the Hill Within

Retour du Népal (Part. 2)

Photo Sian O’Gorman

chaque nuit, je rêve de la colline. chaque nuit, je pars revivre un bout de cette expérience invraisemblable.

les gens qui arrivent là-haut, arrivent avec des intentions qui leurs sont propres. nous avons tous déjà cheminé depuis un bon bout de temps, depuis la décision de venir finalement. l’année dernière m’avait permis de laisser le poids du passé derrière moi. cette année était beaucoup plus prospective. j’avais 3 questions principales « qui suis je? » « de quel lieu (intérieur) je crée? » « où est la femme en moi? »

Photo Sian O’Gorman

je ne suis pas quelqu’un de torturée. j’adore la vie, mais en faisant ce que je fais, et en étant qui je suis (du moins ce que j’en sais), je trouve sain de me poser ces questions. ou plutôt, je ne sais pas faire autrement que de me les poser régulièrement : « est ce que je me sens bien? pourquoi je fais ça? pour plaire? pour montrer ce que je sais? parce que c’est utile? parce que je le peux? parce que j’aime? faut il une raison? » parfois il n’y pas de question à se poser : je suis comme debout sur la tête d’un dragon et qu’il soit à l’arrêt ou en plein vol, je fais confiance en son « flow ».

parfois au contraire, je dérive. je me décentre. mes peurs, mes programmations, et bien sûr mon ego, foutent le bordel (je vous parle bientôt de nos auto-saboteurs). il y a plusieurs « moi-s » qui débattent, qui se battent. plus j’avance et plus je les reconnais, ce qui me permet de passer outre de plus en plus vite. « pffff encore toi? merci pour l’info! allez salut! »

alors au delà des expériences indescriptibles vécues là-bas, j’ai surtout trouvé une réponse dans les humains qui m’entouraient. la plus belle des réponses.

Photo Sian O’Gorman

il y en a eu 3 en fait.

la première avec notre sage (je vais l’appeler comme ça) : je viens le voir :

« j’ai l’impression d’être arrogante, de demander trop, de ne pas être à ma place si je fais ça.

– de qui sont ces voix? » (j’avais écrit « ses »).

– j’imagine qu’il s’agit de xxx

– tu vois, elles ne sont donc pas de toi :

ce ne sont que des pensées. ne leur donne… rien. rien et puis c’est tout! »

ca m’a bien détendue!

Photo Sian O’Gorman

la seconde m’est apparue dans cette 3e nuit seule en Vision Quest; pour ceux et celles qui arrivent, nous sommes en isolement pendant 4 jours et 4 nuits, avec juste de l’eau, un sac de couchage et une tente bâche pour nous protéger de la pluie, ou même comme cette année de la grêle!

la faim et la solitude vous font passer de drôles de moments. pendant 2 jours et 3 nuits, je n’arrêtais de produire des pensées et des dialogues imaginaires obsessionnels. c’était insupportable. lorsque dans la 3e nuit, où je dormais si peu, j’ai fait ce rêve… « n’oublie pas la beauté ». alors, le visage de X m’est apparu, puis Y, puis, Z, puis tout le cercle.

Photo Sian O’Gorman

X par exemple, c’est notre homme des bois. en arrivant sur la colline nue, il est monté dans un arbre, nous a demandé de lui amener des longs troncs de bambous. de la corde et en 2h nous avions construit le plus bel abris du monde. pour 33 personnes. imaginez vous? Y lui avait une éloquence incroyable, il connait les vieux contes ancestraux qui se transmettent dans une tradition orale presque rompue, il  connait  l’âme des hommes et des esprits,  Z connait la médecine des lianes, la douceur et la puissance des plantes, une autre personne encore est douée d’une voix que l’on croirait sortie d’un songe etc, etc, etc, je ne sais rien de tout ça. je ne « suis » rien de tout ça. mais je ressentais une gratitude infinie de voir ma vie étendue (« expanded »), monter au ciel grâce à « eux », et à notre connexion.

Photo Sian O’Gorman

ce qu’ils m’ont enseigné n’est pas de devenir comme eux, je ne saurai jamais monter dans les arbres et construire des yurt géantes, parler comme dans des livres merveilleux, chanter comme un ange, non ce qu’ils m’ont enseigné est qu’ils ne font qu’un avec leur don, que leur beauté est à la fois eux-mêmes et l’extension qu’ils apportent à autrui. que ce qu’ils partagent ne se fait pas d’un lieu d’égo, d’expertise, pas dans une volonté de montrer que, pas dans un besoin de prouver que, non ils étendent mon existence juste en étant… eux-mêmes, dans toute leur humanité rayonnante, dans une puissance saine, avec toute leur histoire mais sans plus d’effort. sans justification non plus. avec tout l’amour qu’ils sont, ont et font.

Photo Sian O’Gorman

il y a des slogans que l’on porte sur des T-Shirts, des « be who you are », des « love yourself » « give your gift to the world » etc et je ne suis pas contre, mais seules certaines expériences vous font toucher et comprendre ces vérités si merveilleuses.

j’ai pensé à Mem et aux joyaux de nos coeurs, que nous devons découvrir, j’ai pensé à « owning your own shadow » où Robert A. Johnson nous dit qu’il est bien plus dur de reconnaitre son génie intérieur que les squelettes à sortir du placard. et voilà,

j’ai vu à quel point il m’est aussi facile de voir la beauté en l’autre, que difficile de reconnaitre la mienne.

et c’est ainsi que j’ai du coup vu… ma beauté! j’ai de la poésie, de la joie, une capacité à communiquer, à transmettre. donc voilà la réponse à ma question « qui je suis et d’où je crée? » et bien voilà : je suis moi comme un lieu d’où « ça » créée. moi comme étant ma propre colline… de ce lieu, l’esprit cesse de penser, les choses meurent et se créent d’elles mêmes, l’amour est abondant et « sain » . je ne cherche plus rien. j’y suis. a ce moment précis. et puis c’est tout.

Photo Sian O’Gorman

en rentrant, j’ai eu une 3e réponse. et bien sûr c’est Jerry qui me l’a donnée. Je regardais mon homme et toutes ces 32 autres personnes si transformées, si rayonnantes grâce à toute cette expérience qu’il avait imaginée et mise en oeuvre. toutes ces personnes qui répétaient encore et encore comme il leur est impossible de décrire ce qu’ils venaient de vivre, comme ils « aiment » : je lui dis

« tu dois être tellement fier!

– non, je ne ressens pas vraiment de fierté. ce serait plutôt… de la gratitude. »

oui sur cette colline intérieure, seul.e avec vous-même, il y a de la gratitude aussi, à juste être qui vous deviez être. j’espère que ces mots peuvent vous accompagner sur votre chemin, vers votre colline à vous.

un immense merci à Sian pour ces photos sublimes!

big big love to you all!

Photo Sian O’Gorman

Il y a 7 mois / Bouche 20 commentaire(s)

20 commentaire(s)

  • Tu vois, je dois m’inscrire à une fomration qui débute en Octobre … J’ai le dossierd’inscription depuis Février et je freine. Je regarde ailleurs alors que je sais que j’ai trouvé l’école avec la philosophie qu’il me faut, mais je me cherche des excuses. J’attends en me disant que peut-être il n’y aura plus de place et puis, ce sera comme ça. J’ai peur. C’est assez dingue d’avoir peur de « réussir » nan ?
    Je lis ton post et je me dis que je dois réaliser le rêve que je porte, j’ai bien trop peur des remords. Alors. M E R C I ! Et encore merci d’insuffler ce petit coup de pied aux fesses 🙂
    Love sur ta face <3

    • fran! ah ces auto-saboteurs, qu’ils font chier! en même temps les reconnaître est une chose si précieuse. l’ignorance de soi est le pire de nos ennemis. allez tu n’attends plus. tu ne lui donne plus rien à celui la et zouh tu t’inscris NOW. belle route

  • La chose que je retiens de ton récit, c’est cette question « Qui suis-je ? ».
    Parce que ça me rassure que toi, avec ton parcours, toutes tes explorations, tu poses encore cette question. Cette question, quand je me la pose à moi-même me laisse profondément perplexe, parce que je ne sais pas qui je suis en dehors de ces liens qui me lient aux autres. Alors, ça me rassure que ce soit aussi une de tes grandes questions, et on peut se dire aussi qu’on n’est pas fait de granit, pas immuables, et c’est justement ça qui est intéressant.
    Magnifiques photos, en effet.
    ^^

    • sabrina! le « je » est une valeur dynamique qui meurt et naît à chaque instant. qd la reconnection arrive, la question ne se pose plus, et surtout, elle ne se verbalise pas. ça passe par le corps, des actions. ça n’est jamais cérébral. je ne pense pas. allez belle exploration!

  • Ah Mai toutes ces transmissions…parce que c est bien de cela dont tu parles ? Des gens qui savent conter, des gens qui connaissent les plantes ect…depuis quelques temps déjà je me dis que nous ne savons pas ou pas assez regarder, écouter les personnes qui sont justes autour de nous…juste tout prêt. Elles sont là et si nous savons les écouter elles nous transmettent…et puis petit a petit si on comprend que bien sûr que nous.ne saurons pas comme eux…nous aussi nous devons avoir quelque chose à transmettre aux autres mais nous ne savons pas encore quoi…parce que nous cherchons trop, nous nous comparons trop. Parfois je me dis qu on attend trop alors qu il suffit simplement de laisser venir et c est a ce moment là qu on peut voir la beauté, ses surprises…et que c est peut etre ca aussi être libre…et à ce moment là on peut être connecté a l humanité.
    Bises de Tunisie Mai😉

    • oh oui ca m’a ouvert le cœur cette phrase et une fois que tu intègres, c’est d’autant plus simple de repérer ce fameux lieu d’où tu fais une chose ou une autre! cheers! ❤️🎉

  • Merci.
    C’est ce que j’ai ressenti l’autre jour, il n’y a rien à chercher finalement, ni dans une quête mystique, ni à travers des philosophies ni en démultipliant des thérapies. C’est ce que j’ai ressenti un soir de méditation que je pouvais arrêter de chercher. Peut être qu’après tout, la vie c’était juste être. Après avoir fait un bon détours souvent douloureux, il est temps de rentrer à la maison, tout simplement en étant. C’est si compliqué la simplicité. Merci pour ces phrases si justes qui me le rappellent. Je n’ai rien d’autre à faire que de me soumettre à la beauté du vivant en l’incarnant. C’est dingue que tu partages tant, sais-tu pourquoi ? <3

    • oui! cheminer pour arrêter de cheminer. tout est la. on sait tout. on a juste pas tjs acces à ce “savoir être” intérieur. mais qd on sait que ça n’est qu’une question d’accès à l’être et à l’être en lui même, c’est bien bon!
      pourquoi je partage autant? parce que je le peux, parce que je suis remplie de gratitude qd je lis qqchose qui me nourrit et j’ai envie de prolonger cette chaîne, cette transmission. je ne sais même pas si j’en ai envie, ça se fait et puis c’est tout. une fois que tu as reçu, tu donnes. c’est assez logique. ❤️

  • « je suis comme debout sur la tête d’un dragon et qu’il soit à l’arrêt ou en plein vol, je fais confiance en son « flow » »
    j’ai toujours imaginé une vague que je surfe, mais le dragon, qu’elle belle image.
    tu sembles t’entourer beaucoup en ce moment de ces gens (comme Filippo aussi) qui « embrassent » leur don, leur beauté (leur dark side aussi sûrement), qui avancent, qui font, qui y vont… c’est très énergisant! merci merci merci!
    et ces photos, tellement belles <3

    • ❤️ oui tout est projection en vérité. nous sommes tous reliés, dans les personnes qui m’entourent, que j’entoure, dans ce que je vois d’elles, ce que je vous de moi a travers elles, dans ce que tu vois de moi, de toi à travers moi. etc. etc! embrassons tout! ❤️

  • Bonjour Mai,

    Je pose ici le lien vers un podcast sur la rencontre d’Eric Julien avec les indiens Kogis. Passées les premières minutes sur les circonstances de cette rencontre et sur l’engagement d’Eric Julien, l’émission donne des éléments intéressants sur la culture kogi, qui font écho aux pistes de réflexion que tu proposes sur ton site (l’importance des symboles, du rituel, le féminin/masculin, etc.).
    Merci pour tes partages !

    https://www.franceinter.fr/emissions/une-journee-particuliere/une-journee-particuliere-03-juin-2018

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