Mr Ramires

"Qui suis-je ? Nous sommes" part 1

ahhhh Mr Ramires! Tom est sûrement l’une des personnes que j’ai le plus filmées depuis le début du blog. mais pour l’instant je l’avais toujours fait à travers les enfants qui ont la chance de l’avoir comme prof. une vidéo arrive bientôt avec ce nouvel opus « Qui suis-je? Nous sommes », mais en sortant du tournage, j’avais envie d’autre chose : « j’aimerais te filmer toi cette fois ci, ça te dit? »

on s’est retrouvés. avec ses filles (nan mais les nanas!!!), sa femme partait en terrasse avec une amie… et entre le biberon, l’heure du bain et de l’apéro … on a enregistré cette discussion.

le travail de Tom me touche depuis toujours car il emmène « ses » enfants dans la vie, dans l’énergie, dans le partage, dans une puissance, mais une puissance de sentiments… tout ce qui « élève » l’autre. d’humain à humain.

j’ai appris aussi en l’écoutant à quel point connaître son ignorance, ou sa limite, nous rapproche de la sagesse. on pense qu’il faut enseigner ce que l’on sait, mais la tom nous prouve le contraire. se mettre à nu, voyager ensemble, depuis un lieu que l’on ne connaît pas, mais ensemble… aïe aïe aïe. MERCI!!!!

que de beauté!

ps : vous avez peut être reconnu Bouziane Boutelja que j’avais filmé ici pour son spectacle « Réversible ». j’embrasse aussi Guillaume Castan (et sa barbe rousse) que vous n’avez jamais vu ici mais dont vous avez entendu le travail, car c’est lui qui était derrière les playlists qui ont rythmé le blog pendant de longs mois. encore merci!

Il y a 3 semaines / Bouche 29 commentaire(s)

29 commentaire(s)

  • Waouh le genre de prof qu’on a tous aimé. La rencontre et les années qu’ils garderont illuminées de leur cours « de danse ». Belle énergie avec ses filles aussi, chouette papa , adulte un peu assumé <3

    • oui. enfin pour ma part, le genre de prof que… j’ai jamais eu! haaaaa. merci pour ton com! oui belle énergie d’adulte pour élever des enfants! je n’y avais pas pensé mais oui bien sûr! merci!

  • De beautés en beautés: du clair-(très) obscur de l’ego à cette énergie de l’intensité partagée en passant par les splendeurs colorées et parfumées de Capri. Merci Mai! 🙂

    Petit partage d’expérience qui nous relie 🙂 J’ai en commun avec MR Ramires le vaste univers de l’enseignement et j’aime beaucoup ce qu’il en dit, sa manière de le vivre. La danse m’émerveille toujours et me touche particulièrement peut-être parce que je suis celle qui ne se risque pas à danser 🙂 J’ignore si un jour je dépasserai cette barrière, peut-être que ce n’est simplement pas (pour) moi. L’an passé, une collègue m’a proposé de travailler avec une classe sur un projet autour du hip-hop sous forme de différents ateliers (atelier danse avec une danseuse et chorégraphe – atelier vidéo avec une vidéaste pour la réalisation d’un clip – atelier d’écriture de slams (bibi totalement novice dans l’exercice aux manettes 🙂
    Fil conducteur: Couleurs (oui oui Mai, d’où a pu venir cette idée ??? 🙂
    Cette émotion si particulière à chaque fois de voir ces jeunes parfois émerveillés par leurs propres capacités qu’ils ne soupçonnaient pas, de les voir fiers de leurs talents insoupçonnés pour faire danser les mots comme les corps… Mon propre émerveillement aussi, ce « c’est donc possible » 🙂

    Enseigner ce qu’on sait oui, et enseigner aussi avec ce qu’on ne sait pas, enseigner avec qui l’on est et aussi avec celui/celle qu’on ne pensait pas être 🙂

    Suite de l’histoire: l’an prochain, nous allons tenter de remettre le couvert sur un nouveau projet (si le budget veut bien suivre parce qu’on a vu un peu plus « grand » avec 2 intervenants supplémentaires graffeur – slameur 🙂 Nous explorerions les Frontières… (teasing) 🙂

  • Ca donnerait presque envie de retourner à l’école – presque 😉
    C’est beau de voir qu’il y a des profs passionnés par leur métier et qui ont à cœur de transmettre, ils contribuent tellement à faire ce qu’on devient, sans s’en rendre compte parfois.
    Et je suis d’accord, l’énergie transparait avec ses poulettes !!
    PS: Le bisous barbu qui pique…..!! Trop chou 🙂

  • Tellement beau et émouvant ce qu’il essaye de transmettre à ces jeunes et la relation qu’il a noué avec eux…et il a raison quand il leur dit à la fin que ça fonctionne grave: ils sont trop beaux ces jeunes quand ils dansent…c’est fort tout ça!

    • tu imagines entendre un prof te dire « vous êtes beaux » . nan mais c’est la révolution! j’adore! et ça ne l’empêche pas d’être exigeant. mais c’est une exigence bienveillante. ça, ça fait grandir, c’est sûr ! ❤️

  • Ce prof est super ! Qu’est-ce que j’aurais aimé que l’on me dise ces choses là quand j’étais ado !!! Je trouve ça juste essentiel ce qu’il apporte à ses élèves … l’intime, les émotions, le rapport à l’autre, le rapport au corps, montrer ses faiblesse, savoir dire qu’on est mal … C’est un cadeau de dingue ce qu’ils vivent là, sûrement pas toujours simple, mais un sacré bagage pour se construire !!! Hâte de voir la seconde partie…

  • Bienveillance, transmission, exigence, détermination, alchimie, émotion, amour…. honnêteté (pas de langue de bois quand il reconnaît ne pas savoir dévoiler ses faiblesses, ses difficultés) Tu captes tout ça. WoW wow !! J’ai l’émotion sensible ces jours-ci alors ça me file presque la chiale car j’aimerais tant que mes quatre minots croisent le chemin d’uN tel enseignant… pour l’heure, je leur montrerai ta vidéo. Merci merci.

  • ça me fait penser au Maître Ignorant de Jacque Rancière. ça parle des ignorants qui peuvent apprendre sans maître et des maîtres qui peuvent enseigner ce qu’ils ignorent!

  • Wouah, coeur avec les mains, coeur avec les mains.
    Superbe…cette ambiance, ces émotions, la justesse…
    Non seulement, on a envie d’y être, mais on a très très hâte de voir la suite!!
    Merci!

  • Pour le coup, je suis hyper curieuse de savoir quel prof il est en dehors du crew. Comment il gère les cours « obligatoires » avec le programme, tout ça, tout ça !

  • Ses élèves doivent l’adorer?! répondez élèves please 🙂

    Pas évident d’enseigner, je suppose mister Ramires?

    bon ,ok j’arrête mes questions 🙂

    Je pense que en une scolarité, on rencontre un « monsieur Ramires »dans notre vie et encore…..certains n’en auront pas. Ce sont des métiers où on est exposés, mise a nu, tout le temps, on sort d’une école qui nous a aussi formatés…sauf, sauf les » monsieur Ramires » qui ne sont pas que « profs »mais aussi eux mêmes. Je m’explique: il ne donne pas que ses compétences de danse, de chorégarphie etc, il donne de lui même, de ce qu’i est, sa personnalité aussi, ses valeurs. Pinaise, on en revient à « qui suis je? » EPS feat ou versus Philo. C’est pas trop énorme ça?

    Nous sommes!

    Monsieur Ramires (nous aussi on l’appelle monsieur) évoque la complexité à propos du toucher, à se prendre dans les bras, comme c’est difficile, pas si naturel au fond. Surtout pour un ado en pleine construction, recherche de lui même, de son identité, sa singularité.

    En regardant ta vidéo, j’ai eu un flashback, un de ces retour en arrière…un souvenir un peu ancien mais visiblement encore sensitif. J’ai pensé à mon année de 1ére au lycée. Donc, à cette époque j’ai 16 ans. On avait des cours de sport, on faisait soit du volley, soit du basket, de la gym, bref, normal. Et je suis nulle en sport laisse tomber et quand je n’aime pas faire quelque chose, je suis relou.. Un jour, donc en 1ere, notre prof de sport nous annonce le programme de ce trimestre : Expression corporelle. Je te raconte pas comment on se regarde tous en mode WTF, help, help, nan mais nan, elle ne va pas faire ca? Dans la réalité, pas un mot ne sort, on est tous PETRIFIES, se sont nos yeux qui parlent. On la regarde totalement désarmés. Elle nous explique, on se dit « ouais bah de la danse quoi! » et surtout « OMG ». Je nous revois avec une telle précision : On est assis par terre sur le revêtement vert du gymnase, dans nos joggings adidas en velours ( années 90) et à l’intérieur de nous, ça s’effondre.

    Elle est ferme cette prof, et puis quand il faut y aller, il faut y aller quoi….mais où? parce que alors là pour le coup, ce n’est pas commun, on ne sait pas du tout ce qu’il faut faire, ce que c’est exactement.

    Elle nous demande de nous mettre en groupe. Ouf, on se met entre amis du coup, ah bah ça s’est rassurant, ça va un peu mieux. Et de faire une petite choregraphie sur le thème du lever/du réveil pour venir au lycée. Là, on discute,on crée, on négocie entre nous et je me rends compte que je suis la meneuse,la femelle alpha ahaha…. sinon, on attendrait encore dans le gymnase. Et let’s go, bon, on fait le truc, c’est pas d’enfer mais la prof se révèle sous un autre angle : encourageante et juste. Bon, bien, bien, maintenant une choré mais en individuel. Bien sûr,donc tu passes devant tout le monde? oui! Nan, mais les autres. Oh oh les autres. Ils vont se moquer. Bon,plus vite c’est fait, plus vite c’est fini. Chacun fait sa choré.

    On commence à se lâcher en vrai, on se marre, on applaudit, on est surprit par certains, pas de moquerie, tous dans le même bateau ( le radeau de la méduse? / clin d’oeil). Puis là, le bouquet final! attends, attends, ce qu’elle nous demande!!!

    Elle nous demande de nous éparpiller dans le gymnase. okay et nous donne la consigne : Certains seront un mur, d’autres du lierre qui grimpe . Qui grimpe sur le mur!!!!!

    On marche et lorsqu’on le sent on fait soit le mur soit le lierre. Nan mais ce qui est fou là, c’est que à la fois, on est mais sur une autre planète, on a pas du tout l’attitude habituelle. On est bcp plus silencieux, on a peur, oui franchement peur parce que ce n’est pas commun, on va devoir se toucher, c’est bizarre comme idée, on a jamais fait ça et puis l’ambiance, le mood n’est pas familier. Et à la fois, on se dépasse, au sens littéral, c’est comme si je me voyais passer devant moi même, plus vite, avec bcp plu d’assurance, je me surprends! voilà le truc. Ca se passe et puis voilà. T’as pas le temps de réfléchir et puis aussi….il y a un autre concept intéressant qui se passe : la tentation de le faire, de faire de l’expression corporelle, à sortir de notre zone de confort. Donc vraiment, c’est une expérience car c’est la pire chose qu’elle pouvait nous demander, attendre de nous et en même temps, on a envie d’y aller, ça nous titille, nous intrigue. Mais, on le dit pas. Inside. Elle nous regarde, oui elle nous regarde encore. Maintenant, c’est sur, elle nous couve du regard, elle est aussi surprise, souriante, dans ses yeux, c’est plus doux.
    Il se passe autre chose aussi : on s’épaule les uns, les autres. Au lycée, il faut dire ce qui est: tout le monde se moque de tout le monde, c’est un sport national durant la scolarité, tout un art même pour certains (ceux, qui en réalité attaquent avant d’être attaqué, hashtag mécanisme de défense, hashtag psycho hahstag normal). Oui là, s’est crée une dynamique de groupe qui n’existait pas. Comme si on avait vécu Kho Lanta, il fallait s’entraider, pas le choix. A tout jamais on s’en rappellerait!

    Donc, on fait les murs, les lierres, on alterne. Mur, lierre. T’as pigé.

    4 choses me sautent aux yeux au cours de ce vécu :
    1) je ne vais pas vers mes amis, ceux qui me rassurent, je vais vers ceux que je ne connais pas vraiment.Dingue
    2) les murs et les lierres ne rigolent pas. Pas un sourire, pas de connivence, pas de grand mal-etre, pas de fou rire pour cacher sa gêne. Dingue. Je témoigne donc sous serment que les murs et les lierres ont une vie hyper sérieuses.Bon, sinon? on se prend au jeu, ca se passe à la fois entre moi et moi et entre moi et l’autre.
    3) N’oubliez pas, on a 16 ans, perso, aucun mec ou fille ne s’est enroulé autour de moi comme ça. Ca va pas nan. On ne se prend pas dans les bras, oh, ça ne se fait pas. Comme dans Dirty dancing:  » ca c’est ma zone, ca s’est ta zone »…et là, plus de zone. Je suis un lierre grimpant puis un mur imperturbable et les autres aussi. Bien sur, la majorité sont plus à l’aise à être un mur.Tu ne bouges pas, c’est l’autre qui ose, ose faire le lierre, oui, madame, monsieur, le lierre est plus audacieux. Expérience XXL
    4) je me rappellerais toujours ce moment où un gars de notre classe, très sportif, basketteur qui me regardait du coup comme un truc minuscule, nulle en sport (je fais peut être un contre-transfert là), s’enlace autour de moi, on roule ( ouais carrément) par terre, on vole, c’est sublime, tout le monde l’a vu. On était en symbiose, connectés. Nos yeux se sont croisés dès le départ, sans peur, ils se sont dit :
    -C’est ok?
    -c’est ok, on y va!

    Nous ne sommes pas devenus amoureux ou amis mais il ne m’a plus jamais regardé de la même manière et quand on avait basket, il savait m’utiliser en binôme pour passer partout.

    Et vous savez quoi? je l’ai croisé il y a 5 ans : il est danseur à New York.

    On était fou de se voir.

    xoxo

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