite! On pense souvent que les gens « qui vont mal » sont torturés et pleurent toute la journée. et bien, non j’étais franchement mal et franchement heureuse. Enfin non, je n’étais pas heureuse, mais je pensais que oui. Je ressentais quelque chose de l’ordre d’une immense satisfaction, de la puissante, et de la protection aussi (vu que j’étais inattaquable?). oui c’est ça, je ne me sentais plus. Et avais perdu pied avec la réalité.

Alors ce qui devait arriver arriva. mes 2 meilleures amies sont venues un jour me dire « nous ne te reconnaissons pas, tu es devenue étonnamment égocentrique, nous sommes gavées et blessées, te rends tu seulement compte que tu as dit et fait ça, ça et ça?!  »

Et tout d’un coup, ça m’a transpercé comme une flèche, tout d’un coup, j’ai vu. ça, ça, et ça aussi. Et tout d’un coup…

… Dé-vas-ta-tion.

 

4- être non pas parfaite mais totalement paumée 

s’en est suivi une dépression de 6 mois où je pleurais jour et nuit. j’étais dévastée pour 3 raisons, Tâm avait 2 mois et ne méritait pas ça. je ne m’étends pas dessus. c’était évidemment le plus douloureux.

Les 2 autres raisons concernaient plus directement le conflit et l’objet de ce post : la première parce que mes amies étaient mal, de mon fait, et l’idée de leur avoir fait ça m’était insupportable. mais la seconde évidemment, était une blessure d’égo. Or cet égo, c’était moi presque toute entière. Je ne supportais pas l’idée qu’elles pensent « ça » de moi. non je n’étais pas une mauvaise personne.

parce qu’on n’avait pas le droit de penser ça de moi qui faisait tout bien. qui avait tout validé.

Pourtant… la caverne venait de s’éclairer. Et c’était tout sauf joli. un monde entier s’est écroulé.

 

5- les récidives

un monde entier, ça met du temps à se reconstruire, donc on fait et refait les mêmes erreurs avant de vraiment comprendre. j’ai donc pas attendu longtemps : tout de suite.

je suis ainsi revenue avec une longue et belle lettre. faisant état de cette double dévastation. or évidemment, la deuxième partie prenait la quasi totalité de la lettre (puisque mon égo prenait ma quasi totalité)(logique) où je « justifiais mon bilan ». vous voyez où je veux en venir?

Je ne comprenais pas. alors on m’a répondu : « tu comprends pas. » Que ça m’a fait mal. Mais que c’était justifié et… salvateur!

parce qu’à ce moment là, s’il y a bien d’une chose dont on se fout c’est de votre (haute) opinion (de vous-même), ce qui compte sont vos actions. c’est votre action qui montre qui vous êtes. Pas votre opinion. Et si quelqu’un te dis « tu me fais mal » et que tu lui réponds « je suis quelqu’un de bien », vous voyez bien que l’action est à côté de la plaque, et tout aussi toxique (puisqu’en ne parlant toujours pas de la souffrance de l’autre, vous la… niez!). ha la belle lettre! il aurait mieux valu un mail bien ordinaire disant juste « comment allez-vous? je suis tellement désolée et vous demande pardon. merci pour votre sincérité. vous me manquez et je veux tout faire pour me racheter. je vous aime. pardonnez-moi. »

mais évidemment un message de ce type n’est possible que si la blessure d’égo a été réparée au préalable. ce qui n’était pas le cas.

 

6- grandir

Elles n’ont pas lâché le morceau. Moi non plus et on était finalement d’accord : le probleme n’était pas elles, le probleme n’était pas notre relation, le probleme c’était moi. du moins une partie de moi. C’était comme une bataille intérieure entre 2 entités : mon ego et… le reste. un reste qui devait se résumer à cet immense chagrin, mais aussi à mes valeurs. Qui étais je au fond?

Car malgré la douleur, ce qui m’a, nous a sauvées, est l’intransigeance de mes amies. et mon amour véritable et viscéral pour elles : ça m’importait véritablement qu’elles aillent bien. C’était notre affection et notre tristesse mutuelle aussi. parce qu’au moins… c’était vrai. et

 

la vérité, même douloureuse, reste le seul lieu qui mérite de faire (re)naitre une relation.

 

Il m’est arrivé plusieurs fois après cet épisode d’agir de manière parfaitement égotique, par manque de conscience, de discernement : et voici donc 11 années écoulées pour réellement comprendre ce qu’il s’est passé, décortiquer, revisiter, mettre des mots. les changements profonds prennent du temps.

et aujourd’hui, mon ego n’a pas totalement disparu, j’essaie juste de le maintenir dans la partie qui n’est pas mauvaise en soi. Je ne ferai pas tout ce que je fais ici, sans un minimum d’égo.
En revanche, si mon ego réussit, la plupart du temps, à prendre une place adéquate, je souffre toujours de « perfectionnite ». ca prend d’autres formes… et me joue d’autres tours. re- les changements profonds prennent du temps.

Mais cet épisode douloureux m’a fait grandir. et je crois qu’il faut accepter cette douleur si l’on veut changer. parce que la construction est si forte qu’elle ne peut pas se briser dans la douceur.

 

je dirais même que cet épisode a sauvé ma vie, car il a mis en valeur mon essence, par delà mes (dys)fonctionnements.

 

Et je ne connais rien de plus précieux que de regarder, écouter l’Autre, j’ai faim de lui, du moment présent qui se présente à nous comme un cadeau.  à mon tour de les nourrir, aussi.

et mes amies sont toujours là. et notre lien est désormais tellement fort, car tellement vrai.

En tout cas, si vous reconnaissez certains symptômes (oui franchement c’est une maladie), pour vous mêmes, ou vos proches (vos filles?), eh bien sachez qu’ il est urgent de faire quelque chose, pour vous même comme pour l’Autre. car cet Autre, c’est justement là où l’amour est possible, véritable et grand. et cet autre, ca peut être vos amies, votre enfant, votre âme sœur… vous-même évidemment. Nous avons tous une responsabilité envers les nôtres. Ce monde de perfection perçue est un monde d’illusions et la vie ne manquera pas de vous le faire savoir.

Je voudrais vous dire surtout qu’il y a un après. et surtout surtout, que vous « valez » bien plus que tout ça… s’il y a désir de changement. Et que même si rien ne s’y évalue de la même manière après, même si ca n’est jamais « parfaitement » fini,  c’est quand même bien plus beau, c’est une photo où l’on accepte de montrer comme on peut être moche, tellement on en rit. 11 ans plus tard, c’est du chocolat sur les dents avec Tâm, c’est juste… la vie!

mille mille bises

Il y a 1 mois / Bouche 99 commentaire(s)

99 commentaire(s)

  • Brené Brown! Oh que j’aime cette femme!
    Je suis contente que tu vas en parler.

    Je connais tellement cette perfectionnite aiguë. Celle qui tue le sauvage, le naturel en nous. Pour moi apprivoiser cet aspect passe par l’intimité profonde avec moi-même, en m’écoutant. Pcq le perfectionnisme ressort quand j’ai peur, quand j’ai besoin de contrôler, quand je ne m’écoute plus. Je réussis à le désamorcer quand j’accueille ce qui me semble detestable en moi, ces côtés sombres qui finalement s’avèrent généralement à appartenir à l’enfant blessée et abandonnée qui veut tellement se faire aimer.

    C’est la douceur, l’espace et le temps qui permettent à mon perfectionnisme de respirer et de se calmer les nerfs 🙂
    Pis finalement c’est tellement plus beau, l’fun et vivant d’avoir du chocolat plein les dents !

    • oui!!!! ca demande bcp de temps car cette envie de contrôle peut prendre plein de formes. pour ma part oas uniquement qd j’ai peur mais comme un vrai style de vie. tour est beau, tout va bien, non?

      • Oui c’est super subtil comment on s’en rend pas compte surtout quand tout roule et qu’on a l’impression que ça y’est on y est arrivé on a la vie parfaite 😆

  • Wahou. Ca a du te demander beaucoup de courage de partager cette histoire avec nous. Mais en même temps ton blog n’est que partage :). Merci en tout cas Mai

    • hey lou! non ca m’a pas demandé de courage. il m’en faut qu’en j’ai peur mais ca m’a pas fait cet effet. de l’émotion oui mais pas celle la! merci lou! xxx

  • Bravo ma Mai pour ce récit si important…et merci surtout! Je souffre aussi de perfectionnisme. Mon histoire d’éveil c’est passée autrement mais a étée tout aussi importante dans ma vie. Aujourd’hui j’en suis consciente mais c’est toujours utile de lire des mots comme les tiens car j’oublie parfois « d’où je viens » et cela sert comme bon rappel. Le chemin vers la liberté de nos blessures, conditionnements, et passé est long et parfois ardueux, mais il en vaut tellement la peine. Une vie vécue en toute ouverture avec tous nos états pleinement conscientisés, acceptés et en équilibre est sans doute merveilleuse…je me réjouis, un jour d’y parvenir. L’histoire d’une vie… xoxo

  • Merci, Mai…
    Ça fait un moment que tu nous parles de la Beauté dans ses imperfections.
    Je me rappelle des tutos où tu ne cherchais pas à tout cacher, tout camoufler.
    Merci ici, pour cette réflexion plus profonde. Ici aussi tu nous montres et tu me renvoies à mes propres névroses (celle dont j’ai conscience et celle que je reconnais).
    Quel chemin parcouru… Quelle preuve d’amitié aussi. À tes amies de pouvoir te dire ces choses si difficile à entendre. Et à toi de les accepter pour pouvoir réparer.
    Et merci encore de donner autant. J’adore commencer ma journée par un de tes posts.
    Bise

  • On a tendance à penser quand on est jeune qu’en arrivant à l’âge adulte on a fait le plus gros du boulot, mais tu me confortes dans l’idée que notre construction est un travail qu’il faut mener à tout âge de la vie et tout au long de la vie… Merci Mai pour ce joli post!

  • Mai,
    Et si cette validation, enfant , on ne te l’avait pas donnée. Qu’est-ce qui se serait passé ? …
    Ton article me fait réfléchir. Je sens que dans mon esprit une explication à certains pans de ma vie emerge. Je ne sais pas si j’ai envie de la découvrir, ça a l’air douloureux…

    • bonjour eclecticanimals, bah evidemment qu’on ne me l’avait pas donnée cette validation, sinon je ne passerais pas mon temps à la chercher. apres il y a ce qui est dit/fait et ce qui est ressenti. l’enfant n’a pas senti qu’elle pouvait faire autrement mais peut être qu’elle aurait pu. on ne sait pas.
      en attendant, vas y, fonce, car il vaut mieux avoir mal, trembler seule sur son chemin (avec un accompagnement hein). que de faire mal et faire trembler ensuite. car tu auras plus à gérer encore. belle belle route. xxx

      • je repense à ta question et à m réponse. et c’est en fait pas tout à fait ça : si on me donnait des validations tout le temps (vu que j’étais parfaite), mais j’ai pensé que c’était ça être aimée. la validation d’amour et de perfection n’était qu’une et même chose dans mon esprit. x

  • Haaaann mais non me voilà pleine de questions maintenant…parceque je me reconnais bien dans cette description de la petite fille qui voulait être parfaite du point numero 1. Merci pour ce texte.

  • Bonjour Mai, merci pour ce texte si personnel, ca me parle, surtout ce que tu dis de la place de l’ego. Ma croix personnelle est plutot dans ne pas laisser voir que je peux etre sensible et vulnerable, et non pas que la personne indestructible que j’ai si longtemps ete. C’est en cours, j’y travaille…. C’est interessant aussi,et souvent douloureux, d’observer que son entourange n’est pas pret a faire evoluer la vision qu’ils ont nous, comme si le lien pouvais etre fragilisé s’il etait plus authentique, quelle ironie. Autrement, je viens de lire le post de Penseesbycaro d’aujourd’hui, et je vois un lien fort entre vos 2 posts, meme si ca se decline d’une maniere differente ! Bonne journee

    • ah oui c’est effectivement une autre affaire. une amie me disait que c’est comme
      si nous étions des poissons dans un filet. si tu bouge, tu emmenes tout le filer et les autres poissons avec toi. et si ca résiste alors le risque c’est de faire craquer le filet. mais peut il en être autrement? peut on, doit on, rester comme on « est » parce que ça arrange les autres? la réponse et dans la question n’est ce pas. je pense qu’à cette croisee des chemins se dessine les choses véritables et celles qui n’étaient que de façade. et même si c’est douloureux, on ne peut plus faire comme si on ne le savais pas. je vais aller lire le post de caro, que j’ai hâte de rencontrer! merci Claire!!!

      • Merci de ta reponse, je pense que tu es completement dans le vrai, sympa ette image du filet… Dis moi je crois que c’est la journee, voici un autre article du jour, aur HBR cette fois : « A perfectionist is a tough person to mentor or coach. The most productive and meaningful relationships are characterized by transparency, reciprocity, openness, and trust. Yet a perfectionist never lets a mentor discern areas for growth and development. Not even relative weaknesses are shared. And so a perfectionist’s desperate need to appear flawless may sabotage the value of mentoring or coaching. Even if a mentor astutely diagnoses a mentee’s perfectionism, the mentee may resist the mentor’s efforts to accept imperfection. » https://hbr.org/2017/02/how-to-mentor-a-perfectionist

        • et oui! et encore on parle d’une relation précise mentor/apprenti. mais de manière plus générale, la perfection est toxique dans les relations « vraies » . ca ne peut coller que dans des relations « parfaites » et « performantes ». dans le boulot par ex. mais avec une amie, un amour, un môme, non ca ne marche pas. c’est inadéquat des la racine. et c’est ce qui crée de la souffrance, pour l’un ou l’autre, ou les deux.

  • Comme je te comprends ! Merci Mai, pour l’authenticité de ton témoignage.
    Je suis passé aussi par ce désir de reconnaissance, d’être aimé.
    2 livres et la vie m’ont bien aidé.
    Je suis perfectionniste mais je me soigne ! de Xavier Cornette de Saint Cyr
    Les pièges de la perfection – Aimez-vous tel que vous êtes de Steven J Hendlin que m’avait offert « mon » assistante, qui avait bien vu ce désir de perfection dans mon travail.
    J’étais un perfectionniste qui ne s’aimait pas. J’étais dur avec moi-même et avec les autres.
    Comment pouvais-je, dans ces conditions, véritablement aimer les autres ?
    Mai : « Mais cet épisode douloureux m’a fait grandir. et je crois qu’il faut accepter cette douleur si l’on veut changer. parce que la construction est si forte qu’elle ne peut pas se briser dans la douceur. »
    Pour moi, briser la perfection n’a pu se faire qu’avec la douceur des autres pour moi-même et avec ma propre douceur. Un ex perfectionniste ! 😉
     » Ce n’est que si j’ai fait la paix avec moi-même que je peux écouter l’autre.
    Et pourtant, nous nous cherchons toujours à l’extérieur de nous-mêmes. »
    Magda Hollander-Lafon

  • Et puis le formidable livre « Le désir de tourner la page » de Litta Basset ! qui a été essentiel pour moi. J’allais l’oublier ! Extrait :
    « Culpabilité-perfectionnisme, un double enfermement.
    En cultivant l’image idéalisée d’autrui (moi seul suis à blâmer dans le fait de vouloir lui montrer une image idéale de moi-même), je me protège de l’inconnu, je ne m’aventure pas hors de moi-même, mon monde intérieur – plutôt mortifère – ayant néanmoins le gd avantage d’être connu de moi. Je reste encore dans l’illusion qu’on m’aime ainsi – toujours dépendant du jugement d’autrui dans la culpabilité comme dans le perfectionnisme, donc dans un certain sens, toujours irresponsable, à l’abri de toute critique et de toute hostilité, jamais menacé de me retrouver seul face à moi-même, privé de toute sanction et de toute distribution de prix.
    La citation en entier de M H-L parce que je viens de la relire et qu’elle est superbe : (désolé pour la répétition)
    « La sagesse consiste à aller puiser dans nos sources intérieures des beautés pas encore révélées…
    Nous sommes un monde en soi. Il faut être fidèle à cela avant tout. Mais nous avons du mal à nous accueillir nous mêmes. Nous nous comparons sans cesse et nous attendons d’autrui qu’il nous donne l’assentiment de son regard. Dès la naissance, nous avons à nous dégager de notre entourage pour devenir ce que nous sommes. Ce n’est que si j’ai fait la paix avec moi-même que je peux écouter l’autre. Et pourtant, nous nous cherchons toujours à l’extérieur de nous-mêmes.
    Par peur de ne pas être aimé, de ne pas être vu, reconnu…, et cette peur liée à une culpabilité sans fond – pour moi, le mal absolu – nous immobilise intérieurement. Si je reconnais ma peur, je peux commencer à donner un sens à ma vie. Le monde d’aujourd’hui dépend de notre avancée intérieure, et en chacun de nous, il y a une puissance de vie inouïe. Il faut oser être soi, ce qui suppose d’aller vers sa liberté. Au fond, nous vivons au pluriel au lieu de vivre au singulier.
    Mais la bonne nouvelle, c’est que notre singularité nous attend ! »
    Magda Hollander-Lafon : “La paix commence en soi”

      • Litta Basset l’explique très bien dans son bouquin. Je pourrai t’en sortir là maintenant un passage très intéressant, mais cela risque d’être un gros pavé au milieu de tout ces coms ! Alors je te demande si tu es ok avec un gros pavé ?

      • Et comme tu dis le désir de perfection propose plein de formes différentes. Je sais que pour moi il était lié à une forme de culpabilité. L Basset explique ce lien et cela m’a vraiment ouvert les yeux.

        • Il a l’air très intéressant ce livre.
          La culpabilité me parle à moi…trop même
          « tu fais comme tu veux, mais je t’aurai prévenu… » voilà une phrase qui m’a pas mal envahi.
          Si je fais bien alors on sera fier de moi (alors je fais refais re refais jusqu’à ce que je réussisse).
          Si je ne fais pas bien, je serais coupable puisqu’on m’avait prévenu…ce sera ma faute donc., alors je ne fais pas…(je laisse tout tomber, jusqu’aux rêves parfois)
          Du coup je ne suis jamais en paix avec moi-même je reste longtemps cette gamine qui écoute et qui ne prend jamais de décision pour « elle » ou pour « soi »…c’est toujours pour l’autre et toujours pour faire plaisir à l’autre…
          Tu as écrit Mai : « Mais cet épisode douloureux m’a fait grandir. et je crois qu’il faut accepter cette douleur si l’on veut changer. parce que la construction est si forte qu’elle ne peut pas se briser dans la douceur.  »
          Accepter la douleur si l’on veut changer parce que la construction est si forte qu’elle ne peut se briser dans la douceur…c’est exactement ça, exactement ce que j’ai ressenti pendant 10 ans. Pendant ces années j’ai souvent dit que j’étais une écorchée vive et que la reconstruction allait être difficile.
          Ce n’est que depuis peu (2015) que je ressens la douceur et arrête de me flagéler avec la culpabilité (même si parfois…)
          Bref tout ça pour dire qu’il résonne ce post Mai…merci encore

  • Merci merci merci! Encore une fois tu me touches en plein cœur. Tes paroles sont tellement justes et prennent tellement de sens et d’écho en moi. Bon en bref j’ai chialé! Ça fait un moment Que j’avais cette petite réflexion à l’arrière du crâne mais Que je prenais pas le temps de l’écouter ni d’approfondir. Il va falloir que je m’y penche un peu je crois. Merci d’être si vraie, si franche, si belle à l’intérieur

  • Et puis Christane Singer bien sûr ! « La seule et essentielle question est de savoir si je veux vraiment accéder à ma propre vérité, à la vérité de mon être, à celle de mon histoire. Car seule la confrontation avec mes blessures, seule l’effraction des placards – dans une souffrance qui somme toute n’est pas pire que celle que j’endure à enfouir et à nier ! – sont en mesure de me délivrer. » Christane Singer Éloge du mariage ..

  • Bonjour à toutes,

    Merci pour ce témoignage touchant! Ces mots vont cheminer en moi pour accompagner une démarche personnelle tout à fait en rapport avec ces questions.
    La perfection et aussi tout ce que j’ai pu récupérer d’une culture, d’un enseignement et de certains modèles ; je me suis réveillée un matin en me disant mais je ne me reconnais pas là dedans … et ensuite la question de comment faire / comment être est venue.
    Ça prend grave de temps de se défaire d’absolus et de reconstruire pour soi et l’Autre. Pour soi d’abord … Ce qui est très très intéressant quand j’y regarde à deux fois, c’est que si je regarde mon travail personnel photographique, tout (l’inconscient est visible) ; il n’y a qu’à regarder, pour de vrai … et surtout ne pas changer ça, mais peut être m’en servir pour cheminer
    Bon sang ce que c’est long parfois ce cheminement !!!

    En tout cas, merci Maï… j’ai enfin compris tout ce que tu voulais nous dire sur le fait de grandir!

    Bises à toutes et tous

      • c’est vrai que ça a été longtemps une quête et un absolu
        aujourd’hui je vis les choses différemment; la photographie c’est devenu mon job et quand je fais un travail personnel (choisi), je me demande toujours où je suis dans ce paysage qui s’ouvre devant moi … et quand j’arrive à regarder (pour de vrai) le résultat, je peux me voir comme dans un miroir!
        c’est très impressionnant à vivre, et peut être pas facile à comprendre à travers mes mots?

  • Le perfectionniste se protège très souvent de son sentiment de culpabilité. D’une culpabilité qui ne lui appartient pas. Il s’agit la plupart du temps des 2 faces d’une même pièce.
    Je pourrais être intarissable sur ce sujet qui m’a tellement entravé. Mais je m’arrête là.
    Bon chemin pour toutes et tous les perfectionnistes ! 😉

  • Très intéressante la distinction désir d’excellence et désir de perfection. En fait ce qui les différencie c’est la conscience de nos limites je pense. Faire son mieux, ça veut dire, je ne suis pas parfaite mais je vais tout faire pour que ce soit bien, beau, bon. Vouloir que ce soit parfait serait une forme de négation de la limite, l’ego pensant qu’il peut vaincre le principe de réalité.
    Et en fait, c’est vrai qu’il y a tellement plus de beauté dans l’excellence que dans la perfection, parce que tu te focalises plus sur la personne qui a réalisé, sur le processus, sur le courage de changer; alors que la perfection c’est ne regarder que le résultat est la récompense.
    Un chemin bien courageux, merci de ton article.

  • salut Mai,
    ton article fait écho en moi de plein de façons… Mais j’ai un point qui m’interroge : tu dis que dans ta vie d’avant, tu étais « heureuse ». Tu ne dis pas « je croyais être heureuse », « j’avais tout pour être heureuse » ou « je me forçais à être heureuse » par exemple… Tu dis « j’étais heureuse ». C’est ça que je ne comprends pas bien.
    Comment as-tu compris que ce n’était pas ça le vrai bonheur ? Qu’est-ce qui fait la différence avec celui que tu ressens (j’espère !) maintenant ? Une sensation physique par exemple, une angoisse qui part… ? C’est quoi pour toi la différence entre le faux bonheur et le vrai bonheur, comment on les reconnaît ?
    J’adorerais que tu développes un peu ce point, si tu peux/veux 🙂
    bise, je fais tourner cet article !!! <3

    • hahahaha, alors oui cette question vaut la peine d’être explorée. le bonheur ne s’évalue pas en fait. tu le sens et le vis et c’est tout. et ça dépend pas du chocolat sur le dent. c’est parce qu’il y a bonheur qu’il y a du chocolat sur les dents. c’est pas pour la satisfaction de la photo ensuite (qu’elle soit moche ou pas). il n’y a pas d’évaluation, pas de trace, pas de check list. tu n’es pas heureux à la condition de. vois tu? qu’en dis tu? bisous

  • « Et sans remettre en question ni la sincérité de mes démarches ni de mes sentiments, j’étais aussi comblée parce qu’il s’agissait aussi, inconsciemment toujours, d’une série de performances qui me rendrait « objectivement aimable ». C’est là que je parle à la petite fille que vous n’arrivez peut être pas à laisser derrière vous : un enfant n’a besoin que d’une chose : être aimée. Donc le désir de perfection est au fond un désir d’être aimé. C’est pour ça qu’on continue, c’est parce qu’on veut être digne d’amour. »

    Merci pour ce partage.. pris en pleine tronche certes mais quand il faut..

    <3

  • Gare à l’ego! Et merci Mai pour ce beau témoignage. T’ayant croisé une fois (tu m’avais très gentiment reçu) cela me fait drôle de lire cela… Bon mes amarettis fraichement rapportés d Italie devaient être un peu secs …mes excuses et bises!

  • Merde je me suis trompée j’ai mis mon adresse mail à la place du commentaire précédent, peux tu le supprimer stp!

    Donc, ce post m’a fait très plaisir car à 29 ans je suis en plein changement car mon besoin d’être parfaite pour tout le monde est en train de me bouffer. J’ai toujours voulu être parfaite, faire les choses bien, etre la meilleure, que tout le monde parle de moi en bien, que mes parents ne soient jamais déçus de moi, mais la j’arrive à un point ou je me suis perdue moi même. Je vois un therapeute/hypnotiseur qui m’a fait réaliser que c’était de MA faute et non pas de la faute de mes parents que j’accusais depuis toujours. Première fois que je vois ce problème de ce côté la, et là ça m’a fait comme un choc électrique « mais c’est donc ça?! C’est moi le problème?! ». C’est bête, c’était sous mon nez depuis toujours mais j’accusais tout le temps les autres car moi je suis parfaite je fais les choses bien donc si je me sentais pas bien c’était de la faute des autres. Mais non je n’acceptais juste Pas de décevoir les gens, de ne pas aller dans leur sens, qu’on me juge, donc je ne m’affirmais pas et m’adaptais à chaque personne que je rencontrais donc forcément on m’aimait mais pas pour ce que j’étais réellement. Depuis peu je prends goût à déplaire à des personnes car je me sens tellement mieux de rien devoir à personne et encore moins à moi même. Mon anxiété qui était très présente, s’est fait la malle c’est dingue! Bref, je commence à prendre en main ma vie, me lancer en créant mon entreprise, prendre des risques en fait sans craindre d’échouer et de décevoir les autres ou d’avoir peur de leur regard! Voila j’ai un peu raconté ma vie (le côté égocentrique 😉 ) mais je m’aperçois que je ne suis pas la seule à vouloir être comme ça et ca fait du bien de voir que c’est impossible de vivre sa vie comme ça en étant heureuse. La vie est imparfaite, comme nous.

  • C’est fou de se dire que tu es passée par tout ce cheminement! En suivant ton blog depuis des années, j’imaginais que tu avais toujours été cette « belle » personne. Belle de l’intérieur, de l’âme, profonde et légère à la fois. De mon côté, j’ai remarqué que j’avais un autre problème lié à la « perfection ». Lorsque les proches, parents, conjoint, pensent qu’on est « parfait », nous complimentent sans arrêt, alors qu’au fond de soi, on a juste envie de leur dire d’arrêter car ce n’est pas vrai! et en plus ça met de la pression! … Ha, j’espère que tes lecteurs/rices ne te mettent pas trop la pression! 😉

    • les lectrices et lecteurs, les parents, le conjoint… on s’en fout. ou plutôt non on s’en fout pas mais ce qui compte c’est d’être et de monter sa vérité. nous sommes des êtres dynamiques, qui changeons à chaque seconde. mais c’est un piège d’accepter cette pression. de ne pas dire, « je ne suis pas là » ou pas « celle la ». mais ça prend du temps car en changeant, on change un écosystème. un équilibre… qui n’en est pas un. c’est un cadeau et une grande difficulté de vouloir vivre authentiquement. ça vaut le coup yider, ça vaut le coup! bise et no pressure hein?! x

  • Ton texte m’a beaucoup remué. Il m’a remué car cette petite fille qui cherche la validation est bien là en moi, même si dans mon cas elle se manifeste d’une autre manière que le perfectionnisme et du coup je me demande comment as tu fais pour arrêter de la chercher cette validation des autres ? J’ai eu cette réaction première de vouloir changer mes proches, les forcer à communiquer plus, à « valider » mais je me rencontre que non certaines personnes ne veulent/peuvent pas être changer et que du coup il faut que j’arrive à faire sans cette validation et j’ai beaucoup de mal à trouver la solution/force pour le faire.

    Et ton texte m’a aussi beaucoup remué car en ce moment je suis à la place de tes amies avec une amie perfectionniste. Depuis plusieurs mois quand je sors de nos rencontres j’ai le moral dans les chaussettes, notre relation devient toxique, elle me fait plus de mal qu’autre chose. Mais je sais que cela vient d’un perfectionniste exacerbée chez elle, un besoin de tout contrôler et comme en ce moment je suis un peu incontrôlable elle essaie de me faire rentrer dans le droit chemin d’une certaine façon en m’envoyant des ondes négatives au moindre projet que je lui évoque, ce qui nous fait du mal. C’est une personne brillante, première de la classe jusqu’en prépa où elle a réussi à intégrer une des 3 grandes écoles parisiennes, mais son perfectionniste la bouffe littéralement, elle pourrait faire tout ce qu’elle veut mais préfère suivre le droit chemin que l’école de commerce met en avant. Je ne sais pas trop quoi faire, c’est une personne psychologiquement fragile et du coup j’ai peur d’aborder les choses.

    • l’honnêteté est une chose difficile, mais personne ne doit souffrir d’une relation. tu es d’une certaine manière autant active qu’elle dans cette relation. ça se fait à 2 une relation. du coup, c’est bien que tu saches pourquoi tu te retrouves là dedans. pour toi même. après, pour avoir été de l’autre côté, je peux te dire que ça bien plus mal que personne ne dise rien. enfin, je veux dire, si tu ne souffres pas de ça, il n’y a pas de pb, personne n’est parfait, c’est le cas de le dire, donc parfois, on laisse passer parce que ça n’est pas grave. mais si tu as senti la toxicité de la relation, alors c’est toi qui doit faire qqchose. dans notre cas avec mes amies, ça a été radical, douloureux mais aujourd’hui, je les en aime d’autant plus. et au moins c’est vrai.
      je me dis qu’il faut se dire que « ça n’est pas toi ». ça n’est pas toi, de 2 manières; la première est que elle n’est pas toxique parce que tu as fait qqchose de mal. la seconde, qui peut etre moins cool, c’est que ça n’est pas toi dans le sens ou ça pourrait être qn d’autre, un psy, un mur etc. et que donc cette relation est fausse. elle n’est là que parce que cette toxicité peut s’épanouir. il n’y a donc que toi qui peut arrêter le cycle. bon chemin aurore. ça va être bien après, avec ou sans elle. en tout cas sans rien de toxique pour te faire mal. xxx

  • Je résume de façon caricaturale ce qu’a écrit Litta Basset (elle n’est pas la seule à avoir remarqué cela) mais le fondement de la culpabilité est là : Besoin de reconnaissance plus ou moins nourri par des faits réels qui ont marqué la psyché de l’enfant. L’enfant endosse la responsabilité du dysfonctionnement du ou des parents ( ils ont été des « dieux » sans faille pour un enfant confronté à sa propre vulnérabilité ) Si les parents ont failli c’est que pour l’enfant, il n’y a pas d’autre explication que le fait qu’il ait fait qqc et / ou a même pensé qqc qu’il n’aurait pas du.
    Sentiment de culpabilité et d’abandon pour l’enfant qui fera donc tout pour récupérer l’amour du ou des parents. Le perfectionnisme s’inscrit dans ce « tout pour ».
    Elsa Cayat a écrit ceci :
    – Souffrir veut dire être abandonné
    – Etre abandonné veut dire être coupable et mériter de ne pas être aimé.
    – ne pas être aimé veut dire ne pas être aimable.
    C’est de cette série d’équivalences erronées issues de l’enfance qu’en condamnant sa souffrance à l’absence d’extériorisation, on nie sa haine. » « la capacité de s’aimer » d’Elsa Cayat
    Cette absence d’extériorisation et cette souffrance s’expriment malgré tout le plus souvent dans l’absence de paroles, par : je vais être parfait pour être aimé.

  • Ou par l’intériorisation du « je ne vais pas être aimable ». la personne est alors en réaction ! L’autre (le ou les parents) est coupable ! « Forcément » !
    Le « je suis coupable » et « l’autre est coupable » peuvent cohabiter dans l’égo.
    L’égo se raconte tellement d’histoires !
    Qu’un thérapeute en plus dise, « c’est de votre faute »…. !!! Je préfère me taire.

    • plus juste, je pense : … puisse amener à faire penser que c’est de la faute de tel ou telle … Ma petite colère par rapport à ce thérapeute, m’a fait écrire qqc d’inadapté.

  • Bonjour Mai,
    Ton article me parle énormément, merci beaucoup. Je viens de l’envoyer à deux très bonnes amies. Personnellement l’envie de perfection avec un idéal inatteignable, donc non atteint et source de déception, m’empêche même d’atteindre l’excellence car je préfère ne pas m’engager qu’être déçue, mais je progresse 🙂
    Merci merci merci !
    Je te souhaite une excellente journée,
    Lucile

    • oh oui quel piège! c’est je crois plus qu’une déception ça devient une violence. je pense notamment au corps. si l’on n’en croit les magazines ou les gens censés créer de la beauté, il faudrait comme une personne qui n’a jamais existé (à force de vomissement et de photoshop). cela nous coupe de la réalité et nous maintient dans une idée violente d’un existence « au dessus » de nous. il est bon d’en finir non?!

    • Faire faire faire ! comme a dit Mai plus haut, le chemin a plus de valeur que la destination 😉
      “Impose ta chance, serre ton bonheur et va vers ton risque. A te regarder, ils s’habitueront.”
      René Char

  • Merci Maï. J’aime vraiment ce qu’est devenu ton site.Dans tes publications et dans les commentaires, mais quelles richesses…
    Son chemin à soi, à trouver, à tracer, à son rythme.

  • Mai,
    merci pour ce texte, ces quelques mots remuent par leur profondeur et la simplicité/ l’humilité de leur articulation. j’y reviendrai souvent, tu donnes des clés de compréhension si précieuses.
    c’est incroyable la prudence, la vigilance et la discipline (du lâcher prise) qu’il faut avoir dans cette quête d’amour de soi. quel travail.. merci encore
    ps: penses tu parfois au passage (ponctuel) du blog au papier?

    • merci infiniment lucie. c’est un travail lent… la vie! c’est marrant que tu me parles du papier parce que mon frère m’a demande la même chose. ca me plairait bien tiens! merci de semer cette graine ici! a tres vite!

  • Mai, merci pour ce témoignage et toutes les perspectives qu’il ouvre. Pour sourire je dis souvent que je suis Control Freak, mais ça ne me fait pas réellement rire. Quand je vois que ma fille de 8 ans commence à développer des comportements perfectionnistes je la mets en garde « ne fais pas comme ta mère » alors que résonne en moi ces « horribles » réflexions que ma mère pouvait avoir « c’est ni fait ni à faire » (au secours, j’ai pris conscience de l’horreur de cette phrase qui empèche littéralement de se tromper) « quand on commence quelque chose, on va au bout » (un grand classique de la souffrance judeo-chrétienne, non ?). Je lutte chaque jour pour me sortir de ces reflexes; déjà je n’utilise pas le langage de ma mère, mais surtout je m’imprègne de l’influence de mon mec qui lui est beaucoup plus « détendu »….mais oui c’est douloureux de constater que l’on peut gâcher un moment et se voiler la face avec cet envie de faire bien ou mieux. et je crois que je vais lire et relire ton texte car honnêtement, je ne veux plus chercher à savoir pourquoi je suis comme ça, je veux juste être là et vivre la vie, profiter du chemin et dire FLUTE (parce que je veux rester polie) à la destination! merci et mille bises

    • nan mais naaaan c’est ni fait ni à faire juliette, il FAUT dire BORDEL DE MERDE A QUEUE! et pas flute! hihihi! oui, il faut faire les 2 je pense : à la fois réfléchir, expliquer (déterrer), et en même temps, juste agir. je reviens bientôt sur Brené Brown et son conseil pour une bonne éducation : soyez les adultes que vous aimeriez qu’ils deviennent plus tard (il doit y avoir une bonne traduction en français qqpart!). on a du taffe! mais allez, on y va, allez go, go GOooo juliette!

  • Bonjour Mai, merci pour ce post dans lequel je me retrouve. La question maintenant est … comment faire avec ses enfants ? Ta très belle photo avec Tâm est un début de réponse. Mais j’aimerais bien connaître ton vécu là dessus. On dit souvent que l’essentiel de ce qu’on transmet est inconscient… quand on prend conscience on modifie sûrement ce qu’on transmet. Mais est-ce suffisant ? C’est parfois tellement … étrange ? surprenant ? triste ? attendrissant ?… de constater nos propres fonctionnements chez nos enfants. Il faut sans doute aussi lâcher prise de ce côté et faire confiance à leurs propres capacités à se construire avec/grâce à /en dépit de leur histoire ?
    En espérant te lire sur le sujet 😉

  • Quel post tellement intéressant. Tellement juste, précis mais pudique.
    J’aimerais que tu puisses y écrire une suite, car cela m’interesserait énormément que tu nous en dises plus sur ton cheminement ensuite, après cette prise de conscience. Comment as-tu évolué? Grâce à quoi pour te guider? Qu’as-tu revu concrètement dans tes actes? ton quotidien?
    Si tu en as le temps et l’envie bien sûr!

    Merci !

  • C’est drôle. Il y a quelques jours, en tapant ton nom sur un moteur de recherche, j’ai lu le nom de ton blog en entier « Mai Hua Emotional Diary ». J’ai été frappée par la justesse de ta démarche, une certaine forme de dissonance par rapport au courant des blogs plus « mainstream », et à quel point elle fait écho en moi. Un journal d’émotions, c’est à la fois beau, intime, poétique, courageux, et excessivement personnel. Mais sans doute faut-il cette forte dose d’intime et de personnel pour tendre à une prise de parole plus universelle.
    Merci Mai encore une fois pour ce beau témoignage qui touche cette part d’universel. Cette personne là, nous sommes nombreux à l’avoir été. J’ai moi aussi entamé une démarche similaire il y a deux ans et demi. Et même si le chemin est parfois difficile, que tout ne vient pas aussi vite que l’on pourrait le souhaiter, je suis émerveillée par le chemin parcouru. Par la reconnexion avec mon « essence » et mon intuition. Et je ne regrette pas une seconde ce choix. Au contraire, je suis très fière d’avoir eu ce courage là. Parce qu’il en faut, ces démarches impliquent toujours de laisser des choses derrière soi. Et merci pour ton article sur le livre de Clarissa Pinkola Estès, j’arrive à la fin et cette lecture m’a transportée.

  • pffffooooooou le gros soupir ….de la vie
    😉
    punaise mais qu’est ce que je t’aime toi Mai Hua 😉

    je lis, relis ,ton post mais aussi les commentaires.
    Celui de Juliette-Iocha m’a laissé bouche bée, j’ai l’impression de me voir et de revoir l’éducation que j’ai eu (on commence quelque chose on va au bout).

    J’ai longtemps cru que j’étais velléitaire…je voulais tellement bien faire que soit je recommençais à n’en plus finir, soit je laissais tout tomber d’un seul coup…et je ne comprenais pas pourquoi (en fait c’était pour ne pas me tromper et ne pas décevoir…j’ai ça encore parfois).
    Je voulais tellement « faire bien tellement faire plaisir » que mon plaisir à moi je le laissais complétement de côté…je ne savais même pas ce que cela voulait dire.
    Se faire plaisir =égoïste, ne penser qu’à soi.

    Il aura fallu que je me retrouve seule pour comprendre certaines choses (pas toutes), j’ai lu des bouquins, j’ai écouté surtout, j’ai regardé, j’ai fouillé un peu partout… et petit à petit j’ai pensé à moi sans trop culpabilisé…faire des choses pour soi et pas pour faire plaisir, pas pour être comme les autres veulent…pas pour l’image

    Avec mes deux fils, j’ai complétement fait le contraire de ce que moi j’ai eu (enfin j’ai essayé). J’ai écouté, je n’ai pas imposé, j’ai conseillé aussi mais surtout on parle beaucoup, on s’écoute beaucoup…et même si ils ne font pas comme moi j’ai dit, comme moi j’ai pensé, comme moi j’aimerai…peu importe. Ils évoluent comme eux le souhaitent. Parfois c’est eux qui m’imposent (putin ils osent…ahahaha,) S’ils se trompent, ils savent que les parents sont là, les amis aussi…et qu’ils ont surtout le droit de se tromper

    J’admire sincèrement mes fils qui ont su ne pas se mettre de pression (du moins c’est ce qu’ils montrent) sur le « je fais plaisir à papa-maman ». Ils pensent pour eux et moi je respecte.

    s’Aimer soi ok, mais pour s’aimer il faut déjà faire ce que « soi » aime. (ok c’est pas français) et non pas ce l’autre veut.

    Tu as raison Mai c’est un long chemin toujours douloureux mais tellement salvateur.

    Mille bises

    • On est jamais seules dans notre quête! Pourtant ma mère était plutôt babos, créative et nous faisait une grande confiance (en gros quoi qu’on fasse c’est okay, qu’on se plante ou pas) mais bon ben moi ça m’a couru la pression! Et puis oui au plaisirs solitaires 😉 et bisou!

  • Bonjour Mai. J’ai fait un petit tour du côté de chez Brené Brown.
    Lu le titre de l’un de ses ouvrages :
    « Dépasser la honte : Comment passer de « Que vont penser les gens ? » à « Je suis bien comme je suis »
    Puis lu ceci sur le net : La honte est parfois définie comme la version sociale de culpabilité.
    Il s’agit d’une émotion plus archaïque que la culpabilité au sens où elle est souvent moins verbale et plus sensorielle que cette dernière. Elle se manifeste émotionnellement (gêne, malaise, peur… ou exubérance, agressivité…), corporellement (yeux baissés, tête basse, rougissement… ou tête haute…), cognitivement (discours interne dévalorisant ou agressif…) et comportementale (inhibition, paralysie ou ambition, exhibitionnisme…).
    « Les exigences envers nous-même, le besoin de se comparer avec les autres, les performances, et les croyances auxquelles on ne dérogera jamais sont le terreau de la honte si nous ne réussissons pas à exceller selon nos valeurs. »
    Le refus de sa vulnérabilité, la non acceptation de ce que nous sommes (déni de soi). La dépendance par rapport au regard d’autrui. Un lien évident entre honte, culpabilité et le désir de perfection.
    La société exige de nous d’être performant, sans faille ! Ton post interpelle ! Merci Mai !
    Il permet d’éveiller les consciences !

  • Merci Mai pour ce témoignage et cette sincérité, qui font du bien.
    Pour ma part, je suis (oui, encore) une perfectionniste qui essaie de se soigner en prenant de la hauteur, en se disant que ce n’est pas grave si telle ou telle chose n’est pas faite.
    Ma prise de conscience de cet ego a été brutale. En 3e (j’ai bientôt 45 ans…), j’étais 1re de la classe, un peu leader, avec une très bonne amie, qui a un jour m’a dit « tu te mets toujours en avant, c’est un peu pénible » ou quelque chose comme ça.
    Et du jour au lendemain, je me suis effacée, j’ai fait attention à ne pas me mettre trop en avant, trop devant. J’ai continué à avoir de bons résultats, mais je pense que j’ai perdu une partie de ma confiance en moi, que j’ai encore un peu de mal à retrouver.
    Donc, oui, c’est bien de se l’entendre dire, mais attention au quand et comment.
    Merci pour tous tes billets qui nous font réfléchir et avancer.
    Et merci pour tes vidéos qui sont d’une bienveillance lumineuse.
    E.

    • salut emmanuelle. oui ca met du temps de trouver un nv système. mais je pense qu’il ne faut pas devenir son meilleur ennemi non plus en s’effaçant « pour ne pas ». on ne peut être heureux en n’ayant plus confiance. j’imagine qu’il faut juste apprendre à canaliser ce désir de perfection pour le potentialiser dans certains champs (taffe pas ex) et ne pas « avoir » à le faire dans d’autres (relation). bon chemin emmanuelle!

      • je re-réfléchis et crois qu’il ne faut pas penser que ton manque de confiance vient de ton amie et de qu’elle t’a dit. je ne le dis oas pour la défendre mais pour toi, pour que tu fasses la paix. tout est en toi, non? bise et belle route sur ce chemin de reconstruction. x

  • Peu de temps pour te lire ces jours ci, pas de temps pour les coms qui sont souvent si riches. Alors en toute hâte, un grand merci pour ce post si touchant, si fort – et qui me parle (encore une fois)! je t’embrasse!

  • Mon Dieu, je te lis et je repense à il y a un an chez Seymour :-). Je me reconnais dans ton portrait et ça fait du bien de te lire et surtout de voir que tu t’épanouis jour après jour. Le « on va jusqu’au bout » cité dans un commentaire me touche en plein coeur parce qu’on vient de me le sortir aussi, et on ne me lâche pas avec ça. « Tu t’es lancée dans ta formation, va jusqu’au bout » Oui mais au final ce n’est pas moi, je me cherche encore parfois et je sais lorsque ça n’est pas moi. Et surtout je crois que ma formation de réflexologue je l’ai faite pour… être parfaite et gentille et bienveillante aux yeux… des autres. J’ai beaucoup entendu aussi, tu prends ce qu’on te donne et tu souris. Alors parfois je souris, et parfois l’ego débarque et tire la tronche. Sans juste milieu. Bref, mon chemin est bien entamé dans la non perfection et j’adore. Je me découvre de jour en jour. Mai, merciiiiiii, comment je pourrais te le dire autrement ? Merci merci pour tout.

    • ahlala sonia! oui notre route est longue. et l’on pense parfois que faire une chose ou une autre nous rend plus « aimable ». c’est bien de reconnaître que non. tellement peu de gens savent le faire! je t’embrasse, on continue la route.

  • Bonjour Mai, merci pour ce post qui a fait écho en moi (comme beaucoup de gens). Il est épinglé dans une liste de sites et d’articles depuis sa publication, je le lis de temps en temps depuis 4 semaines, en boucle, pour ne pas oublier.
    En perpétuelle recherche de compréhension personnelle, j’essaye, comme tout le monde lisant ce blog je pense, à accéder à une certaine objectivité sur moi même, savoir qui l’on est réellement pour mieux s’aimer et mieux s’ouvrir au monde. Savoir si ce que l’on fait, notre manière d’agir face à certaines situations, des traits de caractères que l’on revendique, ne sont finalement pas qu’une façade que l’on essaye de faire miroiter.
    Dans la même démarche je conseille fortement le livre « guérir son enfant intérieur » de Moussa Nabati, qui est franchement une pépite.
    Sur ce, comme disaient les Grecs (il y a un petit bout de temps maintenant) Gnothi Seauton, connais-toi toi-même, sous entendu et tu connaitras le monde entier et le divin.
    (La petite meuf qui part sur une citation … la gueule du truc)
    Merci pour le post !

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