Meetings With Remarkable Men

un film de Jerry Hyde & Mai Hua

Jerry et moi sommes profondément émus et heureux de vous partager le trailer de notre premier film ensemble. Meetings with Remarkable Men est né d’un désir partagé de changer la culture du genre, en proposant d’autres manières d’être « un » homme aujourd’hui. dans ces parcours singuliers et partagés, nous posons plusieurs questions, sur le rapport à la guerre, à la santé mentale, à la vérité et à la tendresse.

Venant d’une quête sur le féminin et les femmes, cette nouvelle aventure m’a beaucoup couté au début, je n’arrivais pas à donner de la place à cette parole masculine. ça me coûtait de les écouter. mon coeur s’est ouvert plus tard, lorsque nous sommes partis en baie de Somme ensemble. j’ai découvert, sur les sites de commémorations de la 1ere guerre Mondiale, toute une poésie, une tendresse, que je n’avais pas imaginé avant. voilà, mon cheminement :

nous ne pouvons pas changé le monde, nous ne pouvons pas le rendre plus compassionnel, plus sure, plus vrai, sans questionner le genre et la masculinité. et s’il est vrai que nous, humans, sommes des « animaux de culture », alors créons la culture à laquelle nous aspirons. nous ne pouvons pas continuer de présumer que les hommes sont « naturellement » dominateurs et des violeurs potentiels. n’est ce pas du sexisme assez grossier?!  nous ne pouvons pas non avancer en déclarant, études à l’appui, le genre n’existe pas, on s’en fout, nous sommes des humains et puis c’est tout! cette CROYANCE est limitante et même toxique. Pourquoi? parce que beaucoup (une écrasante majorité) d’humains ont une manière genrée de s’IDENTIFIER aujourd’hui.

C’est pour cela que nous soutenons les femmes nées dans un corps d’homme à changer de sexe biologique. Que nous soutenons les travestis comme Grayson Perry, qui sans vouloir changer de sexe, ont besoin de « porter » l’autre genre sur eux dans un processus profond de réparation et de création. Leur expérience humaine est très liée à la possibilité de s’exprimer dans leurs identités de genre. C’est pour cela aussi que nous voulons plus de femmes à des postes de représentation politique et économique : pour que les autres femmes puissent s’identifier à elles. alors, c’est pareil pour les hommes, nous devons célébrer et montrer des hommes à la masculinité aimante, honnête, tendre, dans leur vérité la plus nue, afin que d’autres hommes puissent s’identifier à eux.

Aider au changement de la culture masculine, des cultures masculines ne signifie pas nécessairement de la.les rendre différentes ou opposées aux cultures féminines ou lgbt, il s’agit de créer une expérience humaine à laquelle des hommes vont pouvoir s’identifier.

Nous sommes heureux d’annoncer aussi que notre film sera présenté à NYC le 1er Juillet, au NeueHouse, Madison Square. Cette projection sera parrainée par l’auteur et réalisateur ayant obtenu une nomination aux Oscars pour Restrepo, Sebastian Junger, ainsi que l’autrice de pièces de théâtre Barbara Hammond. Tous les 4, nous ferons un débat autour de ces questions qui nous passionnent, avec la modération de Mélissa Unger, fondatrice du projet Seymour.
Je me sens humble et tellement en vie (Jerry pas trop, mais whatev’). Mille bises!

Il y a 2 semaines / Bouche 32 commentaire(s)

32 commentaire(s)

  • J’avais déjà vu le trailer sur Facebook, je le regarde aujourd’hui à nouveau. Difficile pour moi de tout comprendre sans sous titres, et on perçoit tout de même la poésie, le sensible, le courage, la nudité, le trésor !!!
    Ce qui m’envahit devant ces images c’est une sensation de douceur et aussi, de sécurité.
    Merci à vous, merci à eux. Quel exemple !

  • La question des masculinités est centrale tu as raison. L’interroger, la questionner, la comprendre est vraiment essentielle.
    Je rappelle ici l’existence du podcast « les couilles »sur la table qui fait un super boulot à ce sujet et dont le livre va également sortir.
    J’ai hâte de voir la suite du documentaire !
    Merci de faire bouger les lignes ici et ailleurs.

    • merci Maud, c’est marrant, je n’accroche pas du tout avec ce que j’entends. j’ai entendu le 1er épisode et puis un podcast où elle parlait et ce qu’elle dit ne me parle pas, notamment sur le fait que le genre n’existe pas (études scientifiques à l’appui), que l’essence humaine n’existe pas. mais ok, je vais faire un nouvel essai alors! et puis, on n’est pas suffisamment pour s’opposer. merci! x

  • Waow puissant oui. Comme ça à chaud…mais en fait nous avons tous les mêmes interrogations sur soi, les même attentes. J ai encore du mal avec le « violeur potentiel ». Je crois mais je ne suis pas certaine de devoir comprendre le feminin avant d aller vers le masculin. C est grâce au « feminin » que j ai pu comprendre mes relations avec ma mère. C est en comprenant la femme (et non la mère ) que j ai pu ouvir mon coeur. Alors je continue ce chemin sur la femme…tellement de choses que je ne savais pas. Merci Jerry et Mai j ai hâte de pouvoir voir ce doc et de pouvoir aussi comprendre. Mille bises

    • Je te comprends tellement Jocy. un pas après l’autre. j’ai moi-même eu beaucoup de mal rentrer dans le sujet « masculin ». mais c’est parce que je n’étais pas assez stabilisée dans le sujet « féminin ». non parce que ce voyage n’en valait pas la peine. nous sommes peut être un peu « en avance » avec Jerry. car la parole est donné aux femmes et aux lgbt en ce moment, ce qui est bien. mais nous ne sommes pas en compétition, et nous voulons avancer ensemble. on peut rendre les femmes plus fortes, sans une initiative forte, aimante pour les hommes, il y aura toujours des pussy grabbers!
      mille bises

  • Oh ce que ce film a l air beau (encore plus maintenant qu il y a les sous titres!) Si après ça tu dis que ce que tu fais n est pas de l art, alors là je jette l éponge. Même e quelques images les émotions nous traversent et pas seulement grâce à la voix de Sian 😉bravoo

    • ahhhh notre Sian internationale! c’est tellement fou de faire se rencontrer les monde de l’art et de la thérapie. ce sont pour moi les 2 faces d’une même pièce. passionnant. et en même temps, c’est une responsabilité! je pense tellement au poème que nous a lu Will. nous avons tellement peur de briller au fond. allez allez go! mille bises Aude

  • Ah les teasers! Ça donne envie d en voir et entendre plus… depuis moi et à partir de leurs mots, de tes images etc…
    Mais tu nous diras quand on pourra le voir… parce que NY ça fait un peu loin pour moi meuf !
    Alors bravo et profitez bien de cette première

  • Bravo et merci à vous pour cette perle. Cela vient apaiser mon rapport aux discussions sur le genre, où je n’arrive pas à interroger la place des uns sans considérer celles des autres…. Superbe !

    • comme dit Brené Brown à propos des séances de debrief délicat : mettez vous du même côté de la table! je crois que nous avons grand intérêt à nous écouter, les uns les autres. <3

  • J’ai très envie aussi de voir ce film ! Nous devons tous, femmes et hommes, nous interroger sur ce que nous acceptons que la société nous impose. Il est temps de nous débarrasser des oripeaux inutiles qui nous déguisent et nous entravent. Je suis moi-même une femme qu’on dit à la fois masculine (car déterminée) et douce (car empathique)… ces qualificatifs, je les accepte tout en m’en méfiant car ce sont de stéréotypes de plus que l’on se colle les uns les autres de manière à nous définir (et nous enfermer). Ce que je suis aujourd’hui, je le suis dans une situation donnée… mais où et que serai-je demain ?

    • c’est très important ce que tu dis. « je » est un concept dynamique qui meurt et renait instant après instant. et nous avons différentes facettes en nous. après, dans les traditions anciennes, et plus récentes, chez jung par ex, il est interessant de comprendre comment nous identifions ou non un caractère comme étant féminin ou masculin. la femme n’existe pas, l’homme n’existe pas. mais il se peut, j’y crois, qu’il y ait un esprit femme, un esprit homme, dont chacun.e s’empare pour explorer et se compléter. savoir par ex, que beaucoup de ce féminin se loge dans le lien à la mère, me permet de cheminer énormément vers cette empathie ou manque d’empathie d’ailleurs dont tu parles. ca ne veut pas dire qu’un homme au niveau individuel ne peut pas avoir d’empathie. ou qu’un femme en a nécessairement. je ne sais pas si je suis claire. bises et belle route

  • Je suis curieuse de voir le film – néanmoins sur la question du genre, j’ai du mal à comprendre en quoi postuler qu’il n’y a aucune différence d’ordre essentiel entre les genres/sexes soit limitant ou toxique… Il ne s’agit pas de nier qu’il y ait aujourd’hui des expériences de la féminité et de la masculinité, mais c’est justement en tant que nous sommes encore pris dans ces schémas sociaux ; et bien sûr qu’il faut en parler, mais c’est précisément parce que ces expériences sont avant tout problématiques pour nous. On ne pourra jamais déterminer absolument s’il y a bien une telle différence, car l’on ne peut pas retourner à un supposé « état de nature », et que nous ne nous examinons que pris dans la culture ; mais il est bien plus vraisemblable qu’il n’y en ait pas, et qu’il puisse y avoir autant de proximité psychique entre un homme et une femme que de proximité génétique entre deux individus de populations différentes (argument qui a permis de réfuter le concept de « race »). Ce qui subsiste c’est bien la différence physique et génétique, qui peut entraîner une différence eu égard à certaines expériences (certes fondamentales) telle que la maternité, mais cela même ne permet pas d’en tirer des vérités psychiques universelles (tel que l’instinct maternel). Et si cette différence participe à la dialectique dans la relation homme-femme, l’altérité en général ne s’incarne pas selon moi beaucoup plus dans celle-ci que dans toute relation, en vérité. On peut préférer supposer une différence radicale, le yin et le yang, etc, mais cela alors relève bien de la croyance, et de la « spiritualité ».
    Personnellement et contrairement à toi, ce surinvestissement du genre, même dans sa version récente qui se veut tolérante, m’agace – sans être évidemment animée d’aucun genre de haine pour les transgenres ou non-binaires – j’y vois une perpétuation de ces stéréotypes qu’un certain féminisme cherche à envoyer valser ; la plupart d’entre eux justifiant leur changement de genre ou genre changeant par les clichés qui lui sont traditionnellement accolés. Cela va être un peu cru dit comme ça, mais voilà : tout cela me semble purement d’ordre psychologique (et ce n’est pas un gros mot), et la différenciation sexe-genre qu’un symptôme d’un étouffement au sein de ces carcans trop rigides. Mais paradoxalement, et malheureusement, les individus composent avec ce symptôme en donnant encore plus de validité à ces caricatures. Ce dont on a besoin n’est pas d’intérieurement avoir l’illusion de pouvoir être du genre que l’on veut, mais simplement que la société arrête de nous marteler que tel genre est comme-ci et l’autre comme-ça. Nous avons sans doute un grand besoin de compassion et de douceur, mais hypostasier notre ressenti et se faire croire que les identités de genre ont une quelconque tangibilité me semble improductif sur le long terme…

    J’aime bien ce que dit Jonathan Littell dans cette interview : https://www.franceinter.fr/emissions/l-invite-de-7h50/l-invite-de-7h50-08-mars-2018 (1″15-2’45). Bon, c’est rapide donc un peu violent, mais cela me semble juste. Si l’on pouvait se débarrasser le plus possible de « l’identité », le monde se porterait mieux.

    • Hello Laure, c’est hyper important ce que tu dis. je pense qu’il 2 niveaux de lecture, qui ne sont pas étanches bien sûr, mais un peu séparées quand même : la question sociétale et la question intime. je pense comme toi que nous devons sociétalement arrêter d’attendre que les uns et les autres soient d’une manière ou d’une autre parce qu’ils sont homme ou femme. encore une fois, je parle dans ce film d’une expérience humaine, où il n’y a que des hommes mais où ce qu’ils expriment peut très bien être exprimé par un sexe ou l’autre. pour autant, de manière intime, tu m’enlèves toute une partie de moi si tu m’assènes que le genre n’existe pas. on est d’accord, et je l’ai déjà dit, qu’il y a plus de ressemblance entre mon mec et moi qu’entre moi et une votante de trump. nous sommes d’accord, la proximité ou l’écart entre les individus n’est pas déterminées par leur sexe. ça n’empêche que moi, intimement, j’ai besoin de cheminer pour comprendre où est la femme en moi. de même pour ma sexualité, je veux comprendre pourquoi, je ne choisis que des hommes. je sais bien qu’une partie est culturelle parce que si nous vivions dans une tribu poly-amoureuse et bi-sexuelle, comme au temps pré-historique (qui en fait, si, en dirait long sur une NATURE humaine), je serais certainement poly-amoureuse et bi-sexuelle. mais mon expérience m’a amenée vers l’hétéro-sexualité et la monogamie. et, ça me va. mais si une part de moi ne choisit que des hommes. je dois m’interroger sur ce que cela veut dire pour moi. quelle part archétypale je cherche en moi, et en eux. je ne porterais aucun jugement sur les expériences des autres qui t’agacent et que tu qualifies de stéréotypées. l’identité est une question beaucoup trop complexe pour que je me permette de faire des commentaires sur les fantasmes, les états ou les choix d’autrui. on fait de notre mieux.
      après oui, les bouddhistes nous diraient que tout ça est illusion. l’identité est illusion. c’est certainement vrai. mais je ne suis pas encore aussi avancée sur mon chemin. ce sera plus tard! peut être! bise, bise et encore merci pour ton message!

  • Merci pour ta réponse ! Finalement, tu es déjà dans un rapport réflexif et critique quand tu te demandes « quelle part archétypale » tu cherches en toi « et en eux », donc ça d’accord. Même à un niveau intime, il me semble qu’il faut garder en tête que ce qu’on attribue à la féminité est une construction – mais c’est peut-être là que nos croyances divergent. Cela ne veut pas dire pour autant qu’il nous faut nous changer ! On peut très bien vivre en ayant certains comportements stéréotypés, sans nous sentir trop entravées. Dans mon cas, je crois que l’essentiel du « féminin » chez moi relève de l’apparence, des vêtements, du mouvement, etc, et comme ce ne sont des choses qui ne sont pas signifiantes dans ma vie, que je n’estime justement pas constituer mon identité ou l’essence de ce que je serais, cela ne me dérange pas trop de les conserver, et du même coup je ne me sens pas profondément femme, cela ne veut rien dire pour moi. C’est là où cantonner la différence homme-femme à celle du sexe, qui est purement physique et génétique, est bénéfique : ce n’est qu’une détermination contingente, comme la nationalité, cela ne conditionne pas un « être ». Ce qui relève de l’être c’est ce qui relève de la singularité, et pas de la communauté. (Ça ne signifie pas que l’on ne peut pas être construit par des rapports à des communautés, mais cela vient d’un désir social, donc c’est une construction). Comme Littell, les déterminations identitaires ne me constituent pas du tout. Si je suis quelque chose, ce serait, ce que j’ai vécu, ce que je fais, ce que je désire, mais même cela est insuffisant. Le soi est irréductible et nous échappe constamment, c’est probablement ce que nous ne supportons pas, sa nature volatile. Ce qui fait donc que le sexe-genre m’est indifférent ou qu’il soit pour toi constituant, cela relève peut-être alors du parcours individuel, et serait davantage une question psychanalytique. Mais je maintiens – et c’est là la seule chose que j’entendais récuser – qu’affirmer l’existence du genre comme une donnée en soi du monde plutôt qu’une invention humaine serait une erreur. Tout comme à mon avis le monde ne fonctionne pas de fait sur un mode dialectique, mais seul notre esprit éprouve le besoin de la dialectique. (À partir de là, pourquoi deux sexes et pas un seul ou 7, c’est le même genre de questions que pourquoi quelque chose plutôt que rien et pourquoi la mort : nous sommes voués à notre ignorance et à l’absence de sens. Le sens c’est l’Homme qui le désire.)
    Concernant mon « agacement », je tiens à rectifier : ce ne sont pas les expériences personnelles des autres qui m’agacent, d’où l’absence de malveillance, c’est ce qu’elles produisent comme idéologie – d’autant que pour mettre en lumière ces expériences minoritaires des trans et non-binaires, il a fallu une forme de militantisme, et donc qu’un discours soit porté (qui d’ailleurs ne représente donc pas forcément l’intégralité des personnes concernées). Si ce n’était pas assez clair, ce que j’expliquais était que, dans tous les témoignages que j’ai pu écouter, les personnes elles-mêmes entérinaient le pire des clichés autour du féminin et du masculin, en disant que ne correspondant pas à *tel cliché*, elles se sentaient de l’autre genre, ou que les jours où elles se sentent femmes elles sont plutôt *cliché* et les autres *cliché*. Finalement, outre la dysphorie corporelle, il n’est jamais vraiment question d’un sentiment purement psychique d’être homme ou femme (puisque cela n’existe pas…), mais surtout de ne pas correspondre aux stéréotypes qu’on y attribue, et c’est cela qui motive le rapport au genre. Cela ne signifie pas que les personnes choisissent finalement en conscience de changer de genre, il y a sûrement une réelle souffrance psychique, mais qui n’est pas essentielle comme on essaierait de nous en persuader, comme si l’on pouvait « naître dans un autre corps que le nôtre », qui est avant tout celle de ne pas correspondre à ce que la société attend de nous. Donc on en revient au point de départ : la racine de la souffrance ce sont toujours ces carcans stéréotypés. Et le paradoxe de ces situations, c’est que leur discours est, bien malgré eux, le meilleur avocat du diable, des obsédés de la différence sexuelle, des misogynes, etc. C’est là que je sourcille, parce que cela va à l’encontre de tout ce que le féminisme tente de combattre depuis le début. À mon sens la liberté ne s’acquiert pas par la multiplication des concepts et des identités mais en s’en détachant. Enfin, comme tu le dis, c’est effectivement un travail difficile, et un long chemin. C’est pourquoi, chacun vit bien comme il l’entend et le peux, au final, et le respect est bien sûr essentiel, mais il me semble néanmoins important de pouvoir remettre en question la thèse du genre comme chose en soi sans être relégué au rang de vulgaire intolérant.

    (Désolée, c’est un peu long, je me suis laissée aller…!)

    • ne sois pas désolée, c’est super intéressant. je ne sais pas si tu as ma vidéo avec la Sex philosophe Sam Roddick? elle y dit « si ta féminité passe par ton uterus, le fait d’être mère, c’est magnifique et tu dois trouver une place pour le vocaliser et que cette parole soit entendue, mais pour d’autres femmes, ça n’a rien à voir avec leur utérus, et c’est aussi valable et magnifique. et surtout nous ne sommes pas ennemis, ça ajoute au… « cosmic datas »! » et oui dans nos singularités, nous avons des rapports très différents… à tout! et le genre n’est pas constitutif de ton identité singulière, il l’est pour moi. on ajoute au cosmic data! en revanche, ce que je trouve non négligeable c’est que mis bout à bout, on créée une « norme », qui ne doit pas être normative, au contraire qui doit être connue et explorée si on veut s’en libérer. et s’en libérer ne signifie pas faire le contraire, cela signifie juste : être conscient et faire le choix ou s’accommoder etc. perso, la lutte contre les stéréotypes, c’est pas mon truc. rebecca amselem en parle dans une de ses newsletters, lutter contre les stérétoypes, peut aussi les mettre au centre de notre vie, et oublier que l’essentiel est d’exprimer ta singularité, quelque soit la case dans laquelle d’autres t’objectiverait. nous vivions dans des tribus ou des villages ou la culture (notamment du genre) étaient hyper codifiée. peu de liberté mais aussi, peu de névrose. le fait que nous donnions à l’individu toutes les clés de son existence l’oblige à ouvrir toutes les portes tout seul. c’est très dur! et donc à l’échelle d’une espèce, nous avons peut être oui une majorité d’individus qui construisent leur identité… comme ils peuvent! et puis, il faut aussi dire que le féminisme n’est pas un parti politique, personne n’a voté pour les féministes. de même pour les mouvements lgbt. beaucoup de femmes et de lgbt ne se reconnaissent dans ces mouvements. ils ne les représentent pas, sauf qu’ils portent leur nom. si tu regardes ma vidéo sur Joseph, qui a été une femme pendant 40 ans, il ne correspond à aucun stéréotype lgbt. il est tout à fait possible que la manière dont nous voyons les lgbt soit le fruit d’un traitement stéréotypé des médias et des mouvements eux-mêmes. sans remettre en cause leur bien fondé, ce truc de représentativité est un vrai souci je trouve. voilà, voilà, merci infiniment Laure pour cette discussion!

      • oui j’ai oublié de répondre à 2 de tes points!
        le redéploiement des mouvements queer en Inde montre que la colonisation blanche a imposé la binarité comme base des relations genrées. On sait aussi qu’en polynésie, en thailande, que les indiens natifs d’amérique avaient 3 à 5 genres. on peut tout à fait imaginer une culture inclusive du genre. une culture qui a pour but de proposer des catégories, non dans l’injonction, mais pour aider chaque singularité à s’exprimer et à se sentir intégrée. le sentiment d’appartenance est primordial. et il est très difficile pour des millions d’individus de créer leur vie from scratch, la culture doit leur faire des propositions, des prêts à penser, des archétypes, qui aident l’individu à cheminer, quit à s’en écarter.
        Point 2 : une étude mondiale vient d’être menée sur le genre. on voit que dans les pays les plus égalitaires (droits des femmes respectés, salaires plus égaux, congès parentaux longs, pour les 2 sexes…) les différences sexuées sont… plus grandes encore : dans les pays scandinaves réputés pour être à la pointe sur ce terrain, les femmes se dirigent davantage vers des activités compassionnelles, les hommes davantage vers des activités techniques. certaines féministes disent que c’est peut être par reproduction de classe (bourgeoise). ouais…. bah ca me laisse tout de meme réfléchir à ce que moi chacun ferait s’il.elle était respecté.e et valorisé.e dans ses choix, reproduction ou pas.
        faisons ce que nous voulons, là où cela nous donne de la puissance. bises bises

  • Je suis mais tellement mais tellement d’accord avec ca… “Ce dont on a besoin n’est pas d’intérieurement avoir l’illusion de pouvoir être du genre que l’on veut, mais simplement que la société arrête de nous marteler que tel genre est comme-ci et l’autre comme-ça” mais bon je suis en plein dans cette histoire filiation aussi – pourquoi la mère devrait être une femme hein moi je vous le demande ( je suis une femme mais je ne vois pas pourquoi les liens maternels ne pourraient pas exister , se creer à travers une figure masculine franchement je ne vois pas .. j ai du chemin encore à faire je ne comprend rien 😉 )

    Sinon j’aime beaucoup le ton qui ressort du teaser principalement par l image et la lumière en .. bonne suite pour les deux films

    • tu as tout à fait raison, beaucoup de féministes disent qu’il y aurait moins de transgenres s’il y avait moins de pression stéréotypée sur les individus. mais là tout d’un coup, nous entrons dans des paliers de conscience et des questions épineuses : puis je moi, dire à quelqu’un, ce que tu ressens est faux? tu n’est pas une femme. dans tes rêves! ça n’est qu’une construction! » et quand bien même! j’ai d’autres chats à fouetter que de commenter la vie des autres.
      pour la mère-femme, je ne parle pas d’injonction, et les pères peuvent très bien se débrouiller en tant que mère ou figure maternelle. il y a encore une différence entre les expériences singulières et leurs juxtapositions qui bout à bout créée une norme. la plupart des mères sont des femmes. la plupart des femmes sont ou veulent être mère. ça ne veut pas dire qu’une femme qui n’a pas ou ne désire pas d’enfants n’est pas une femme. mais comprendre son rapport à cette norme et s’en détacher la libérera très certainement.
      et enfin, pour ce rapport à la mère/au père; la plupart des enfants qui grandissent font un oedipe vers 3 ans. et développe un rapport différencié aux 2 sexes. certains.es diront que c’est sexiste, ça ne change rien à l’expérience de la plupart des enfants.

  • Très curieuse de découvrir ces paroles d’hommes ! Bien que ces témoignages soient passionnants, ça me chiffonait de ne lire que des femmes parler de leur bifurcation vers une vie intérieure plus riche, ce qui semble souvent impliquer souvent un ralentissement de la carrière conventionnelle. Un petit zoom sur les hommes est plus que bienvenu, un grand merci à tous les deux 🙂

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