Edwige Antier

La bienveillance éducative

Cela fait tellement longtemps que je voulais rencontrer Edwige Antier. j’ai écouté ses émissions de radio religieusement sur France Inter tous les samedi matin. mon père me disait « ouais bon, elle est madelainiste quand même! » (je viens d’une culture méga à gauche)

so what? je trouvais chacun de ses conseils comme un précieux trésor, nous en débattions avec le père de nos enfants. ça nous guidait, notamment parce qu’on… se sentait paumés.

et puis Anne, l’une de mes meilleures amies (la belle blonde sur la video) s’avère être très proche d’Edwige, alors, on y est allées! à mon retour au bureau, Julie, la maman du baby doux Tsigo, a écouté la totalité de notre entretien (1h env.) et me disait : je pourrai l’écouter des heures (une idée de podcast?!).

bref, quand Edwige s’est mise à parler, ça m’a replongée dans une drôle d’atmosphère. Mais surtout, je venais auprès d’elle pour trouver les mots qui peuvent aider les parents autour de moi (en fait, j’en connais un certain nombre) qui « donne » la fessée à leurs enfants. parce qu’ils la méritent. parce qu’eux-mêmes, bien évidemment, la méritaient etc. (quelle p** de piège sémantique cette expression).

je l’ai moi-même pratiquée avec Tâm lorsqu’elle était toute petite et ai vite arrêté parce que tout simplement ça ne marchait pas. Pour Léo, pas de fessée mais beaucoup de menaces. Avec l’un comme l’autre, j’ai depuis trouvé d’autres modes relationnels, plus riches, plus « efficaces », qui nous correspondent. en revanche, je n’avais pas compris que la fessée ou la menace étaient carrément mauvais pour elle, pour lui. jamais. parce que je n’avais pas associé ni l’une ni l’autre, à une violence. alors que c’est tellement évident : si tu tapes/menaces un adulte ça l’est, donc avec un enfant qui fait la moitié de ta taille…

une amie prof me disait l’autre jour qu’une de ses élèves est arrivée avec une oreille bleue. ses parents avaient pris rdv la même semaine car ils voulaient discuter d’un départ de l’école jugée un peu trop… violente (!!!) pour leur fille. mon amie leur a dit « j’aimerais surtout que l’on parle de la violence à la maison en fait ». la mère a fondu en larmes. elles n’avaient pas fait le rapprochement. elle n’avait pas compris que ce qu’elle faisait était violent. je vous jure Marie Thérèse! souvent nous pensons « mais je ne suis pas un monstre quand même et j’aime mes enfants » et effectivement c’est certainement pour cela que nous pouvons reconsidérer certaines pratiques dès lors que l’on sait qu’il est prouvé qu’elles sont néfastes car…

au delà du débat « philosophique », il y a désormais les études, neurologiques et sociales. les résultats sont fous. je trouve Edwige assez courageuse en fait, parce que son discours est moqué par les parlementaires et les journalistes (qui se sont en fait, tellement fait rouster petits qu’ils sont incapables de revenir dessus). la France est le dernier pays européen à ne pas avoir adopté la loi anti-châtiments corporels.

à la fin, je lui ai dit :

« mais en fait Edwige, vous êtes une femme en colère.

Oui, il en faut pour défendre ses idées! et là, c’est la bataille de toute une vie. »

j’espère que cette vidéo un peu engagée va vous faire réagir, et vous bénéficier, à vous, et vos familles. et nos enfants. mille bises.

Il y a 7 mois / Bouche 62 commentaire(s)

62 commentaire(s)

  • Oh que oui, comme cela va être bénéfique ! Merci pour cette nouvelle rencontre précieuse que tu nous permets de faire à travers ton blog !
    Mon enfant n’a que 9 mois et nous n’en sommes pas encore à ce stade, mais lorsque je suis exténuée-excédée-dépassée, et que je lui parle ou la manipule sèchement (à mon immense honte), je me pose tout de même la question : comment réussirai-je à gérer le stress et la pression de façon à faire passer des messages à l’enfant de façon efficace et bienveillante ? Comment éduquer ce petit être tout neuf de façon à en faire, autant que possible, une personne civilisée, respectueuse d’autrui et bien sûr, heureuse? Ne faudrait-il pas qu’avant tout j’apprenne à le gérer, ce stress (ce qui me servira dans toutes sortes de circonstances !) au lieu de risquer de perpétuer quelque chose que je n’approuve pas ?
    Triple oui pour le podcast, on a envie d’en entendre encore et encore !!

    • oh que je connais ce sentiment de honte! bon en même temps la parentalité… quelle machine à culpabilisation! et en même temps, ca n’est pas toujours inutile! et pour ma part, mes enfants sont ceux qui m’ont le plus fait… grandir! notamment en gérant « mes » problèmes. qu’il s’agisse se de stress ou de choses plus profondes. bonne route!

    • hello zaz, oui j’avais entendu ses premières réactions il y a 10 ans, mais comme tu le vois dans cette vidéo, elle a depuis évolué et reçois énormément de couples homoparentaux

  • bienveillance éducative oui… mais dans la pratique? c’est beaucoup de théorie a laquelle on adèhre forcement mais je ne vois pas au niveau pratique. je ne parle pas forcement de fessées mais tous les jours comment reprendre un enfant qui est insolent? qui tape? les touts petits tapent sans forcement avoir reçu déjà des fessées dans leur vie.
    un exemple: un petit enfant prend le bain avec son frère ou sa soeur, soudain il le tape. on gronde, on explique tu ne peux pas faire ca. il recommence. on regronde. mais recommence. Vous faites quoi? l’explication, elle a déjà eu lieu . punition? impossible de le mettre au coin il est dans le bain. reste quoi????

    c’est un vaste débat que je ne discerne pas trop. et je n’ai pas été tapée, fessée, etc… dans ma jeunesse

    • hello emmowflow, merci pour ton com, il y a des lectures possibles (d’edwige notamment) sur la question et pour des cas comme tu le décris. tu peux aussi aller voir son site internet ou la section QA est très fournie, et classée par âge.
      ensuite me concernant l’exercice de l’autorité a été très difficile avec l’un de mes deux enfants. mais vraiment! et nous avons cherché avec mon ex mari plein de solutions différentes. éduquer un enfant c’est aussi apprendre à le connaître je trouve. trouver les bons boutons. concernant notre cas, il y a eu plusieurs étapes. la première c’est de constater qu’il était très réceptif à l’idée de contrat, donc avant le bain, avant le lever etc chacun s’engageait à faire ou ne pas faire ci ou ça. certaines familles écrivent les règles sur un tableau. ensuite il y a eu une conversation qui a fait mouche sur la notion de respect. ca a été un sesame ouvre toi. j’ai mis 9 ans à trouver le bouton… mais on y est et c’est fantastique!
      bonne route sur cette quete! on galère tous.tes! mais nous sous estimons le pouvoir de la parole. en parler à des professionnels (comme edwige qui fait de l’aide à la parentalite), aux amis.ies, à la famille ou meme ici, c’est déjà commencer à chercher de bonnes solutions. ❤️❤️❤️

      • Bonjour,
        Je voulais juste partager une astuce, ma fille à 1 an et demi et je ne peux pas dire qu’elle soit difficile. Mais ça arrivera peut-être plus tard. Elle a du caractère et nous tape parfois moi et mon compagnon. De plus en plus rarement. Jamais je ne veux la taper en retour (ayant reçu beaucoup de claques dans le visage …) alors on lui demande si elle veut nous faire mal ? Et de plutôt nous faire une petite caresse à la place. Et ça marche elle arrête de taper et voit qu’on a mal et nous fait une caresse … et donc elle tape de moins en moins et fait des caresses de plus en plus … Je la menace parfois (nous dormons en cododo) mais parfois le couché prend 1h et ça m’épuise donc je la menace de la mettre dans son lit, je sais que c’est une très mauvaise idée surtout qu’elle risque d’assimiler son lit à une punition … heureusement elle fait ses siestes dedans sans soucis … enfin voilà c’est difficile de trouver les bon moyens mais tellement enrichissant car je m’en veux tellement à chaque fois que je perd mon sans froid et m’énerve sur ma fille … Merci pour la vidéo !

    • Euphorie dans le bain qui se transforme en drame ! Cela me rappelle des souvenirs. Je reprends votre exemple. Ne faudrait-il pas sortir tout simplement un des deux enfants du bain, dans un premier temps puis en discuter si possible avec eux pour prendre la décision qu’il n’y ait plus de bain commun, ou bien proposer une nouvelle tentative, le parent avertissant qu’il ne veut plus que cela se reproduise ?

  • oui prendre le temps … je crois que le mot/maux est là. prendre le temps de comprendre comment fonctionne son enfant. merci bcp Mai pour ton retour sur mon com. je vais regarder tout ça c’est un sujet qui m’interpelle pas mal. belle journée à toi

  • AHHHH Mai merci! Moi aussi j’écoutais Edwige Antier à la radio 😉 ma fille ainée a huit ans et son petit frère tout juste un an….et quand j’ai pris conscience que ma fille devenait agressive parce que je gérai mal ma colère-peur-stress-fatigue, j’ai d’abord décidé qu’aucun autre enfant ne devait encore subir cela, pendant 5 ans je me suis considérée comme inapte ( et je souffrais pour ma fille). J’ai décidé de changer des choses (je me suis mise à la méditation) je me suis mise à lire beaucoup de choses, mais aucune lecture culpabilisante, car ça je sais le faire toute seule ;-). Jon Kabat Zinn a écrit un superbe livre ‘être parent en pleine conscience’ qui parlera aux méditants, Jesper JUUL lui parle de la proximité du respect et de la limite entre adultes et enfants dans ‘Me voilà! qui es-tu?’, et Catherine Gueguen dans ‘Pour une enfance heureuse’ parle des découvertes en neurosciences sur le cerveau des enfants et explique comment le cerveau des enfants est mature ou immature selon ce qu’on lui propose. je me permet de citer ces livres car il sont abordables et franchement m’ont beaucoup aidé! la cerise sur le gâteau c’est d’avoir lu le livre sur la Vulnerabilité de Brene Brown que tu conseille, pour arrêter de vouloir être une mère parfaite :-0…Alors oui c’est pas facile de fixer les limites sans punir, j’ai moi aussi donné 3 fessées à ma fille (avant 3 ans….ouille) et je me rappelle que la première fois j’ai appelé une amie (qui avait déjà un enfant et qui est prof au collège) car j’étais effondrée….elle m’a dit « ca peut arriver, c’est un accident » et suggéré quelque chose que je n’oublie jamais de faire quand, encore aujourd’hui je m’emporte et que c’est inapproprié, m’excuser et expliquer. Quand tu ne donne plus-pas la fessée tu te rends compte très vite que finalement, tu menaces, tu confisques, tu punis, et aujourd’hui avec ma fille de 8 ans, ça ne marche pas ces trucs là et je n’ai jamais été à l’aise avec ces méthodes, je les appliquaient mais je les trouvaient aussi violentes. Mes parents ne frappaient pas, on avait une liberté de vie énorme avec mes deux frères mais par contre fallait pas trop envahir leur zones ( ceci explique cela), nous sommes tous les trois très autonomes mais niveau sécurité affective c’est vraiment pas top (malgré le désir et l’amour qu’ils nous portaient).Mon mec, le père de mes enfants est présent actif et oui plus calme que moi, je dois reconnaitre que lorsqu’il suggère plus de calme, moins de cris, on galère avec ma fille mais c’est plus efficace…Elle cerne bien aussi l’idée de contrat mais en ce moment c’est la notion de respect que nous avons du mal à partager…Je te rejoins concernant les discussions partagées avec les amis, la famille! Jeudi c’est mon frère ainé qui nous a donné une nouvelle piste (lui qui a aussi parcouru un long chemin vers la parentalité bienveillante)…. »Quoi de neuf » une fois par semaine s’attabler avec les enfants et parler de tous les sujets qui nous tracassent ou nous réjouissent, parler librement hors contexte du quotidien. on essaye et on y croit 🙂
    merci Mai de mettre en lumière cette voix si singulière <3 <3 <3

  • Très intéressant et très apaisant d’écouter Edwige Antier.
    C’est hyper juste ce qu’elle dit , il se joue une confusion au moment ou il nous semble parfois que notre enfant franchit une limite, cette limite est en fait celle de notre fatigue / manque de patience / stress / besoin d’un sas de décompression…
    Il m’arrive de me sentir injuste vis à vis de mon fils de 18 mois parce que parfois je hausse le ton ou manque de patience pour expliquer ou dialoguer, et je culpabilise très vite parce que je ressens que ce n’est pas juste,
    Les 2-3 fessées reçues petites m’ont laissé un sentiment d’humiliation et d’énorme injustice (je crois me rappeler de chacune) et ne m’ont pas appris grand chose si ce n’est de m’avoir fait peur, je me garderai bien de reproduire ça avec mon fils.
    En fait, on pourrait se dire que les limites que l’on identifie dans nos parcours de parents ont des épaisseurs et des porosités qui dépendent de chaque enfant; il nous faut ajuster et chercher sans cesse. C’est sur que la bienveillance est surement la meilleure voie mais c’est un chemin qui passe par l’expérience je trouve.
    Cette vidéo et les comm m’ont fait penser à une émission des Pieds sur Terre de France Culture sur l’Ecole des Bois qui offrait une vision différente de l’école et du développement de l’enfant (je mets le lien).
    https://www.franceculture.fr/emissions/les-pieds-sur-terre/des-citoyens-qui-changent-le-monde-5-lecole-des-bois
    Merci merci et je vote aussi pour le podcast…

    • merci! je vais aller voir ce lien. c’est intéressant ce que tu dis sur nos limites. l’enfant cherche souvent les limites pour… etre rassuré. un enfant non contenu est angoissé et plus difficile à gérer ! avec mes copines, on voit bien que nos momes ne sont jamais aussi chiants que lorsque nous sommes fatigués et dépassés! bise

      • Oui cette histoire de limites me questionne beaucoup et elle est applicable à de nombreuses réflexions, on en a besoin, (les enfants aussi et surtout) pour nous sentir en sécurité et en même temps si elles ne sont qu’une ligne sans épaisseur, sans contenu,et sans possibilité de les faire bouger ou de les traverser elles peuvent devenir le cadre néfaste qu’évoque Edwige dans la vidéo…
        … si je peux me permettre je serai curieuse d’avoir ton ressenti sur l’école des bois (j’avoue que j’ai pensé au film captain fantastic et à ta vidéo sur Spirit Horse en l’écoutant)…

    • Merci Ema pour le lien sur l’école des bois, cela m’a énormément parlé, j’ai grandi dans une ferme et j’ai pu toute petite expérimenter tout un tas d’invention avec mon petit frère, c’était génial et ce sont ces moments qui constituent mes meilleurs souvenir d’enfance 🙂 tout cela me questionne néanmoins beaucoup parce que je suis une enseignante pas très épanouie dans un cadre trop rigide, que je ne cautionne pas entièrement… bref je fais de mon mieux mais ce n’est pas simple… en tous cas cela fait beaucoup de bien de savoir que de telles initiatives peuvent émerger, alors merci!!!

      • cette émission et surtout ce qui est dit est absolument merveilleux! je suis toujours inspirée par ces gens résolument « out of the box » qui se disent « bah non c’est pas ca la vie, c’est pas ca MA vie… j’ai qu’à la créer! » merci ema! c’est tellement inspirant!!! merci

  • Merci…
    C’est un sujet tellement important, peut-être à mon avis celui qu’il faut traiter en priorité si on espère diminuer la violence dans nos sociétés. Les enfants sont sûrement les êtres qu’on traite le moins bien et ce en le justifiant, c’est évident qu’on ne peut aboutir à rien d’autre qu’une société malade. En inculquant et perpétuant la violence dès le berceau, ce n’est pas étonnant qu’on se retrouve avec des discriminations, du harcèlement, des agressions, et même des guerres… On dirait que j’extrapole vu comme ça mais je crois profondément que tout cela est lié, et même si c’est une composante humaine qu’on n’arrivera jamais à totalement éradiquer, il faut à mon avis commencer par là.
    Je suis vraiment sidérée qu’on n’ait pas remis en question les méthodes d’éducation avant en fait, et qu’encore aujourd’hui on les prennent pour des acquis naturels. La science donne une forme de légitimité, parce que notre époque ne jure plus que par ça, et ce n’est pas négligeable, mais pour moi l’envisager comme une question philosophique suffit amplement. Ça me semble juste être du bon sens. Le problème est donc peut-être simplement que nous ne réfléchissent pas assez. Il y a deux ou trois ans j’aurais encore dit qu’une claque de temps en temps ça arrive. Mais parce que je n’avais pas analysé la question outre mesure. Après l’avoir fait, je ne trouve proprement plus aucune violence acceptable, même la douche froide ou l’injonction à rester à table tant qu’on n’a pas fini son assiette. J’ai 21 ans, j’ai vécu sous ces différents formes la violence ordinaire de mes parents et je pensais que ça ne m’avait laissé aucune trace, quand je lisais des articles sur la violence éducative et que je commençais à changer d’avis je ne faisais même pas le rapprochement avec ma propre expérience. Aujourd’hui je suis quelqu’un de très névrosé et déprimé, avec pas mal de blocages corporels et émotionnels, et je suis persuadée que cela vient essentiellement de là… J’en parle librement sans affectation, je ne suis même pas véritablement en colère contre mes parents, donc je ne veux pas avoir un discours de culpabilisation, ce qui me blesse c’est plutôt le déni, l’absence de remise en question. La blessure narcissique de la culpabilité est douleureuse, on ne veut pas être pointé du doigt comme de mauvais parents, mais ce qu’il faut comprendre c’est que ces discours visent avant tout à protéger les enfants, à améliorer la société dans son ensemble, pas à stigmatiser les parents en distribuant les bons et les mauvais points par malin plaisir.
    Je crois aussi que ce qui est primordial c’est d’être à l’écoute de son enfant, d’essayer de le comprendre, seul ou avec de l’aide, çar évidement c’est difficile. Il y a des enfants plus compliqués que d’autres, mais ça ne vient jamais de nul part, il n’y a pas d’enfant chiants ou méchants de façon innée. Le problème c’est qu’on ne se rend pas compte qu’ils ont déjà une individualité, des spécificités, notamment à cause de ces bouquins stupides qui donnent des conseils généraux pour comprendre les enfants ou les ados, comme si c’était une masse uniforme.
    Bref, je vais m’arrêter là car je peux discuter de ce sujet pendant des heures…! Et puis tout est déjà bien résumé dans la vidéo.
    Je vais finir par une citation que je trouve assez parlante extraite du livre Mars de Fritz Zorn : « Je ne peux qu’insister une fois encore sur le fait qu’en fin de compte c’est toujours une seule goutte qui fait déborder le vase. Et moi ? J’étais tout bonnement un peu plus sensible que d’autres enfants ordinaires et c’est pourquoi j’ai plus mal survécu à mon milieu que d’autres enfants. Peut-on en conclure qu’au fond mon éducation n’a pas été du tout si mauvaise, du fait que j’y aurais survécu sans histoires si seulement je n’avais pas été si sensible ? Naturellement non, car justement une éducation est mauvaise quand seuls y survivent les enfants qui ne sont pas sensibles, et justement n’est bonne que quand même les enfants sensibles y survivent ». Cela répond assez bien à l’objection classique de ceux qui disent qu’ils « n’en sont pas morts » voire que cela « leur a fait du bien ».
    PS : Je suis d’accord avec le commentaire sur Youtube qui critique le parallèle à sa propre vie, c’est un peu maladroit et angélique, mais comme ce n’est pas un entretien formel, journalistique, et que c’est plutôt un échange personnel, c’est compréhensible.
    J’aurais beaucoup aimé ecouter l’entretien d’une heure en entier !

      • oui et en fait un peu non quand même pour l’auto glorification car c’est moi qui ai de l’admiration pour elle (je ne sais pas si c’est clair). peut être le montage est il maladroit mais je suis preneuse de narrations de femmes et d’hommes que je trouve exemplaires, dans le sens où elles/ils ont trouvé des solutions qui peuvent inspirer d’autres personnes. c’est d’ailleurs tout ce que je fais ici. on peut être fier de nous parfois et c’est bien de partager nos chagrins comme nos victoires. encore bonne continuation et sache que c’est génial, si jeune, de savoir que tu es… névrosée. on l’est tous. certains.es ne s’en rendent pas compte de toute leur vie! encore belle route à toi!

        • Oui je comprends bien, effectivement peut-être que cela vient du montage, du fait qu’on ne sait pas ce que tu as posé comme question avant. Disons que ça paraît peut être prétentieux car c’est dit de façon simpliste et comme si c’était simple ! On ne sait pas exactement comment elle a réussi à combiner tout ça à la fois ! Et puis c’est le lien entre éducation bienveillante et grandes études + enfant qui est un peu étrange, je ne suis pas sûre que cela soit vraiment une conséquence logique, ni que les grandes études et les enfants soit l’apanage du bonheur ! Mais je pinaille, je pinaille ! Je pense que le passage d’un discours général très professionnel à son témoignage personnel prête un peu à confusion, surtout pour les personnes à l’origine réfractaires à ces discours, mais ce n’est pas très grave. Je commente rarement, mais j’en profite du coup pour te dire à nouveau merci pour ce blog et ces beaux portraits.

          • oui je comprends ton point, l’idée (peut être maladroite du coup) est de montrer qu’elle pratique elle meme cette forme d’education non violente, malgré le temps qui manque, et ce avec des résultats « bons » pour ses enfants. on pense bcp encore dans les école que c’est en faisant cravacher le môme ou en le minimisant qu’on le motive à faire mieux. elle dit « bah non ». encore merci pour cet échange! xxx

          • merci! cela m’inspire un post d’ailleurs parce que ca n’est pas la première fois que je vois des sujets autour des femmes, ou l’on bascule facilement entre la culpabilité et l’inspiration (sur le corps sportif, les initiatives business féminines…). je vais réfléchir. encore merci!

  • Alors, alors… Je dois avouer que je ne suis pas vraiment fan d’Edwige Antier, alors même que je suis assez d’accord avec le message qu’elle veut faire passer. Je crois que c’est la forme de son discours (en général et pas seulement dans cette interview) qui me dérange. J’ai l’impression que c’est un discours recevable uniquement par des personnes déjà averties.
    Moi aussi la partie « moi, j’ai réussi » me chagrine. Finalement je trouve cela plus culpabilisant qu’autre chose. Mais je reçois ton argument d’exemple. Mais bref, c’est un détail…
    Dans le fond du message, je trouve que c’est dans ton texte que c’est le mieux dit. La fessée et la menace de la fessée, ça ne sert à rien !
    C’est ma sœur qui m’en a fait prendre conscience. Repas de famille. Un de mes beaux-frères nous dit qu’il s’est pris beaucoup de fessées et qu’il n’en était pas mort (la phrase classique). Et ma sœur de lui demander si elles avaient été efficaces. Et bien non !
    Non seulement c’est de la violence, mais c’est de la violence gratuite.

  • Bonjour! Merci pour cet échange précieux. Si je peux apporter une petite idée venue de mon expérience (en tant qu’enfant) : chez nous on faisait des conseils de famille. Pendant un repas toujours, pas de manière régulière mais il était sollicité par les parents ou un des enfants. On y prenait les décisions autour des tâches que chacun doit accomplir, les destinations de vacances, les menus de repas….ect. Avec le recul je me rend compte que cette image d’être tous (3 enfants 2 parents) autour d’une table, au MEME NIVEAU, est hyper puissante. Surtout pour les enfants (qui n’aspirent qu’à ça être reconnu, considéré) et surtout dans une fratrie où on doit trouver sa place….C’est tout ce que j’ai à apporter!
    merci encore MAI

    • merci flore! nous pratiquons aussi le conseil. tantôt à 2 parents, 2 enfants mais aussi à 2 enfants… 1 seul parent! pas mal. c’est toujours moi qui ai le plus à grandir dans l’affaire!

  • Formidable cette itw ! Etonnant l’oubli de cette violence, de cette maltraitance de cette humiliation subie alors que nous étions enfants. Douloureuse, cette reproduction. Douloureux ce repli sur soi et la non mesure du mal que cela a pu nous faire et du mal que l’on a pu faire.
    « Combien de fois dans nos relations faisons nous trébucher. Celui là est doux qui n’est pas source de trébuchement pour son prochain. Celui par qui ce scandale là n’arrive pas. Celui là ne nuit pas, ne blesse pas, il n’est pas emporté par la colère. » Yvan Amar
    La fessée, inacceptable ! Fessée ou pas, les parents peuvent facilement devenir des agresseurs dévoués !
    Oui aller vers la bienveillance ! Arrêter d’avoir une image transmise de générations en générations, une image négative de l’être humain considéré dans sa nature comme fondamentalement mauvais. Stop à la culture de la culpabilité de l’autre. Changer de regard !
    Merci Mai et merci à Edwige Antier et à ceux qui nous font prendre plus conscience.

      • Je suis bien d’accord. L’enfant ne fait pas cette différence ! Et le « je ne suis pas compris, pas respecté » devient très vite « je ne suis pas aimé. » Et les expériences non structurantes en milieu familial laissent des séquelles qui insufflent colères et agressivité. Cette agresivité mine par la suite sa vie d’adulte soit retournée contre lui-même, soit contre les autres. La vulnérabilité de l’enfant n’a pas été prise en compte et c’est sa vie d’adulte qui en pâtit !

      • Et l’évaluation vient très souvent de l’adulte qui considère avoir raison contre l’enfant qui a tort. Et l’enfant rumine cette évaluation et se nourrit de ressentiments envers le ou les parents.
        Voir et tenter de comprendre ce qu’il y a derrière le comportement considérée comme inadapté d’un enfant. En discuter avec lui, sans effectivement le juger.

      • Tout cela peut paraître de la théorie et c’est vrai que dans la pratique, le parent, pour peu qu’il soit fatigué, stressé, est dans la réaction, tout comme l’enfant ! Par rapport au jugement, distinguer les jugements de valeur qui font référence à des besoins, des aspirations (références relatives, internes) et les jugements moralisateurs en référence à des conventions, des règles, des lois (références absolues, externes)

      • Evaluation des actes. Je passe de l’éducation à l’instruction. Comme L.B. je pense aussi que tout est lié. La tâche du professeur est d’évaluer ses élèves ! L’enfant fait difficilement ( j’ai écrit « ne fait pas » ) la différence entre évaluation de ses actes et jugement de ses capacités ! (sans parler de dévalorisation dont parle Léa)
        Mai, tu as l’intelligence de parler juste avec tes enfants intelligents qui peuvent comprendre qu’ils ne sont pas l’objet d’un jugement. Mais combien de parents n’ont pas l’intelligence de faire la distinction ! Alors, quand l’enfant est sensible de surcroit, pour peu qu’elle ne soit pas top … qu’en fait-il de cette évaluation !
        Tout enseignement devrait être une relation entre deux êtres, une relation d’amour, avant d’être une transmission d’informations. Notre avenir est en jeu ; quels adultes pour plus tard ?
        Je reprends la citation très juste mise en avant par L.B. »… une éducation est mauvaise quand seuls y survivent les enfants qui ne sont pas sensibles, et justement n’est bonne que quand même les enfants sensibles y survivent » Et quand la sensibilité s’engouffre dans l’émotion … la capacité de penser sereinement est fortement altérée.

      • « Evaluation des actes »
        Cette expression m’a fait réfléchir. Une évaluation formule des déductions à partir de nos observations. Quand nous mélangeons l’observation d’un comportement et le jugement que nous portons sur lui, notre interlocuteur aura tendance à investir son énergie dans l’autodéfense et la contre-attaque plutôt que dans une compréhension bienveillante de ce que nous vivons. Bien séparer observations et évaluations.
        Dans le cas où l’on considère qu’un enfant ne dit pas la vérité, par exemple, avant de le traiter de menteur, de se dire il ou elle me ment, lui dire, peux-tu m’expliquer une chose, j’ai vu ceci ou entendu ceci et tu me dis cela ou tu me dis avoir entendu cela. Serais-tu d’accord de me dire ce qu’il en est pour toi ?
        Il y a une différence entre ma perception de ce qui est, ce que j’ai vu et/ou entendu (ma vérité) et ce que tu me dis et/ou tu as entendu.
        Mensonge. Une autre vision du mensonge :
        https://www.youtube.com/watch?v=fkWPxQtfAUU
        Pourquoi un être humain dit autre chose que ce qui est … ? L’ignorance !

  • Ahlalala Mai tes post remuent remuent…❤❤
    J écoutais aussi beaucoup Edwige Antier.

    L éducation est une question complexe…nous avons beau lire, nous renseigner ce n est jamais évident.

    Pour ma part c.est avec les deux fils que je me suis posée le plus de questions et me suis remise en question perpetuellment…petits et grands…

    J ai eu la fessée j’ai donné la fessée…j ai eu des cris j’ai crié aussi…et puis un jour Je me suis sentie mais tellement coupable de voir mon ainé pleurer…je me suis revue petite et là…j ai pris.une claque (c est le cas de le dire!!!). Je me souviens de ce que je pensais dans ma tête de môme lorsque je prenais une fessée d autant plus que je me souviens aussi que pour moi je me disais souvent qu’ elles étaient injustifiées « c est pas juste…j ai pas fait exprès… ». Parce que derrière la fessée souvent il y a des cris et il n y a pas d explications…et s il y en a l enfant n entend pas tellement pétri par la.peur la honte l humiliation…la colère aussi. Que du coup la fessée n a servi à rien…simplement a soulager sûrement sur le coup (tellement le parent est en colere) mais pour culpabiliser par la suite…ca n apporte donc rien au shmilblick…

    J ai aussi fait les conseils de famille lorsque il y en avait besoin…chacun donnait son avis…chacun cherchait la solution disait s il était d accord ou pas. Mais j avoue qu’ au départ ce n était pas évident. L éducation et la culture du père de mes enfants et moi même veut que le parent ait toujours raison et qu’ il faut l écouter. Je me souviens que j’ai du batailler avec le père pour qu’ il puisse voir ce que cela allait nous apporter. Tous les problèmes n étaient pas résolus à l instant T. Mais il fallait bien expliquer que le plus important c était la communication…que de toute façon ce qui était dit là allait faire son chemin pour chacun de nous.

    J’ai beaucoup privilègier la parole c était très important pour moi que nos enfants sachent que nous étions là.

    C était important aussi de savoir comment c était passée la journée pour nous tous…parce l humeur du moment allait en découler.
    Je me souviens avoir lu de Françoise Dolto que si on rentrait le soir crèvé il valait mieux le dire que de rester dans le silence. Alors je disais « maman est peu lionne ce soir là…je vais m allonger 10 minutes et ensuite je serais fraîche et dispo « … et ca fonctionnait. Ok en même temps a l époque je pouvais dormir 3minutes et me réveiller sans problèmes…

    Je crois aussi que nous avons tendance à regarder trop en arrière (quand j étais plus jeune moi aussi…) et du coup on ne cherche pas d autres alternatives (c est comme ca et pas autrement).

    Ce qui peut fonctionner avec un enfant ne fonctionnera pas avec un autre de la même fratrie.

    Et puis on a tendance à oublier que les enfants sont des personnes. Je ne vais pas gifler mon voisin si il fait des conneries (pourtant sérieux parfois…ahahah). Alors je me dis qu’ avec les enfants c est pareil…je parle. Même s il y a des « Oui mais… » sans arrêt…ca c était mon fils aîné…ahaha de la patience de la patience.

    Mais avant toutes choses…c est surtout avec l autre parent qu’ il faut se mettre en accord et ca parfois souvent c est pas gagné…😉
    Merci Mai pour cette super interview et merci à Edwige Antier de nous remettre les idées claires sur la fessée et sa violence.
    Mille bises Mai

  • Un petit jeu de rôle que nous faisions avec nos deux filles, elles endossaient notre position de parents tandis que nous endossions leur position d’enfant. Cela leur permettait ainsi, qu’à nous de changer de perspectives, de point de vue et cela se faisait avec humour et permettait de dédramatiser et de voir la façon dont nos filles percevaient nos agissements.

  • Bienveillance mais surtout bien traitance, respecter le trésor qu’est l’enfant dans sa différence.
    « Aimer sans dévorer » ( et aimer sans se laisser dévorer) le titre d’un livre formidable de Lytta Basset.
    cf aussi bien sûr Khalil Gibran. Vos enfants ne sont pas vos enfants …

  • Merci pour cette video qui m’a permis de me rappeler le chemin parouru, de mon cote, dans la maniere d’accompagner mes enfants (5 et 2 ans) dans leur developpement. Dans notre maison pas de chatiments corporels ni de punitions, on n’envoie pas les enfants au coin ou dans leur chambre. Comme l’a dit L.B. plus haut, il n’y a pas d’enfants chiants ou mechants de maniere inee. J’ai suivi une formation (circle of security) proposee aux parents desireux d’adopter une education plus bienveillante vis a vis de leurs enfants, et j’y ai appris entre autre que si un de mes enfant est colerique, difficile ou je ne sais quoi encore, c’est que un de ses besoins fondamentaux n’a pas ete comble (besoin de reconfort, protection, aide etc.) ou qu’il est depasse par ses propres emotions (il a peur, est triste, est en colere). Hier encore ma petite de 2 ans m’a mordue (1ere fois!) parce que j’ai refuse de lui lire le meme livre pour la cinquieme fois. Elle a vu mon visage choque et s’est aussitot mise a pleurer. Si ca avait ete moi enfant j’aurais surement recu une claque!! Pourquoi envoyer un enfant au coin ou utiliser la violence lorsqu’il essaie d’exprimer ce qu’il ressent, ici de la frustration car je ne fais pas ce qu’elle veut de moi? Quel genre de message on envoie aux enfants, que c’est pas OK d’etre en colere, qu’on n’a pas le droit d’etre frustre? Je le sais car j’ai ete eduquee comme cela et c’est seulement depuis peu de temps que je me refamiliarise avec des emotions que j’aurais considerees « negatives » avant. J’apprends a mes enfants a etre confortables avec toutes leurs emotions pour pouvoir apprendre a mieux y repondre par la suite. Pour moi c’est primordial losqu’il y a un conflit a la maison (surtout entre mes 2 petites) de revenir aux emotions. « Qu’est ce qu’il se passe? Pourquoi as tu pousse ta soeur, comment tu te sentais? Qu’est ce que tu peux faire la prochaine fois? ». Je me remets egalement en question et m’excuse si j’ai rate quelque chose, si elle avait besoin de moi et que je n’etais pas disponible. C’est pas facile au depart, il faut etre attentif a tout, ce qui permet de desamorcer un conflit avant qu’il eclate. Parfois ca pete quand meme et c’est ok, on n’est pas des machines!!!Mais apres maintenant 2 ans de pratique, ca devient inne et ca en vaut la chandelle, ma fille de 5 ans a une intelligence emotionnelle hors du commun 😉

    • merci pour ton temoignage jess! je pense que ca donne plein d’idées aux parents qui nous lisent et se posent la question « bah on fait quoi maintenant? » ! on a tous intérêt à échanger!

    • Bonjour Jess, peut-être connaissez-vous la communication non violente élaborée par Marshall Rosenberg ? Une approche visant à améliorer une meilleure qualité de connexion avec soi-même et donc avec les autres. Pas toujours facile de mettre en pratique, mais une méthode qui permet de mieux s’écouter et mieux comprendre l’autre.

  • merci encore une fois pour cette vidéo ! j’ai toujours voulu avoir cette conversion avec ma pédiatre (qui est pourtant un médécin très à l’écoute) mais j’ai jamais osé lui parlé parentalité, de peur de passer pour une mère à l’ouest, qui ne s’est pas élevée sa famille. Au quotidien, j’essaie d’appliquer ces règles d’écoute, mais parfois nos enfants nous testent tellement qu’il est difficile de garder son self control 🙂 en tout cas merci merci merci pour ces vidéos et ce que tu as fait de ce blog … un de tes nombreux talents c’est de savoir faire parler les gens, leur donner confiance pour qu’ils se livrent.

    • merci liloo, au contraire n’hésite pas à parler de tes difficultés. on galère tous, on se pause tous des questions! et si ta pédiatre te juge… et bien il faut en changer! bonne route!

  • Sujet super intéressant sur le rôle de parent, une pédagogie éducative qui devrait être entendu par les enseignants également.
    À 25 ans, je finis mon école avec l’impression d’avoir été dévalorisée par le système scolaire depuis très longtemps. Avec beaucoup de mes camarades, il revient souvent cette conversation  » comment avons nous pu supporter des professeurs qui nous dévalorise, que s’est il passé pour qu’on sorte de l’école avec zéro confiance en nous et que l’on pense n’avoir aucune valeur sur le marché du travail par la suite, aucune compétence à apporter? »…

    Nous nous remettons en question bien sûr, nous sommes également maître de notre vie et de nos formations mais les réflexions , les défauts pointés du doigt, le « formatage » du : c’est comme ça qu’on doit faire… ont brisé beaucoup de nos initiatives, de nos envies et de nos motivations.

    Beaucoup de nos professeurs apparaissent comme un frein à nos projets, alors on ne va plus les voir parce qu’on sait qu’il nous diront « non tu peux pas le faire », « tu n’as pas les capacités »… et d’autre remarque encore. Heureusement d’autre professeurs sont là et nous répondent « vas y assis toi, explique ton projet, on va voir ce qu’on peut faire, c’est bien , belle initiative, belle idée, essayons, faisons le »…

    Oui l’écoute de l’élève (quelque soit sont âge) est importante, il se refaire à un adulte qu’il respecte, qu’il prend au sérieux dont il attend le même respect, un apport de ressource pour apprendre et grandir.

    Nous ne sommes pas leur enfant bien sûr, mais ils sont là pour aimer leurs élèves, leur transmettre, leur apprendre et non se placer comme un tout puissant qui a l’autorité et cherche un respect par la peur, la dévalorisation de l’élève.

    La bienveillance, quel beau terme que j’aimerais rappeler à de nombreux professeurs! Et j’aimerais en remercier beaucoup aussi bien sûr !

    • tu as tellement raison! l’amie prof dont je parle dans le post dédié tout son temps à la valorisation de ses élèves et est parfois choquée par les réactions et fonctionnements de ses collègues. c’est une culture entière à changer. ca paraît beaucoup et en même temps qd je vois que nous en sommes à dialoguer sur le sujet, et comme cela n’était même pas envisageable il y a 15ans, je me dis qu’on avance et que nous avons tous un rôle à jouer… allez à fond les ballons!!!!!

  • La dévalorisation du système scolaire dont parle Léa, j’ai connu cela jusqu’à ce que notre mère nous inscrive dans une école Steiner. Plus de notes, un autre rythme, de l’eurythmie, des cours de musique, de peinture et des travaux manuels (bois et tricot pour les filles comme pour les garçons), en plus des matières principales enseignées par périodes. L’enseignement des langues dès le plus jeune âge. Des rapports réguliers entre professeurs et parents. Un grand respect pour la singularité de chaque élève. Pas de devoirs en rentrant de l’école. J’étais heureux d’aller à l’école après avoir bien souffert au sein de l’enseignement classique. Cela a été une libération ! Et pas du tout le côté secte comme cela a été dit, il y a peu de temps, après la nomination de Françoise Nyssen comme ministre de la culture.
    Pas la panacée, cette pédagogie, et il y en a d’autres, mais une belle ouverture vers le monde, sans formatage. Mon frère, par exemple, a fait le tour de France avec les compagnons du devoir, suite à sa scolarité, et est maintenant un chef d’entreprise épanoui.

  • Totalement d’accord avec ce qui es dit dans cette vidéo mais je pense que le parent n’est pas responsable de ses horaires et conditions de travail, comme l’enseignant n’est pas responsable des conditions d’accueil de 26 petits enfants dans une classe conçue pour 18 élèves. Le gouvernement et le monde du travail ont leur part de responsabilité aussi: ce n’est pas normal de devoir mettre son enfant en garderie à 7 heures du matin, mais voilà, en France , on commence les journées de travail très tôt et on finit tard aussi ( les femmes célibataires précarisées sont  » au travail 8 heures  » alors qu’elles ne travaillent effectivement que 4 heures ( télétravail ou restauration avec des pauses de 3 ou 4 heures parfois). Dans les écoles, entasser jusqu’à 35 enfants dans des anciens bâtiments , c’est de la torture. Les enfants ne peuvent même plus se déplacer dans les classes, on ne peut pas faire de peinture sur les chevalets ( prennent trop de place) et le bruit ambiant génère du stress. Dans les pays du Nord, c’est toute la société qui s’est  » rééduquée » , le bien -être est pensé pour tous . La bienveillance éducative individuelle ne suffit pas quand les conditions matérielles de son déploiement dynamique à grande échelle ne sont pas assurées. J’ai été dans une école Freinet et bien les enseignante ont des classes surchargées ( forte demande) et elles ne peuvent pas mettre réellement en pratique cette pédagogie car les classes sont trop petites! La bienveillance a un coût que la société doit supporter.

    • tellement! les institutions et la société de manière générale ne prend pas acte de ses responsabilités. j’ai d’ailleurs quitté le monde de l’entreprise lorsque j’ai compris que je ne pourrais jamais concilier la vie de bureau et le fait d’élever mes enfants. j’ai eu bcp de chance de pouvoir y arriver! merci pour ton com sam

  • Je voudrais rajouter que l’étude du soir , tellement regrettée par les parents est une aberration quand il n’y a pas au moins 2 adultes pour 10 enfants . car les enseignants sont  » forcés » car les parents qui paient cette étude ( car ils rentrent tard) à donner des devoirs écrits ( alors qu’ils sont interdits depuis plus de 50 ans) . Faire trimer un enfant seul à son pupitre une heure de plus ne sert à rien à part le fatiguer encore plus. deux adultes pour travailler par le jeu par contre , c’est peut-être plus intéressant pour l’enfant et plus efficace ( apprendre autrement, travailler la confiance en soi, la relation à l’autre, mémoriser en favorisant différents canaux ( visuels, auditifs,  » manuels »…). Mais encore une fois, c’est plus cher pour les mairies abandonnées par l’Etat…

    • Deux commentaires pour rappeler que les parents et les éducateurs ne sont pas vraiment aidés par la façon dont notre société est organisée et par les valeurs qu’elle véhicule ( mérite, recours à la force , compétitivité et compétition…) . Cela n’excuse pas la fessée mais ça relativise un peu la comparaison avec ce qui se passe ailleurs ( les résultats scolaires et le bien -être des enfants ne dépendent pas que de la fessée mais aussi des coupes budgétaires et la fessée arrive aussi parce que le gamin est énervé par une longue journée d’école et le parent fatigué par une longue journée ( parfois humiliante et souvent stressante , alors l’irrespect et le bruit deviennent insupportables) de travail…).

      • la société de manière générale passe totalement à côté du bien-être de ses citoyens. bah evidemment puisque l’important, c’est la croissance! mais je ne désespère pas que l’on en vienne à bout. pour répondre plus directement, tu as raison sur le fait qu’un parent épuisé par sa journée de boulot a souvent moins de patience pour ses enfants (chiants par leur prore journée), mais je constaté tout de même qu’à journées égales, le fait de prendre différemment le retour à la maison me permet de ne plus faire subir cette fatigue à mes momes. et les enfants sont d’autant plus chiants qu’ils sont angoissés par… la fatigue du parent. c’est empirique hein. et, tout de même, c’est au parent de donner le la. pas l’enfant. enfin je crois qu’on est d’accord, non? plein de bises et merci pour ces com!

  • Bonjour Sam, « les résultats scolaires et le bien-être des enfants ne dépendent pas que de la fessée … » Je ne vois pas le rapport entre résultats scolaires, bien-être et fessée.

  • Je rebondis juste sur la réflexion faite dans cette vidéo sur le lien entre interdiction de la fessée et châtiments et violence et épanouissement total dont scolaire ( 9 min 42) . Cette réflexion ne vient pas de moi…

  • Bonjour Mai,
    merci 1000 fois pour ce blog merveilleux !
    Cependant, cette femme tient, sous couvert de propos scientifiques, un position franchement homophobe…. Evidemment le travail d’une vie ne peut pas se réduire à cela, mais une petite mention qui soulignerait de façon neutre que le blog ne souhaite pas soutenir ce genre de message serait le bienvenu.
    merci encore pour ton travail, ta recherche et ta créativité, j’ai également adoré tes cours l’IFM
    Belle soirée

    Maya

    • bonjour maya! edwige a évolué et reçoit, et le dit dans la vidéo beaucoup de familles homoparentales pour les aider, comme toute autre. elle les soutient et dit qu’ils ont leur propre alchimie « c’est pareil » dit elle, non?. il faut que je me replonge dans ses déclarations. a l’époque oui je me souviens qu’elle disait qu’il fallait un papa et une maman (si je me souviens bien). ce qu’elle dit (ou disait) d’une part n’empêcherait d’ailleurs pas ce qu’elle fait. mais une action qui accueille et aide les familles homoparentales, comme les autres, ne peut être une action homophobe. si?

  • « … il me semble que le bon comportement d’un adulte face à un bebe, est justement, dès aujourd’hui, de se comporter comme s’il comprenait tout, et qu’il s’en souviendrait toute sa vie. Et de les écouter attentivement en considerant que leurs gestes, leurs cris, leurs mimiques, répondent sérieusement à tous les messages des adultes environnants, qui ne savent pas, souvent, leur prêter attention. Bien des enfances seraient grandement améliorées par cette simple précaution. Bien des maladies mentales, bien des malheurs seraient évitées, bien des formes de « neurodiversite » seraient mieux comprises si on prenait au sérieux ce que disent les très jeunes enfants.
    D’autant plus que, pour moi, telle est la réalité: les nouveau-nés sont porteurs de trésors de sagesse, qu’il faut écouter.
    Pour ma part, j’aime même à penser, en m’émerveillant des réflexions très profondes de très jeunes enfants, qu’ils ne sortent pas d’une amnésie infantile. Mais qu’au contraire, que ce qu’ils nous disent sont en fait les dernières paroles de sagesse dont ils se souviennent de leurs vies antérieures, qui les abandonnent peu a peu pendant les premières années de leur nouvelles vies. Donc non pas une « amnésie infantile » mais une » amnesie de renaissance », dans laquelle la prime enfance serait le moment du passage d’un grand âge à l’enfance, de l’ultime oubli d’une vie antérieure,
    Fantaisie ? Peut être. En tout cas l’humanité aurait tout à gagner à se conduire comme si les nouveau-nés avaient à nous transmettre les plus beaux trésors du passé. Cela serait le meilleur garant de la survie des civilisations. » J Attali
    J’aime à penser cela aussi ! Une pensée nourrie par mon observation. Aucune preuve cependant !
    La passation d’un illustre lama à un autre, l’observation de reconnaissances ; des preuves ?
    http://blogs.lexpress.fr/attali/2017/07/10/se-souvenir-de-tout/

  • Bonjour,
    des mois après je découvre…
    je suis aussi maman et je me heurte souvent à un mur en face de mon presque ado. difficile de trouver les mots qui arriver à une compréhension mutuelle. Mais ce n’est pas pour cela que je commente. Il y a quelques années nous habitions aux Etats-Unis, et lors de l’entrée à l’école, les parents, et les enfants, ont eu droit à un cours sur la violence, et la résolution de conflit. Belle idée, cela ne prend qu’une heure ou deux, et c’est quand même bien utile. et je voudrais partager l’image utilisée qui reste dans mon esprit et que j’ai trouvée géniale, tellement simple. Pour faire comprendre au gens que blesser ce n’est pas anodin, ils ont découpé une personne dans une feuille de papier, une personne entière heureuse, complète. Ils ont dit quand on blesse quelqu’un, c’est comme si on lui déchirait une jambe, et ils ont déchiré la jambe. Après on est désolé, on s’excuse, alors on recolle la jambe avec du scotch, mais la personne n’est jamais tout à fait identique à ce qu’elle était avant. Ce n’est jamais anodin de blesser quelqu’un (physiquement ou moralement). Rien que ce petit cours en début d’année scolaire, pour les enfants et pour les parents, quelques minutes dans les réunions de début d’année, ce serait fantastique non ?

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