Grayson Perry

the Descent of Man

Hell YEAH!

Merci pour tous vos commentaires sur l’artiste Grayson Perry ! Certain.es m’ont dit avoir carrément pris des notes, et bien, en voilà plus pour vous ! Car Grayson a publié un bouquin assez génial, Descent Of A Man sur ses observations et analyses de la masculinité contemporaine (voulez-vous dire… dépassée ?!).

Evidemment les résonances avec l’actualité sont immenses.

 

Alors je fais ce post pour vous donner envie de le lire, mais aussi pour les non-anglophones qui ne pourront malheureusement pas y accéder car ce livre n’est pour l’instant publié qu’en anglais.

The Descent Of Man a été écrit après de nombreuses autres réflexions, performances, installations sur la masculinité, mais aussi, après une année de « tournée » dans les bastions de la masculinité classique et « glorieuse » (la banque, les terrains de boxe… les prisons).

je mets entre guillemets car évidemment la démonstration de Grayson va être de montrer que quelque soit le milieu socio-pro, les bastions de la masculinité sont des lieux où il n’existe ni sentiment, ni émotion, ni relation… ni bonheur. Autrement dit, les premières victimes de la masculinité classique sont… les hommes eux-mêmes. Je pense que ce point est important car le but de Grayson est moins de fustiger ou de condamner que de contribuer à un monde meilleur, plus heureux, plus juste. Et si les hommes ne comprennent pas qu’ils ont intérêt à changer, ils ne le feront pas. s’ils ne comprennent pas qu’ils se suicident 5 fois plus que les femmes, finissent 10 fois en prison etc, s’ils ne voient pas le danger de leur propre culture, ils ne la changeront pas. c’est une autre point de vue par rapport au féminisme classique pratiqué par les femmes (donnez-nous l’égalité merde!), qui certainement se défend mais ne touche pas autant d’hommes qu’il le faudrait. il faut bien le dire.

J’ADORE!

 

Voici quelques passages qui m’ont enthousiasmée :

> the Default Man ou Homme par Défaut

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On parle beaucoup de cette classe d’hommes blancs en ce moment… ça vaut le coup de la regarder dans l’oeil de Grayson. politique, entreprise, mais aussi scène artistique, cinéma etc… L’homme par Défaut est à la tête de toute notre société. Ils s’habillent tous pareil, du premier employé de banque à Obama (enfin il y a des subtilités, mais partez en Papouasie et là oui, il y de vraies différences)… ils sont le paysage invisible de toute notre société. Puisqu’il la dirige de toute part, l’homme par défaut est le fondement même de toute notre société.

 

> The White Working Middle Class is actually a Community

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En étant à la base comme à la tête de la société, il ne se rend pas compte que 1/ il est en fait minoritaire, 2/ que toute la société est faite pour la réussite d’un des siens.

Ainsi, un banquier qui réussit dira que c’est parce qu’il a travaillé davantage et été plus intelligent, sans se rendre compte que c’est toute la structure mise en place par sa communauté, qui lui ont permis de performer de cette manière.

 

> … an « othering » culture – La culture de L’autre

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Comme l’Homme par Défaut ne se rend compte de rien, il pense que les standards de la société sont « objectifs » alors même que c’est lui qui les a imposés. il ne voit pas qu’il est le pur produit d’une culture et d’une performance (dans les 2 sens, scéniques et objectif à atteindre).

il pense donc que les personnes ne répondant pas à ces objectifs sont « en deçà ». oui, par ex, ils diront que les femmes sont hystéros, alors qu’en fait c’est lui qui se montre incapables de gérer ses propres émotions (c’est bien pour cela que le monde qu’il a construit les a totalement éradiquées).

l’Homme par Défaut, nécessairement au centre de tout, va passer son temps à « othering » (mettre hors du centre) ceux qui ne sont pas ou ne gèrent les choses comme lui (la majorité des gens).

J’ai adoré ce concept du « othering »…. et ça marche pour beaucoup de problèmes relationnels je trouve!

 

> nous intégrons tou.tes, inconsciemment, les codes du Default Man

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nous en avons parlé lors de mon post sur l’homme, nous adorons voir nos filles combattantes (comme des garçons), nous ne sommes pas du tout prêt.es à voir nos garçons s’habiller en robe (comme des filles). Sam Roddick, créatrice de Coco de Mer, parle beaucoup de la misogynie des femmes.

Parfois, nous nous disons féministe mais ne le sommes pas tant que ça… qu’adviendrait il à la planète si vraiment nous éduquions nos enfants sans genre?

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> le problème immense de la masculinité classique est évidemment la violence

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c’est vrai pourquoi ne pas adresser ce problème à des niveaux nationaux ou trans-nationaux? les victimes de la culture masculine actuelles sont énormes, d’un point de vue humain, social, financier. J’aime qu’un homme se demande pourquoi le gouvernement ne fait rien? (bah parce qu’il est gouverné par des Default Men… indeed).

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> la solution serait de sortir de cet illétrisme émotionnel

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Là encore un concept génial. Pour une réalité terrible. On apprend très tôt aux garçons à ne pas pleurer. à ne pas être faible. C’est pourtant la meilleure manière pour qu’ils le deviennent. Jerry me dit souvent qu’il n’y a rien de plus dangereux qu’un petit garçon blessé, dans le corps d’un homme adulte.

On le re-martèle donc, apprendre la vulnérabilité au garçon est une clé de leur développement personnel, en tant qu’individu, en tant que membre d’une société. ON Y VA!!!!

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> Some Tenderness

je vous reparlerai de Jerry et de son travail très vite, car il dirige des groupes d’hommes depuis près de 20 ans. Alors quand Grayson lui a demandé quelle était la valeur clé regroupant les hommes de ses différents groupes, Jerry a répondu sans hésiter : la tendresse. Et sans être un homme, je me suis dit, tiens oui, la tendresse masculine, cette forme de fraternité, oui ça me parle.

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voilà! j’espère que ça vous parle à vous. le livre n’est pour l’instant disponible qu’en anglais et j’espère que les lecteurs.rices non anglophones auront assez de grains à moudre avec ce post. pour les autres, je vous conseille vivement cette lecture et toutes les discussions et partages avec votre entourage ensuite, qu’il soit homme, femme ou enfant!

 

Belle journée

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The Descent of Man

Portrait of the Artist as a Young Girl

Il y a 8 mois / Bouche 31 commentaire(s)

31 commentaire(s)

  • La tendresse et le soin qu’un être humain ( qu’il s’agisse de l’homme ou de la femme) apporte à la part de l’enfant blessé(e) en lui ou en elle sont précieux ! La tendresse est le premier pas de l’amour envers soi-même et envers l’autre. Qui n’a pas été blessé ? Rester avec cette blessure, se poser en victime et accuser l’autre qui lui (ou elle) aussi a été blessé(e) et lui en vouloir de vous avoir blessé n’est effectivement pas le bon chemin.
    En ce qui concerne la vulnérabilité, je pense qu’elle joue sa partition, tout comme le pouvoir en chacun et chacune d’entre nous. La vulnérabilité est une souffrance et vivre avec celle-ci est vivre avec un cœur blessé ouvert. La violence naît fondamentalement d’un refus des limites, un refus de la vie, en tant que celle-ci implique une dimension de souffrance.
    Attendre qqc de l’autre, le fait qu’il doive changer, est le premier pas d’une violence !
    Pas simple ! Chacun devrait balayer devant sa porte.
    J’aime particulièrement cette citation de Martin Luther King :
    ‘Un des plus grands obstacles à l’amour tient au fait que l’on fait habituellement contraster les concepts de l’amour et du pouvoir comme les opposés d’une polarité.
    L’amour est regardé comme le renoncement au pouvoir et le pouvoir est considéré comme le déni de l’amour… Ce qui est nécessaire, c’est de réaliser que le pouvoir sans amour est téméraire et abusif, alors que l’amour sans pouvoir est sentimental et anémique.
    Le pouvoir à son meilleur, c’est l’amour mettant à exécution les exigences de la justice.
    La justice à son meilleur, c’est l’amour corrigeant tout ce qui fait obstacle à l’amour. »
    Enfin, je pense que l’on apprend pas la vulnérabilité, mais qu’on lui laisse la possibilité de s’exprimer. Combien de fois, j’ai vu une mère ou un père dire à son enfant qui venait de tomber et de se faire mal,  » Mais non c’est RIEN !  » ??? Ce besoin pour « l’adulte » de se rassurer et de rassurer l’autre, de nier la vulnérabilité de l’autre, de ne pas vouloir voir ! Où est l’écoute ? Comment acquérir dans ces conditions, confiance en soi et dans les autres. Ce n’est qu’un exemple parmi tant d’autres.
    Nous habitons un corps d’homme ou de femme. Pouvoir se désidentifier par rapport au genre pour voir que nous sommes avant tout des êtres humains.

  • D »après l’expérience de Jerry, je rejoins les groupes d’hommes qu’il côtoie, dans l’importance qu’ils donnent à la tendresse ! 😉 (j »avais indiqué la place centrale qu’elle a pour moi dans ton 1er post sur G Perry)

    • oui et non. je ne connais pas bien le projet mais suis allée voir sur internet! c’est oui pour la partie « brotherhood » et développement personnel. c’est non pour le côté réseau international. voilà 15 ans qu’ils mènent ses groupes d’hommes et j’ai tellement envie d’être une petite souris pour voir comment ca se passe… ;D

      • Je te propose un truc : on dirait que je suis Tom et toi tu serais Jerry … ah mais non suis-je bête ! Jerry c’est déjà Jerry, le rôle est déjà pris !
        Va falloir qu’on trouve autre chose … ! 🙂

  • Acceptation ou Accueil ?
    – acceptation # refus de l’autre, de la vulnérabilité de l »autre.
    acceptation ou refus de voir, de comprendre ….
    – accueil # non accueil de l’autre, de la vulnérabilité de l »autre.
    accueil ou non accueil le cœur est ouvert ou fermé. (Pas d’obligation qu’il soit toujours ouvert, c’est impossible ! Reconnaître nos limites).
    Dans accepter / refuser, on est dans le registre du mental.
    Dans accueillir / ne pas accueillir, on est plus dans le cœur. Enfin, c’est mon avis !
    Accepter ou refuser la descente de l’homme dans son jardin ?
    Accueillir ou ne pas accueillir la descente de l’homme dans son jardin ?
    Le jardinier est jardinable ! Il a parfois besoin de vous, les femmes !

  • Je trouve ces questions super intéressantes. On parle beaucoup de féministe, de la place de la femme mais si on veut une vraie discussion de fond, on est forcément obliger de parler de l’homme et de la masculinité. La notion de masculinité/féminité est d’ailleurs souvent employé sans directement faire référence au genre, mais en voyant la masculinité comme le côté rationnel, froid et la féminité comme les sentiments, le relationnel. On parle par exemple de société masculine pour un pays comme les Etats-Unis ou le Japon qui met le travail au centre de la société, il faut vivre pour travailler et de société féminine pour les pays d’Afrique noire ou la scandinavie ou on travail pour vivre. Personnellement, comme toujours c’est les extrêmes qui me font peur, je pense que la vérité se trouve entre les deux et que plutôt que de les opposer on verrait mieux de voir la beauté dans leur complémentarité.

    • je suis tellement d’accord avec toi Aurore. le pb vient aussi de notre grande difficulté à parler du genre. parce qu’on ne plus se dire qu’une femme est comme ça et qu’un homme est comme ci. et peut etre est ce vrai. je crois en revanche énormément au masculin/féminin. avec des dosages définis ou à définir en chacun de nous. quand j’en parlais à grayson, il n’y crois pas vraiment ou plutôt les différences hommes femmes sont pour lui essentiellement culturelles. moi je pense qu’elles ne sont pas que culturelles, qu’il y a « je ne sais quoi » de différents et peut etre de complémentaire dans cette dialectique masculin/féminin. qu’aller chercher dedans nous ouvrira plein de portes… à voir.

  • Vu Silence de Martin Scorcese d’après le roman du japonais Shusaku Endo puis lu une itw de Scorcese.
    Extrait : « Dans son introduction à Silence, S Endo souligne que ce que les Japonais détestaient par-dessus tout dans le christianisme, c’était son côté autoritaire et punitif. Il dit que les Japonais craignent quatre choses : les tremblements de terre, le feu, la foudre et les pères. Ce dont ils ont besoin, c’est la mère, la Madone ; ils ont besoin de la dimension nourricière du christianisme, celle du pardon, de la rédemption, celle qui dit : « Si tu échoues, relève-toi et essaie à nouveau, ne désespère pas. »
    On peut être plus ou moins d’accord avec ce que dit Scorcese.
    Toujours est-il que cet extrait me fait penser à notre éducation fortement marquée par les 2 faces d’une même pièce, celle de la punition ( exercée par l’autorité, les pères, le « masculin, »… ) et celle de la récompense et/ou du pardon ( la mère ou le père, une forme de rédemption, le « féminin, »… ). Sortir de ces schémas !
    Apprendre à communiquer avec autre chose dans la tronche que ces vieux schémas qui nous mènent tout droit vers une impasse. Et en même temps prendre conscience de l’importance d’une meilleure qualité de communication et d’une écoute plus au clair avec ce qui est dit et ce qui se vit réellement derrière des mots qui expriment le plus souvent de manière tragique les véritables besoins et interrogations de chacun.
    Commencer par cela, communiquer mieux avec soi-même permet de mieux communiquer avec les autres.
    Une meilleure communication, d’abord avec soi-même – « aller chercher dedans » comme tu le dis Mai, est le premier pas essentiel pour aller vers plus de paix.
    Qu’est ce que cela me fait d’être un homme par rapport à cette question du masculin et du féminin,
    qu’est-ce que cela te fait d’être une femme par rapport à cette même question, par rapport à vivre dans cette société là ? Commencer par pouvoir voir et dire cela et bien entendre ce qui se dit dans ces mots et parfois derrière les mots.
    Et écouter ce qui se dit dans le silence de soi-même et de l’autre.
    L’itw en entier : http://www.lepoint.fr/pop-culture/cinema/martin-scorsese-la-foi-est-un-probleme-06-02-2017-2102741_2923.php

    • merci. je vais aller voir. va voir moonlight. un film qui raconte, entre autre, le silence face à cette interrogation sur le genre. comme nous le disait sasha, il ne nous manque oas de communication, il nous manque de l’amour, de l’attention. on n’a pas besoin de se parler pour se dire qui on est. on a revanche besoin de quelqu’un pour nous regarder. et nous prendre dans ses bras. enfin, je crois…

  • Merci Mai, j’irai voir Moonlight !
    Des avancées que ce soit dans l’amour entre personnes de couleurs différentes ou dans l’amour entre homosexuel(le)s. Des avancées qui s’inscrivent dans le mariage.
    Extrait de la revue de presse de courrier international :
    « Indépendamment de leur amour à renverser les barrières, les Loving étaient connus comme un couple simple”, raconte le Richmond Free Press, le quotidien de la communauté africaine-américaine de Richmond. Richard est mort en 1975, renversé par un chauffard. Mildred s’est éteinte en 2008. “Chrétienne fervente, elle avait cessé depuis des décennies d’accorder des interviews. Mais en 2007, à l’occasion du 40e anniversaire de l’arrêt Loving c. Virginia, elle avait fait passer un communiqué au groupe de défense des droits homosexuels Faith in America. Interrogée par un membre de l’organisation pour savoir si elle jugeait possible que les couples de même sexe puissent avoir le droit de se marier, Mme Loving avait répondu : ‘Je comprends cette demande, et j’en suis convaincue.’“
    Les couples gays et lesbiens ont été reconnus par la Cour suprême américaine en 2015, quarante-huit ans après les mariages interraciaux.
    http://www.courrierinternational.com/revue-de-presse/en-salle-loving-lamour-plus-fort-que-la-segregation-raciale
    Vu Loving. J’ai aimé ce film et j’ai découvert l’histoire de ce couple.
    Cette histoire illustre tellement justement la citation de Martin Luter King ! :
    « …Le pouvoir à son meilleur, c’est l’amour mettant à exécution les exigences de la justice.
    La justice à son meilleur, c’est l’amour corrigeant tout ce qui fait obstacle à l’amour. »
    https://www.youtube.com/watch?v=FaHhZ4IbVYY

  • Je me rappelle de mon arrière grand père, un artiste, veuf et père de trois enfants. Après avoir vécu à Londres puis à Paris, il s’était installé dans un petit village de Provence et partageait sa vie avec un homme artiste lui aussi. Du plus loin que je m’en souvienne, cela avait toujours été ainsi et cela ne posait de questions à personne, dans la famille ou en dehors de celle-ci. Ils ont vécu longtemps ensemble et étaient très bien intégrés dans la vie du village. Je n’ai jamais entendu de propos homophobes ou senti d’hostilité à leur encontre. Et l’on ne m’en a jamais relaté. Je te raconte cela car j’ai l’impression que les mentalités, bien qu’il y ait des avancées qu’il ne faut jamais tenir pour acquises, se sont radicalisées depuis, (on est pour, ou on est contre) et cela me désole. Peut-être étais-je trop jeune pour m’apercevoir de quoi que ce soit !

  • Curieux cet emploi du mot « interaciaux » ou de « ségrégation raciale » dans Courier international !!!
    Extrait de wikipédia : Le consensus scientifique actuel rejette en tout état de cause l’existence d’arguments biologiques qui pourraient légitimer la notion de race.

    • merci maia, je voulais le lire depuis sa parution. c’est chose faite. notre culture est tellement… nulle! les choses en revanche se découvrent et se décryptent de plus en plus. avançons! encore merci!!!

    • Bonsoir Mai et Maia. Lu l’article. Cette non prise en compte du consentement de l’autre est certainement vraie pour beaucoup. Je ne rencontre pas ce genre de comportements dans mon entourage ou alors je manque de discernement et/ou mon entourage n’est absolument pas représentatif. Je suis bien conscient des abus et les conditionnements créés par tout un système de valeurs complètement tordues. Il n’y a qu’à voir Trump ! Quand tant d’états-unien(ne)s créent d’une certaine façon un tel monstre, et manquent totalement de discernement, cela fait froid dans le dos. Absence de discernement concernant la valeur d’un tel bonhomme à l’échelle d’un pays ! Absence de discernement sur ce que devraient être des relations respectueuses de l’autre ! Je ne dis pas que cette absence et ces conditionnements sont réservées uniquement à la grande partie de l’électorat de DT et je ne mets pas tous ses électeurs dans le même panier ! Ces absences et ces conditionnements sont malheureusement bien réels à l’échelle de la planète et ne sont pas réservés à certaines CSP ( concernant les hommes : DSK, Polanski dans le passé, et j’en passe ). Vous êtes des femmes et votre avis sur la question de la non prise en compte du consentement est certainement plus éclairé que le mien ! Je ne vis pas sur une autre planète non plus, « j’ai » 2 filles et je côtoie beaucoup de femmes grâce à mon boulot et la parole y est assez libre. Conditionnement dans les têtes bien sûr, je le vois, non respect de la femme, je le vois moins dans mon entourage, ce qui me fait espérer de l’humanité malgré cette période bien sombre de son histoire. Mon diagnostic est-il faussé ? Suis-je naïf ? Fais-je preuve d’angélisme ? Que pensez-vous de la situation réelle et de mon doute quant à un non respect de la femme qui serait partagé par la majorité du genre masculin ? Ces comportements seront toujours de trop, ça c’est sûr !
      Quand on sait que 83000 femmes sont victimes de viol ou de tentatives de viols chaque année en France, qu’une fille de moins de 20 ans sur 10 déclare avoir été agressée sexuellement, que 16% des femmes et 5% des hommes déclarent avoir subi des viols ou des tentatives de viol au cours de leur vie, cela est forcément inacceptable et qu’il faut se mobiliser pourque les consciences s’éveillent. (chiffres du haut conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes)
      J’ai malgré tout foi en l’humanité.

      • Pour vous répondre Edouard, j’ai discuté avec plusieurs garçons (avec qui je flirtais ou de simples potes) qui n’auraient jamais outrepassé consciemment et volontairement le consentement de leur partenaire (je pense) mais qui pouvaient dire des choses comme « je ne comprends pas pourquoi les filles vous refusez de coucher le 1er soir alors qu’on veut la même chose au fond » (pour lui si une fille disait non c’était pour que le garçon insiste), ou « mais elle en avait quand même un peu envie, non ? » (après qu’il ait longuement insisté auprès d’une fille qui lui disait non). Donc pour moi il y a très souvent un énorme malentendu dans les relations femmes-hommes, qu’on comprend bien en voyant ces exemples de culture populaire (et un manque d’écoute, certainement mutuel!).
        Merci Mai d’ouvrir le dialogue ici de façon si bienveillante, fun, et avec cet esprit « out of the box » qui nous remue les neurones! 🙂

        • Merci pour votre réponse Maïa qui m’a fait me poser la question sur ma propre expérience. Ce genre de réponses fait partie effectivement de conditionnements machistes
          ( aucun recul par rapport aux pensées ) et / ou du côté crâneur que peuvent avoir les mecs. Je suis bien d’accord que d’être confronté uniquement à des hommes qui pensent cela ou crânent ainsi doit être bien lassant à la longue.
          Votre réponse s’appuie sur une enquête auprès de vos amis qui n’auraient jamais outrepassé … preuve que vous les avez bien choisis et aussi qu’ils peuvent souvent être grands « diseux  » et petits « faiseux » !
          Il y a à mon avis un apprentissage nécessaire pour l’homme qui est de pouvoir distinguer en lui-même quel est la qualité de l’élan qui le met en mouvement, ce qui est de l’ordre de la pulsion et ce qui est de l’ordre du désir, en d’autres mots s’il est dans le respect de l’altérité et dans le désir, ou s’il est dans la pulsion prédatrice.
          Je ne peux parler que de ma propre expérience le plus honnêtement possible, tant cette question de la pulsion et du désir touche à l’intime. Dans une voie aussi concrète et incarnée que celle de se libérer de la pulsion, je n’ai pu me libérer qu’en apprenant de la première fois que j’ai eu une relation sexuelle ( je n’appellerais pas cela faire l’amour ) empreinte plus de pulsion que de désirs alors que ces deux forces se côtoyaient. C’est comme si une force / pulsion indépendante de moi s’était manifestée. Je n’en étais pas fier et je ne me reconnaissais pas là dedans, en proie à cette pulsion. J’ai appris de cette erreur, celle de ne pas savoir gérer cet élan, cette pulsion et j’ai appris aussi à partir de la seconde fois. Si j’écris cela ce n’est pas par narcissisme ou pour faire étalage, mais pour essayer de faire entendre ce qui peut se jouer dans le corps d’un homme. Après, c’est mon expérience et elle ne vaut que ce qu’elle vaut, et n’a de valeur que pour moi. Mais dans le fond, je pense que pulsions et désirs sont bien deux réalités opposées, inextricablement mélangées dans la nature de l’homme. C’est à l’homme de faire le chemin de la pulsion vers le désir.
          Quand vos amis disent ce que vous me rapportez, j’entends là, la traduction de leurs pulsions en pensées conditionées et non la manifestation de désirs. Pour moi, il est important de s’écouter et de voir à quoi nous voulons être reliés, nous les hommes et quelle est notre priorité. La pulsion ou le désir ?
          Oui, Merci Mai de nous offrir cet espace de liberté de parole.

          • petite précision évidente pour moi mais pas forcément entendue ! Quand j’écris désir, il s’agit d’être relié, dans la communion des corps, autant au désir de la femme (ou du partenaire ( je n’ai pas d’expérience homosexuelle, mais j’imagine que se jouent les mêmes élans, bien que je puisse me tromper)) que pour l’homme, à son propre désir..

  • Un arbre qui tombe fait plus de bruit qu’une forêt qui pousse. J’en reviens souvent à cette pensée.
    Les nombreux magnifiques portraits que réalise Mai, sont le témoignage vivant qu’elle pousse. Enfin j’espère !

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