Authenticité et Santé

selon Gabor Mate

bonjour à tous!

je suis une grande fan de Gabor Mate, je connaissais notamment sa position sur l’addiction qui m’avait énormément bousculée et « élevée ». nous reparlons bientôt de ce sujet.

l’autre jour, Jerry m’a envoyé cette vidéo où Mate nous raconte comment, tout au long de sa pratique (il est médecin), il a vu un lien s’établir entre le fait de perdre sa santé, et sa vie, et celui d’être sans cesse en mode « devoir ». un devoir envers autrui toujours si grand, qu’on en perd la connexion à ses besoin essentiels, à… son authenticité.

je n’avais jamais imaginé que le fait d’être authentique puisse être une question de santé, quelque chose qui sauve la vie.

et donc l’authenticité selon lui, c’est juste ça : c’est être en contact avec ses besoins, son corps et ses émotions, au temps présent, et ensuite… les respecter.

bien sûr si vous le pouvez, regardez cette vidéo, mais pour les non-anglophones, je me permets d’en faire un résumé ici :

comment perd-on notre authenticité?

l’enfant qui grandit a besoin d’amour. soit le besoin est « satisfait », soit il va créer de l’attachement, non pas dans le sens bouddhiste du terme mais dans un besoin d’amour, un besoin d’être pris en charge : restons attachés, quelqu’en soit le prix! il va donc confondre le 2 : amour et besoin d’amour.

du fait de certains traumas, ou parce que l’enfant pense qu’il faut protéger son parent, l’attachement va prendre la place de l’amour lui-même. et cet attachement en grandissant peut devenir un « please love me syndrome ». insatiable. et donc dangereux (Mate évoque le suicide de Robin Williams, malgré son talent, la reconnaissance de son milieu, et du monde entier). par ex. aussi, des parents toujours en colère peuvent inhiber la colère de leur enfant. Mate dit qu’un enfant qui se met en colère montre qu’il est en bonne santé! car il montre qu’il s’autorise à le faire, sans avoir de ne pas être aimé. c’est bon signe! l’enfant au contraire qui a appris à ne pas se mettre en colère, à ne pas faire de vague, va toujours se sentir responsable du sentiment d’autrui, du destin d’autrui, il peut devenir sauveur compulsif (avec pas mal d’arrogance on l’a vu), en s’oubliant lui-même.

1/ l’identification trop puissante à l’idée de responsabilités et de devoir, plutôt qu’a son soi authentique, 2/ la suppression et répression de ses émotions dites négatives, 3/ l’idée que vous êtes sans cesse responsable des sentiments d’autrui et que vous ne devez jamais décevoir (ne jamais dire non) sont les 3 croyances ou comportements qui vous exposent à des risques élevés de maladie chronique.

Mate explique bien qu’il ne s’agit pas de blamer les patients pour leurs maladies, puisqu’il s’agit de patterns totalement inconscients. mais ce qui vous a permis de survivre enfant, peut se révéler fatal à l’âge adulte. il n’y a pas de séparation entre le corps et l’esprit. un esprit malade va affecter le système immunitaire.

une colère saine que vous n’exprimez pas, va s’exprimer… contre vous, en créant une… dépression. dé-pression : pousser quelque chose vers le bas. en d’autres termes, restez « attaché.e », continuez à aider tout le monde, ne dites jamais non, souriez à tout, et vous allez finir sous prozac! et s’il n’y a pas dépression, le système immunitaire peut se retourner contre vous en maladie auto-immune.

il finit par citer son maitre Mohamed Ali :

« la grande calamité n’est pas de ne pas avoir reçu assez d’amour de ses parents (…), la première des calamités est d’avoir perdu la connexion à votre essence. c’est plus important que de savoir si votre père ou votre mère vous a aimé ou pas. »

c’est une très bonne nouvelle parce que si votre problème est de ne pas avoir été assez aimé, alors il n’y a pas de résolution possible puisqu’on ne peut pas refaire le passé. alors que cette connexion à son essence est toujours possible.

Quelque soit le passé, rien n’altère votre essence.

si vous tombez malade, la question n’est pas uniquement de combattre la maladie, mais de cheminer pour savoir à quoi votre corps dit « non », parce que votre esprit n’a pas pu le faire. la maladie devient alors ton maitre, qui te reconnecte à ton authenticité. nombre de personnes qui ressortent vivants de maladie graves évoquent cette reconnexion à leur soi profond, à leur puissance, à « ce truc de vie » comme le disait Marine. Charlotte, comme beaucoup, ils disent que c’est la meilleure chose qui leur soit arrivé car l’addiction, la maladie, les a ramené à eux.elle, à ce qui pourrait même créer « la perle rare » conclut Mate.

quelle leçon!

Il y a 4 mois / Bouche 32 commentaire(s)

32 commentaire(s)

  • Merci Mai ! Merci merci merci pour ce texte magnifique, et merci pour le lien sur les addictions, tellement parlant et bouleversant !

  • Une thérapeute avait vu notre fille lors de son adolescence pour des problèmes de santé, liés à une maladie auto-immune. Celle-ci lui avait demandé : qu’est-ce qui est le plus important pour toi ?
    La réponse : « mes parents ».
    La thérapeute : « En es-tu vraiment sûre ? »
    Notre fille, après réflexion : « Moi »
    Autre pensée, induite par ton post : s’il existe un seul lieu où l’on peut être bien, c’est bien celui de notre corps, à condition de l’écouter, d’en prendre soin, et de le respecter.
    Merci pour ce post, Mai.

  • Merci Mai pour ce post
    Merci de me faire découvrir ce médecin et cette pensée
    Cela tombe à pic, comme toujours : )
    (Merci l’univers aussi)

    <3

  • « What is my body saying no to that I did not say no to ? » !!! une phrase clé qui donne envie de s’autoriser, de s’aimer soi, de creuser en soi comme le disait Edouard Baer ! . Merci infiniment Mai pour la découverte de Gabor Mate !

  • je… wooooaaaw !! note à moi-même : relire cet article plusieurs fois, pour bien imprimer tous les points abordés !! ta liste des 3 points bah c’est moi :'( !! well, je crois que j’ai du boulot, hum hum !! mais j’ai de la chance, j’ai pas de maladie auto-immune, « juste » une tendance à faire des dépressions chroniques (mais « légères », si on peut dire)
    merci pour ton article ♥ merci pour le partage ♥

  • dans une grande partie de cet article, je me reconnais… considérer le « moi », s’autoriser à exprimer les émotions sans peur de déranger les autres fut une prise de conscience assez récente dans ma vie de 37 années. un travail qui a permis de chasser certains maux en supprimant les déception/frustration/colère inconscientes. accepter que ces dernières existent en moi et que c’est ok. mais je reconnais surtout la part de la culture japonaise (par ex) du « respect d’autrui, le tout pour le confort de l’autre, jamais dire non » qui peut entraîner une dépression lorsque qu’un Japonais confronte la culture occidentale/latine. devenir mal à petit feu pour le bien-être des autres. trop domage, la vie est trop belle ! merci Mai pour cette piqure de rappel et la découverte de Gabor Mate ❤︎

  • Et paf dans le mile !
    Il y a qq jours là video à propos de l ego et puis ce post.
    Je me sens particulièrement concernée car J ai une pathologie chronique incurable (et auto immune).
    Et oui je confirme que je me suis recentrée sur ce qui me Semblait essentiel, et oui je me reconnecte de plus en plus à mon essence mais je ne suis pas sûre d avoir la réponse à la question : à quoi mon corps dit non !!!

    J aimerai qu on reparle de cette question de l authenticité et de l ego… Je ne suis pas à 100% dispo ces jours ci mais Je me suis sentie très reliée à ces questions… D où le message rapide.
    Bises à tous

      • Oui c est très agréable ce chemin, pas très.confortable mais je découvre énormément et rencontre beaucoup.
        Et ce matin J ai mis de côté ma peur et suis allee faire un tour en bateau (pas fait ça depuis 10 ans… C était extraordinaire =.
        Merci Maï pour ces échanges si riches. 💙

  • Mai
    je suis en burn out professionnel depuis un an maintenant , depuis plusieurs mois en arrêt maladie et toujours avec cette dépression qui me colle aux bask !!! et depuis qlq séances avec mon anlystes, j’explore les terrains de comment ne plus spontanément être « hors sujet », comment me réapproprier en tant que sujet justement …. et c’est toujours panique à bord …. un vrai chemin où chaque pas est tâtonnement, peut me décourager, je me rends compte à quel point je suis lessivée …
    Alors oui je vais recevoir l’aide que tu dispense à travers ton article … écouter son essence pour être au plus près de soi dans le chemin de la guérison même si encore la traversée du désert …..

    plein d’encouragement pour le film que j’ai hâte de voir en septembre
    plein d’amour pour tous tes posts et les qlq mp personnels

    • oui s’oublier peut nous entraîner dans un chemin douloureux. mais comme dit Mate, si tu regardes ton burn comme ton professeur, que vient il t’enseigner ? je te souhaite une belle route, malgré tout les hauts et bas. Sans t’en rendre compte tu es déjà en train de cheminer… a vite! ❤️

  • Merci Mai, vraiment. Je me reconnais beaucoup dans ce schéma. Le chemin est encore très long pour une reconnexion mais le premier pas est déjà franchi.
    <3

  • Bon sang. Les larmes qui montent en lisant tes mots. Je m’y retrouve beaucoup aussi.
    Merci pour ces découvertes, et la manière dont tu les partages ici <3.

  • Merci Mai pour cet article. Je le lis après avoir lu ton article sur le Drama Triangle + regardé la vidéo. C’est dingue parce que tout ça vient de me donner presque toutes les clés d’une situation dont j’essaye de sortir en ce moment (en l’occurence c’est une amie qui est en dépression – à cela s’ajoute que notre relation s’est largement intoxiqué par sa compulsion victime, la mienne de bourreau/sauveur).
    Et ce qui est étrange c’est qu’avec toutes ces clés, je crois que je sais encore moins quoi faire ahahaha… Parler ? Mais pour dire quoi ? J’ai l’impression que ça pourrait m’amener à lui donner des solutions qu’il faut trouver par soi-même…
    Enfin peu importe les vraies solutions viennent avec le temps. Dans certaine situation c’est difficile de ne pas se sentir responsable, surtout quand on a déjà soi-même commencer le chemin de la reconnection.
    En tous cas, merci beaucoup pour tous ces partages qui me/nous éclaire 🙂

    • merci judith, me concernant les relations sauteuse/victime que j’entretenais ont cessé lorsque j’ai décidé d’en sortir. la encore il ne s’agit pas de l’autre. mais de toi. qu’est ce qui est bon pour toi? qd tu auras trouvé, tu donneras des clés à ton amie de manière corollaire. elle décidera ensuite de la tourner dans la serrure ou pas. on peut être connectés à l’autre par des névroses qui s’emboîtent bien. dès que l’une bouge, la relation bouge nécessairement, et l’autre peut être aussi, qui sait? en tout cas vouloir se changer soi est plus sain et davantage possible que de vouloir changer l’autre!
      belle route!❤️

      • C’est exactement ce que je me dis, effectivement d’avoir moi-même bougé, évoluée, fait changer notre relation, et je suis heureuse de sentir qu’elle va elle-même vers de nouveaux chemins, simplement parce qu’on se voit moins et que le lien malsain entre nous se délite par mon changement de position, et le sien nécessairement.
        C’est dingue comme les questions, leurs éventuelles réponses et les nouvelles questions qui se cachaient derrières peuvent soudainement se dérouler à tout vitesse, et laisser de la place pour la nouveauté.
        Et je m’excuse pour cette question peut-être un peu intime pour être posée ici, mais t’as déjà eu envie/consulté un psy ?
        J’ai l’impression que mon ego m’en empêche, et me fait surtout croire que ça va buter ma créativité lol (un peu cynique)

        • hahaha bien sûr que j’ai consulté longtemps. et oui l’ego nous fait dire “non non ça va, j’ai pas besoin”. mais hey va tu te laisser mener le bout du nez? consulter un psy, et cheminer de manière générale, fait exploser la créativité. regarde toute la scène hippie des années 70!

          • 😊😊😊 c’est clair !! Du coup je me lance dans de l’EMDR – c’est TELLEMENT MYSTIQUE, voyage dans l’ego.
            En tout cas merci pour tes réponses, ça confirme mes espoirs 🙂
            Bonne continuation

  • Waouh bouleversant cette article, je reconnais tellement ma mère actuellement dans ces paroles. Et pour ma part, j’ai tellement peur de sombrer dans ce chemin et notamment le jour où je deviendrais mère. Car c’est notamment la cause de la maladie de ma mère, elle nous as trop donné à moi, mon frère, ma soeur, mon père et elle s’est complètement oublié. Du coup, je traine cette peur de faire les mêmes erreurs le jour où j’aurais des enfants…

    • aurore, ah la mémoire familiale! normalement si tu es dans la reproduction tu n’auras pas attendu d’avoir des enfants pour être sans cesse tournée vers les autres et non vers toi meme. une aurore prévenue en vaut deux non? belle exploration à toi. et je confirme : explorer avant d’avoir un enfant est une meilleure option qu’après 😉

      • Oui, tout à fait, je suis une vraie sauveuse, qui se soigne et en grande partie grâce à toi qui me la fait le réaliser. Depuis j’essaie de faire attention à ne pas tomber dans ces penchants et j’essaie d’attendre qu’on me demande de l’aide pour le faire notamment ! 😉

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