Les Rivières

vont à la mer

ça fait longtemps que je ne vous ai pas parlé des Rivières. merci de votre bienveillance, de votre attente délicate. car… rien ne se passe comme je l’envisageais. j’ai mis le doigt sur quelque chose de plus complexe, qui me demande plus de temps, plus d’intégration. qui a son propre rythme. son flow… et je ne peux faire autrement que de le respecter.

l’été dernier, je pensais que c’était fini, je pensais qu’il ne restait qu’à fignoler, et 2 semaines avant la « fin », j’ai regardé l’écran et ai dit au monteur « ça va pas si? » on a arrêté dans l’heure, totalement sur les rotules mais assez sûrs de notre fait : non ça n’allait pas. il m’a fallu attendre, oublier mes images, me recentrer, ne pas « vouloir » quoique ce soit. pffff, c’est pas ce que je sais faire de mieux. 6 mois de jachère, et voilà, ça revient.

avec moi, il y a toujours ce petit conte trouvé dans le bouquin Silence de Osho. c’est l’histoire d’une rivière. qui coule vers son destin. la mer.

mais un jour elle arrive devant un désert. elle tente de passer. par devant, puis par les côtés. mais rien n’y fait. elle s’épuise petit à petit. et personne ne sait ce qui lui est arrivé.

on lui souhaite simplement d’avoir accepté sa mort. parce que dans la mort il y a aussi une libération. et donc une possible renaissance. on lui souhaite d’avoir compris que parfois il ne faut pas lutter, ne plus perdre de temps, de ne plus perdre une goutte et préférer l’évaporation au tarissement.

rivière, meurs. accepte de devenir nuage. et peut être. peut être. pourras tu rejoindre la mer. je ne te souhaite que ça!

Il y a 10 mois / Bouche 43 commentaire(s)

43 commentaire(s)

  • Même si tes Rivières s’appellent les Ruisseaux, les Marées, les Robinets, les Mers, les Torrents, les Nuées, je les aimerai 🙂

    Silence, c’est le titre du livre d’Osho? Je ne l’ai pas trouvé sur le net. Merci pour la découverte de ce petit conte pas si petit!

  • Elle me rappelle une discussion l’été dernier avec une commerçante bientôt à la retraite, ce genre de discussion qui se prolonge, bifurque vers l’inattendu, à partir de petits tableautins sur bois vendus 2 euros sur le pas de la porte avant de fermer boutique.
    On parle de l’actualité (sombre, tragique) qui donne tous les motifs de désespérer, de son passé pas facile, des jeunes de « maintenant », des curés, de leurs messes, des cloches qu’elle trouve tristes (« alors que l’autre jour, je sais pas si vous avez fait attention, me dit-elle, même les cloches de l’église étaient JOYEUSES! Vous voyez ce que je veux dire? »). Et face à la tentation du désespoir, du pessimisme ambiant, elle me dit: « Non mais moi je réponds aux gens: c’est juste du vivant. Juste du vivant. »
    Si j’ai l’occasion, je lui raconterai l’histoire de la rivière d’Osho (elle la connaît peut-être).

    • hihihi! oui raconte lui et dis nous! je sais pas si tu te souviens de mem, que j’avais filmé l’année dernière. on parlait de pêcher et il me disait que ce pouvait etre un pêcher de cesser d’espérer! allez allez le vivant! bise

  • Je lis …et je pense à l’Okavango qui finit sa course dans le Kalahari, en diffusant au passage une profusion de diversité et de vie dans ce désert : l’océan n’est pour lui ni une finalité, ni même une option. Nul n’est obligé de suivre la voie classique !
    Merci Mai

  • Chere Mai
    Le plus important dans l art comme dans la vie c est le chemin😘
    La creation a sa propre temporalite, qui ne peut etre ni forcee, ni dejouee.
    Je trouve qu il y a beaucoup d honnetete et d’ humilite dans ton partage…merci parce que c’est rare et que ce n’est pas si facile.

    Et pour ma part, « donner c’est donner… » Aussi parce que « donner c’est recevoir » et c’est fou tout ce que tu nous donnes ici, et moi je me sens vraiment chanceuse de la beaute que tu partages.

    ….par analogie le lit de la riviere, c’est la couche horizontale de la matière.
    Les sediments et les lineaments
    Le depot sur lequel tu es assise, et les premiers traits de ce qui est encore a venir.

    Quoiqu’il arrive, quelle que soit l’histoire, je crois en toi, et pour ce soir cette pensee suffit a mon bonheur.🌟
    😘

  • Prends le temps qu’il te faut, chère Mai, pour te transformer, t’arrêter, te ressourcer, t’inspirer, avancer, t’arrêter, tout tenter et tout jeter, intégrer, changer, abandonner, te métamorphoser, mourir, renaître, trouver quelque chose de plus beau, te transcender…
    Je t’envoie toutes mes pensées les plus douces et joyeuses (de cette lumière intérieure inextinguible même dans les moments les plus sombres). Ma contribution à ton film est toujours valable, même si Les Rivières ne voyaient jamais le jour je ne regrette pas mon don (je ne voudrais pas être remboursée!), car c’est en ton potentiel, en ta lumière et en ton talent que je crois et que j’ai choisi de soutenir symboliquement, et pas uniquement un projet aussi génial soit-il. La vie est pleine d’imprévus, et c’est ça qui la rend si magique et passionnante! Certes elle peut être rude parfois, mais elle est si fascinante!
    Fais ton chemin en toute sérénité Mai, sache que d’autres rivières résonnent avec toi <3

  • Maître, confronté au désert, que fais tu pour l’éviter ?
    Le Maitre ouvrit les bras, inspira profondément et dit avec un large sourire :  » Ça. »
    Le disciple dit : « Lorsqu’il y a un désert, comment l’éviter ?
    – Le désert n’existe pas. »
    Le terme même lui donne une existence; la conscience d’un désert crée le désert.
    Au fond, lorsque nous nous retrouvons dans une situation qui nous paraît catastrophique, nous devrions nous rendre compte que ce qui nous arrive n’est pas horrible.
    Comme le Maître, nous pourrions dire c’est  » ça « . Chaque chose qui nous arrive est comme une merveille. Nous sommes au milieu de la rivière et c’est  » ça « . Nous ne devons pas l’appeler désastre / désert. Nous devons l’appeler la vie avec ses contradictions, ses crises et ses multiples facettes. Au milieu de ce que l’on appelle désastre / désert, nous sommes dans  » ça « .
    Avec un tel état d’esprit, on n’évite pas la vie et ses coups durs. Au contraire on se met au centre de la catastrophe. On fait face à l’évènement, on dit ce n’est pas ça, ça ne va pas ! Et dans  » ce n’est pas ça, ça ne va pas  » il y a c’est  » ça  » ! et on le vit ! A ce moment là, le désert / désastre n’existe plus. Il ne reste que la vie avec tout ce qu’elle nous apporte d’évitable et d’inévitable. Tout est mêlé.
    Quand le Maître répond c’est  » ça « , il ne donne pas de conseil intellectuel. il montre aussi que si l’on doit parler de désert / désastre, il n’en existe qu’un : le disciple et ses questions intellectuelles.
    Il est difficile de parler aux gens de détachement car, en général, ils sont très attachés et ils ne peuvent pas se libérer. Un mystique ( je pense à Mem !) est justement quelqu’un qui sait se libérer de ses attaches. Comme un bateau qui a navigué sur les rivières et qui vient s’ancrer dans un port, il s’attache, mais dès qu’il quitte le port, il lâche les liens qui le retiennent au quai.
    J’en ai connu des désastres / déserts, j’en connaitrai d’autres. Je sais maintenant que c’étaient et que ce seront des  » c’est ça  » !
    Merci à Jodorowsky qui m’a inspiré ce texte que j’ai le bonheur d’écrire pour toi, Mai.

      • Parfois difficile de se dire simplement, « c’est ça » de respecter le rythme de la vie, d’attendre que certaines choses en soi se décantent pour les voir « mourir », de s’écouter, de ne pas se mentir, de ne pas mentir aux autres, de se mettre en jachère, de respecter que l’eau devienne moins trouble afin qu’elle laisse place à plus de clarté, de pureté. Le lotus et la vase !
        Le chemin passe par là, quand on ne voit pas d’autres chemins. Bon courage, bonne patience, Mai.

  • J’avais été interpellée par cette phrase de Truc-Anh « je cherche des choses mais je n’ai aucune déception à ne rien trouver »… cela semble absolument juste et approprié ici et maintenant….
    « L’important c’est le chemin » dans la démarche artistique c’est tellement vrai… et le temps que ça prends, on s’en fou… prends ton temps, explore et laisse toi faire par le chemin (la rivière) 😊

  • De tout ♥ avec toi, en total soutien ♥ qu’importe le temps qu’il te faudra, et même s’il te faut une nouvelle levée de fonds, je serai là, car tes histoires sont belles car profondément humaines ♥

    PS : j’ai fini cette semaine les 8 séances du programme MBSR, j’ai eu une pensée pour toi, car c’est un peu grâce à toi que je m’étais questionnée sur le sujet 😉 ces rencontres du jeudi soir étaient douces, malgré parfois la tourmente que ça pouvait provoquer à l’intérieur. J’avais très peur du groupe au début (je suis plutôt timide et réservée), nous avons fini en se disant qu’il fallait qu’on se programme un repas tous ensemble ♥ belles rencontres de bienveillance, et une porte qui s’ouvre pour la vie !! Je suis un petit scarabée, j’ai bien conscience (ah ah ah) de ne pas jouer au max de mon potentiel, mais c’est pas grave, j’y vais doucement, mais sûrement, à la rencontre avec moi-même (m’aime 😉 ) ♥

  • Ben… Je peux pas m’empêcher d’être un peu déçue malgré le fait que je comprenne et que je trouve ça courageux de ta part de nous l’écrire.
    J’attendais trop ce film! Parce que j’aime énormément les vidéos que tu fais, je trouve vraiment que t’es super forte pour ça. Et du coup je me faisais une joie de voir une version « longue » de ton travail, chouette encore plus de plaisir!
    Mais bon je vois bien qu’en ce moment tu continues d’explorer tes rivières mais d’une autre manière 🙂
    Je ne perd pas espoir quand au fait que tu finira par faire un film !
    Bonne exploration grande Mai 💚

    • merci virginie! oui moi aussi je suis déçue, déçue de la lenteur du projet, déçue de décevoir. mais heureuse de pouvoir être honnête, heureuse aussi de voir comme cette lenteur me guide et me fait accéder à des choses insoupçonnées. le film sera bientôt la… ❤️

  • Les méandres de la vie nous mènent vers d’autres rivières que celle que nous pensions aborder. Quoiqu’il arrive, la mer est toujours là, patiente, perpétuelle.
    Les rivières tarissent, parfois. Le vent et les nuages leur redonnent vie, souvent.
    Le désert vit aussi. Il fut un temps, il était mer.
    Je relis ton post après avoir vu cet extrait du dernier film sur Goldsworthy: https://youtu.be/F3fNmU1aDlw
    Je cours le voir!
    Que le vent te porte et te mène là où tu espères,Mai!

  • En même temps, j’ai envie de te dire NORMAL, tu te lances dans un projet de fou, qui demande énormément de travail et qui, même s’il te motive, te demande des choses complètement nouvelles. En plus, les rivières, c’est toi, ta famille, quand on met de soi tout est toujours plus dur je crois. Je trouve ça sain que ce ça ne se passe pas comme prévu, l’inverse serait étonnant! A voir où ça te mènera, mais je suis sûre que ce genre d’expérience ne peut être que positive !

  • Giletboules et Tricotlere sans doute ! je suis consterné par votre réaction. Le processus de création n’est pas un long fleuve tranquille. Vos mots n’ont aucun respect pour Mai et pour les putains, comme vous dites !

  • Waouh, les larmes me viennent aux yeux en lisant ce petit conte (la rivière qui renaît ? 🙂 ) Bravo pour ton authenticité et ta sincérité. Je te suis depuis des années en faisant partie des lectrices silencieuses et tu fais partie des rares blog que j’ai toujours plaisir à lire, justement grâce à tes beaux traits de caractère ! Bref, tout ça pour dire que tu m’as donnée une envie en te lisant aujourd’hui : noter les citations et les contes qui me touchent dans un carnet. Celui-ci sera le premier 🙂
    Je ne m’inquiète pas pour toi car je sais que tu trouveras le chemin, quel qu’il soit, qui mènera à ton épanouissement, même s’il traverse un désert !

  • Cette rivière dans l’histoire, eut-être qu’elle attend patiemment sous terre, qu’elle creuse la roche petit à petit . Elle jaillira peut-être plus loin, dans quelques temps…Ou pas, et c ‘est pas grave : mais comme tu dis: l’eau fait partie d’un cycle, elle est toujours en mouvement, même quand on ne la voit pas, elle est là et poursuit son voyage , sous différentes formes , toutes aussi importantes les unes que les autres . Je suis sûre que l’eau des Rivières viendra bientôt à nous sous la forme d’une fine pluie poétique ou dans sa forme finale si le cycle en a décidé ainsi .
    Il ma fait sourire ton titre :  » les rivières vont à la mer », je me suis souvenue de l’année où tu avais présenté le projet, et du lien entre ta maman et sa mère ( année très difficile pour elle) , entre ta mère et toi , et entre toi et ta fille. Les rivières vont à la mère…

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