Mais Tu Fais Chier

Putain de Merde

hahahahah, ce titre est écrit en Arial 80 et clignote bien sûr! car aujourd’hui, j’aimerais vous parler de COLERE! rhaaaaaaaaaa! sujet qui finalement ponctue ce blog depuis 1 an, car si je récapépète :

> je me suis avoué l’année dernière seulement qu’il y avait de la colère en moi (à 38 ans)(38 années à ne pas voir les choses!)(pfff)

> c’était lors d’un cours de danse avec le créateur du Krump, Tight Eyez… 2 ans plus tôt!

> J’ai ensuite lu le livre de Jerry (oh mon Jerry!) dont le chapitre sur le Dark Side m’avait tellement interpelée.

> Puis la lecture sur Spinoza et de son impératif à connaitre nos fauves intérieurs si l’on ne veut pas en être les premières victimes.

> et cette phrase évidemment de Jung « do you want to be good or whole« .

> on a ensuite joué avec l’arrivée de Trump au pouvoir au jeu « c’est tout moi ».

euh… ah ouais, ça fait pas mal quand même. en fait, c’est MON sujet du moment. et en fait…

j’ai décidé de pratiquer la colère. je veux dire « ma » colère.

et en fait… ça va!

 

 

1. Boys don’t cry… Girls can’t be angry

Alors évidemment, je suis aidée pour ça, puisque Jerry a été professeur de… colère… HAHAHAHA naaaannnn??? siiiiiii! si je vous jure, il a réalisé des séminaires et retraites etc sur le thème de la colère. Nous avions parlé de la vulnérabilité et de notre grande difficulté à nous montrer vulnérables. par honte. et que cette honte est sociétalement organisée par genre. les hommes doivent toujours être forts, les femmes, toujours lisses, belles, et surtout sans effort apparents. Donc boys down’t cry, grils can’t get angry!

ainsi Jerry me raconte que sur des exercices très simples de « on te met dans une salle confinée avec une batte de baseball et des coussins », les hommes n’ont aucun problème à taper pour laisser leur colère s’exprimer dans un lieu safe, alors que les femmes vont se à mettre sangloter juste à l’idée de prendre la batte dans leurs mains. SE METTRE EN COLERE POUR UNE FEMME C’EST JUSTE INTERDIT! et je trouve important que chacun.e puisse comprendre comment la société s’active en lui.elle de manière involontaire, mais tout à fait sournoise et probante (on parle bientôt de racisme ordinaire, de misogynie, de fessée…). l’image d’un homme en colère fait peur, une femme en colère est elle ridiculisée. interdire la colère est un outil de soumission extrêmement efficace. féministes levez vous… en colère!

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2. L’utilité de la colère

Selon Jerry toujours, quelqu’un qui n’est jamais en colère (genre moi)(avant), c’est comme une maison avec la porte et les fenêtres ouvertes en permanence : c’est dangereux! parce que tu laisses tout un tas de choses toxiques rentrer, sans même les voir comme telles. Quelqu’un d’anastrophique (contraire de catastrophique) se met en danger sans en être conscient.

c’est un… enfant (de type bisounours)

Donc là encore une fois, je parle à la petite fille que vous avez peut être du mal à quitter car la colère (d’adulte j’entends) c’est la fin de la perfection. c’est tout d’un coup s’acheminer vers son « whole » et non plus simplement son « good ».

 

 

 

3. pratique de la colère. 1ère partie. la reconnaitre. 

donc bon la colère, c’est comme la peur, ça a une utilité mais ça peut être dévastateur. c’est pour ça qu’on n’y va pas. mais l’autre jour je reçois une notification de headspace disant : si vous n’investissez jamais des sentiments jugés comme négatifs, comment pouvez vous les comprendre? cqfd

nous avons tous.tes des boutons, des leviers, qui une fois activés, déclenchent, on ne sait comment des colères parfois ingérables. ingérables soit parce qu’allant beaucoup trop loin, soit parce qu’au contraire mises directement sous le tapis : on ne la gère pas.

Donc la première étape je pense pour moi ça a été d’accepter : bah oui j’ai de la colère. ensuite, je l’ai laissée s’activer (pas forcément s’exprimer, à l’autre, mais au moins être présente en moi). comme ça il y avait plusieurs personnes en moi : la personne en colère et l’observatrice de la situation. sur une année, j’ai donc pu mettre le doigt sur les fameux boutons. Donc pour moi, ce qui me fout en l’air (je dis pas que c’est bien) (ou mal), c’EST, donc oui pour moi les 4 moteurs principaux de ma colère sont :

> le mépris

> la perception d’ingratitude chez l’autre

> avoir été jugée injustement

> le sentiment que l’autre me veut pour lui.elle sans tenir compte de qui je suis, désire. être objectivée quoi.

tout ça ne sont que des perceptions, on est okay, hein? mais pour moi, c’est énorme, c’est absolument énorme de pouvoir mettre le doigt dessus. et je vous invite à en faire autant pour vous.

j’ai aussi compris que mes colère sont explosives. ça fait irruption, ça m’obsède si je n’évacue pas. d’autres personnes sont froides et calmes dans leur colère. d’autres encore se réfugient dans des attitudes addictives (beauté, drogues etc…). là encore à vous de vous observer.

 

 

4. pratique de la colère. 2e partie. l’exprimer.

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Ai Wei Wei et ses « études de perspective »

alors certaines personnes utilisent leur colère très très bien. car c’est un flux d’énergie absolument incroyable et s’il vous arrive de pouvoir le chevaucher, et bah piting, ça peut carrément devenir très beau.

je pense ainsi à pas mal d’artistes, nous avons parlé de Tight Eyez, pour qui c’est vraiment conscient, mais vous avez aussi des gens comme Maiwen, elle est bien en colère elle non? Ai Weiwei aussi. Et bien, il doivent être épouvantables à vivre, mais pour le monde, ils en font quelque chose de cette colère. et je trouve ça bien. et puis bien sûr les militants. sans colère, il y aura toujours des Fillon pour voler ET se plaindre du sort qu’on lui fait (NAN MAIS SANS DECONNER!), des policiers tueurs et racistes (nan mais quoi on peut plus dire bamboula tranquille?!), des jeunes, ou des vieux, qui violent ET demandent à ce qu’on les punisse pas trop pour préserver leur avenir, etc.

il en faut de la colère pour arrêter la haine et l’injustice.

 

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Jerry a chez lui des images de la Déesse Kali. elle est furieuse, tire la langue, porte un collier de crânes autour du cou, et montre la tête décapitée de sa dernière victime. c’est la déesse de la destruction… et de la création. et que détruit elle? l’ignorance et la bêtise. j’en suis pas encore à vénérer Kali, mais ça ouvre vachement de perspectives je trouve. good or whole?!

Alors évidemment, avec l’homme que j’ai, c’est « facile » de me mettre en colère. facile pas dans le sens où les stimuli sont nombreux pour me foutre en rogne tout le temps, mais parce que les conditions sont réunies pour me dire  : tu as le droit. vas y, tu peux ma chérie.

je me suis donc autorisée à exprimer ma colère dans plein de situations différentes : allant de « je crois qu’on s’est ps bien compris », à « tu déconnes là » à « tu me dis/fais plus jamais ça » ou bien aussi des situations où tu maintiens un dialogue constructif, tout en déclarant, « je vous préviens je suis en colère, j’aimerais qu’on trouve une solution ensemble, et j’y crois et c’est pour ça qu’on parle, mais voilà, sachez que je suis présentement en colère. »

et en fait, les gens sont presque tous hyper réceptifs. compréhensifs. ça m’a surprise. alors je suis allée plus loin : je me suis obligée à exprimer ma colère systématiquement. et bah la vache, j’ai vu tout ce que je n’exprimais pas jusqu’alors… c’est vertigineux!

mais ça aussi ça fait du bien. montrer qui tu es, au moment présent. après libre en face d’accueillir ou pas. de comprendre ou pas qu’il y a dialogue, qu’il y a toujours une écoute. il faut aussi accepter que ta vérité ne soit pas gérable en face (avec les 2 options de l’ingérable mentionnées plus haut).

mais là, je vous parle de situations où la chose reste bien circonscrite à une situation/acte donné.e.

on peut aller plus loin.

 

5. pratique de la colère. 3ème partie. se perdre (optionnel). 

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et donc là, il y a trois semaines (oui c’est pour ça que je n’arrive pas à écrire depuis… faut du temps pour digérer), pour la première fois j’ai pu exploser, et pleurer, et hurler, et taper, et tout.

et tout

et là c’est comme un voyage. je crache le morceau (la vache comme ça m’est difficile), et on m’écoute, et on acquiesce (oui c’est vrai, tu as raison), et on m’en demande même plus. plus. plus. encore plus. et moi j’ y vais, loin, loin, toujours plus loin. et puis je dérive, j’ai le droit et je dérive encore. ça doit pas durer si longtemps, mais peut être quand même. je dérive et à un moment je me retourne et je vois que je suis seule. je me retrouve sur l’autre rive. tu sais la rive du très fameux « je vous déteste tous bandes d’enculés » et je vois que j’ai toujours le droit mais que tu suis seule, parce que je suis allée trop loin, en moi, dans « ma » colère, mais que j’avais le droit. et donc je peux reprendre ma barque, apaisée, et revenir. parce que j’ai le droit aussi. et qu’on m’attend de l’autre côté et qu’on me dit : je te comprends. et je suis désolé.e.

et là tu fonds en larmes, parce que la colère, comme me le disait Aurélie parlant de son Garry, c’est une émotion de substitution. c’est une porte vers un grand chagrin. et alors autre chose va encore émerger. et une fois que cette porte là sera atteinte, puis ouverte. toute ta peine va pouvoir sortir.

et je vous jure, ça fait un bien fou.

et mieux vaut, quand cela est possible, allez voir là bas si t’y es que d’éclater dans des situations qui ne sont pas adéquates (oups le mariage de ta.ton meilleur.e ami.e où tu t’es battu.e « parce que » ivre mort.e)!), ou injuste (oups ton môme ou ton ménage qui trinque), etc, etc.

 

6. conséquences

bah la vie est plus riche, mais plus complexe aussi. c’est le fameux bouton de l’ampli : tu augmentes le son de toutes les émotions, ou tu baisses le son de toutes les émotions.

c’est donc un choix de vie. mais pour moi qui cherche toujours cette exploration de l’intime, et bien ça fait sens.

et donc, c’est moins confort que de déclarer quoiqu’il arrive, c’est pas grave : la vie est belle. et ça n’est aussi pas toujours possible. pour soi, comme évidemment pour l’autre.

Et puis, nous ne sommes pas obligés d’accueillir les colères de l’autre. mais c’est un mur que l’on peut gravir ensemble, aussi, et dans l’accueil. c’est une drôle d’aventure.

et puis, parfois aussi, il faut que je vous dise, au bout du voyage sur la barque, il n’y a pas que de l’apaisement de vidage de sac (ce qui est déjà énorme), il peut aussi y avoir de la réparation parce que ça n’est qu’après ce voyage que tu peux faire la part des choses entre l’évènement qui t’as mis.e en colère et tout un tas d’autres dossiers… qu’il t’incombe désormais de régler. et il n’y a alors pas que de l’apaisement et de la réparation (ce qui est déjà encore plus énorme), il y a de la gratitude, et de la bienveillance. toujours. et parfois pour les trouver, il n’y a pas de ligne droite et surtout pas de raccourci. cela demande tout ce voyage.

voilà, j’espère que ce post pourra vous aider dans votre chemin. pour ma part, je vais avoir 40 ans dans quelques jours. et il semblerait que je fasse le ménage. avant.

cheers!

Il y a 7 mois / Bouche 77 commentaire(s)

77 commentaire(s)

  • j’ai tout lu de travers, j’ai été perturbée par une phrase: « sujet qui finalement ponctue ce blog depuis 1 an », tu ne vas pas t’arrêter, dis ?

  • Ca me parle beaucoup, ce post. Moi qui ai tendance à me dissoudre dans mes sucs gastriques à force d’être en colère, hahaha ! J’en suis au stade où j’ai fait le tour de l’identification des « usual suspects » (enfin je crois), je vais essayer de passer au stade d’après… L’expression consentie de la colère (CUE IN petite voix qui dit « gnnnn mais j’ai pas le droit, ça se fait pas, si ? ») plutôt que la cocotte-minute qui pète au petit bonheur la chance, ou qui, pour les sujets de société qui m’énervent, se sent obligée de s’enrober d’atours intellectualisants et pompeux pour s’autoriser à s’exprimer… « Parce que sinon, tu es juste en colère, et c’est pas bien ». Gros boulot !

    Je voulais te dire aussi, Mai, sur tes conseils je suis en train de lire « Women who run with wolves ». Je me prends plein de grosses baffes dans la gueule bien salutaires, alors merci BEAUCOUP pour cela, et tout ce qui tu partages par ici.

    Bises,

    Mélo

    • merci Mélo! oui femme qui coure avec les loups c’est pffff. et d’ailleurs dans barbe bleue, elle en parle des femmes qui ont trop été élevée pour rester gentilles et policées : c’est dangereux pour elles! et pour le reste, le principal, j’imagine est d’être dans sa vérité. et si cette vérité c’est de chercher l’assentiment de l’autre, et bien pourquoi pas?! ça peut passer aussi après. il faut juste bien nommer les choses et tenter de ne pas de fourvoyer dans des représentations fausses de soi. pour ma part, à part 1 fois, je n’ai eu que des retours positifs. positifs pas forcément dans le sens d’une relation harmonieuse (ex si ta comptable fait que des conneries, bah je trouve ça bien de lui dire, et si elle est pas contente… c’est le même tarif!), mais dans le sens ou sans manquer de respect à l’autre, tu fais tout simplement entendre ta voie.x . mais il faut déjà que toi tu l’entendes cette voie.x non? hehe! allez bonne route! et à très vite!

  • C’est marrant, je me reconnais dans 2 de tes 3 sujets de colère: le mépris et l’objectivation.
    Alors je cherche les points communs dans nos parcours. Et je pense qu’en tant qu’enfants d’immigrés et en tant que femmes ces problématiques sont centrales.
    Ca aide de réaliser que je ne suis pas complètement isolée dans mon ressenti et donc pas folle, parano, hystérique…comme la société se plait à nous le faire croire.
    Merci de partager tes doutes et des cheminements. Tu es une vraie compagne de route, une compagne de lutte aussi.
    D’ailleurs, le traitement de la colère ne serait-il pas politique? Comme tu le dis, nier le droit à la colère des femmes c’est les maintenir dans un état de soumission.
    Et nier la colère des peuples, c’est quoi alors?
    Je t’embrasse.
    @riendemieux sur ig

    • merci claire : oui tu as raison, nier la colère des peuples, c’est affreux. mais ça finit avec des têtes décapitées non? la peur et la soumission sont les garants d’une pérennité politique. c’est à nous, femmes, citoyens, humains d’en décider autrement! ALLEZ BORDEL DE MERDE! hahahahah belle route claire! et merci pour ton com

      • Et une citation de plus ! : « On ne résout pas un problème avec les modes de pensée qui l’ont engendré. » Albert Einstein. Pas facile de sortir de certains modes de pensées et de puiser dans de nouveaux ! Drip drip drip … ! 😉

  • Hum hum…encore un super billet, merci merci de partager ici tes explorations intimes et tellement universelles pourtant 🙂 en lisant ton billet, pleins de choses s’éclairent aussi pour moi, notamment l’évolution d’une situation amicale qui ne me convient pas, qui me questionne beaucoup et où je sens qu’il y a des émotions sur lesquelles j’ai du mal à mettre des mots, même en essayant d’être le plus objective possible (pas facile forcément). Grâce à ton billet je comprends qu’il y a notamment de la colère…j’ai très envie de l’exprimer cette colère, comme tu as pu le faire, mais ce qui m’en empêche c’est bien sûr « comment ce sera perçu en face ? » « y aura t’il une écoute ? », comment l’exprimer tout en respectant quand même la personne concernée ? est-ce qu’il faut laisser tomber la notion de respect dans ce cas là ? car la colère c’est le lâcher-prise, et des mots qui peuvent aller loin, qui parfois dépassent la pensée…comment gérer les éventuels regrets ou la fin d’une relation ? car parfois, une fois rendu sur l’autre rive dont tu parles, on ne peut plus faire le chemin inverse, ou si, on peut mais peut-être que l’autre n’est plus là…c’est compliqué (ou pas), mais c’est passionnant en tout cas…merci Mai

    • hello isabelle! tu mets le doigt sur la question qui nous tenaille tous : que va penser l’autre. et ma colère risque de le.la dévaster. je vais peut être même pas le.la respecter. et toi dans tout ça? ne veux tu pas simplement être heureuse dans cette relation amicale. cette colère ne vise t elle pas à autre chose de « bien » pour toi. n’est il pas temps d’assumer le « pour » toi? rien dans ces questionnements ne montrent de manque de respect à l’autre, si?! en revanche, il faut accepter que l’autre ne puisse, ne veuille pas, l’entendre. si tu es un poisson dans un filet, et que tu décides de bouger, alors les autres poissons avec toi sont obligés de bouger aussi et certains ne voudront pas le faire. et alors il faudra juste se demander « so what? » j’ai le droit de ne pas être d’accord, de ne plus avoir envie de « ça ». ou au contraire, je suis allée trop loin, cette personne me manque, je n’ai pas été juste avec lui.elle etc.
      en tout cas, commencer la discussion juste en étant vraie « je ne suis pas bien », « je suis en colère » etc va t’aider à mettre des mots. on a dit qu’il fallait oser la vulnérabilité non? alors dans le livre de berné il y a un chapitre sur les débriefing difficiles et elle parle de la technique « être du même côté de la table », pour du même côté de la discussion, au lieu d’être dans la confrontation. et en même temps, t’as le droit d’être en colère… etc. etc. et puis, s’il n’y a pas d’écoute en face et bien j’ai envie de te dire : au moins tu en auras le coeur net sur la nature de cette relation! cheers! allez sans blague, je sais que ces discussions sont difficiles. alors bon courage.

      • tu as raison, c’est vrai qu’avouer sa colère ce n’est pas forcément se positionner « contre », mais aussi faire avancer le « pour », le « ensemble »…merci d’avoir pris le temps de répondre à mes questions 🙂 je vais digérer tout ça maintenant 🙂

  • Et oui ! 😉 La colère a aussi été ma compagne ! 😉 Des souffrances qui engendrent des colères.
    Nous sommes très souvent de pauvres animaux, la cervelle épuisée de pensées qui ont transformé le charmant bordel de notre esprit en petite raison close.
    La colère qui fait que l’on se sent vivant, qui traduit une grande vitalité à l’intérieur de nous-mêmes, qu’il est bon d’écouter et à laquelle il est bon de ne pas s’identifier, est un non à la réalité, un besoin de considération, d’attention, non nourri.
    Petits extraits :
    Pierre Desproges:
    « Bonjour ma colère, salut ma hargne, et mon courroux : coucou ! » J’adore ! 😉
    Fabrice Midal :
    « La négativité, personne ne peut l’éviter. Elle est le signe que nous sommes sensibles, que notre cœur est vivant. Nous sommes en colère parce que nous sommes touchés et ne savons que faire de cette blessure. En faire l’épreuve. La négation de la négativité, en revanche, il faut la trancher. Sur le champ. Aucune complaisance. Si nous disons du mal de quelqu’un parce qu’il nous a ignorés et que son attitude nous a blessés, arrêtons sur-le-champ. Que nous ayons mal de son attitude à notre égard, voilà qui peut s’expliquer et se comprendre, mais ne nous laissons pas aller à nous venger.
    L’amour exige que nous tranchions net dans ce jeu néfaste de la négation de la négativité. »
    Le yi king :
    « Quand un homme est mû intérieurement par des sentiments provenant du monde extérieur et créés par la crainte et l’espérance, il oublie la logique interne du caractère.
    Une telle inconséquence intérieure conduit à la longue à des expériences douloureuses.
    Ces humiliations viennent souvent d’un côté auquel on n’avait pas songé.
    Ce ne sont pas tant des effets du monde extérieur que des connexions régulières déterminées par notre nature. »
    Quitter le vase clos de nos univers personnels !
    Quelque soit l’image que l’on donne à cette émotion nourrie de pensées, il y a un moment où le barrage cède et déborde, où la porte se fissure et se brise.
    Christiane Singer : « seule la confrontation avec mes blessures, seule l’effraction des placards – dans une souffrance qui somme toute n’est pas pire que celle que j’endure à enfouir et à nier ! – sont en mesure de me délivrer. » Tellement vrai !
    Léonard Cohen :  » Ring the bells that still can ring Forget your perfect offering. There is a crack in everything, that’s how the light gets in. »
    Forget la petite fille le petit garçon qui veulent faire plaisir !
    Denis Marquet : « Nous avons reçu, enfant, les blessures de notre âme, et celles-ci n’ont pas été reconnues. D’où la difficulté d’en assumer à présent la responsabilité.
    Soyons indulgents avec nous-mêmes : c’est un très long et difficile chemin, celui de la maturité ».
    Shakbar :
    « L’homme compatissant est bon, même en colère ; dénué de compassion, il tue avec le sourire. »
    « Une colère noire. Lettre à mon fils » de Ta-Nehisi :
    «  Je t’écris dans ta quinzième année, écrit Ta-Nehisi à son fils, Samori. Je t’écris car, cette année, tu as vu Eric Garner se faire étrangler et tuer pour avoir vendu des cigarettes. » Et il y eut aussi Trayvon Martin, Tamir Rice, Jordan Davis, Kajieme Powell, etc., tous abattus par des policiers. Lorsqu’il comprit que les assassins de Michael Brown ne seraient pas condamnés, Samori se réfugia dans sa chambre pour pleurer. »
    Lytta Basset :
    Plus la révolte a conscience de revendiquer une juste limite, plus elle est inflexible. Réclamant l’unité de la condition humaine, elle est force de vie, non de mort.Elle est alors sainte colère.
    Camus :
    « Celui qui ne peut tout savoir ne peut tout tuer (…) La révolte ne vise qu’au relatif et ne peut promettre qu’une dignité certaine assortie d’une justice relative. Elle prend le parti d’une limite où s’établit la communauté des hommes. »
    Yvan Amar :
    « Quand le poison de la colère, sur le plan émotionnel, se transforme en compassion, c’est la mort de l’idée de la solitude, du besoin d’être aimé. »
    Darpan :
    « Nous connaissons bien la virulence des résistances qui nous animent et savons jusqu’où elles peuvent nous emporter. Le fait de composer avec elles sans y céder, tout en restant ouverts et vigilant dans la colère, l’énervement, la peine, le doute ou la peur exige un savant mélange d’intelligence et d’attention que seule une discipline quotidienne permet de développer. »
    Comment dire vraiment sa colère sans agresser l’autre et tomber dans un cercle vicieux de violence ?
    Christophe André :
    « La colère naît le plus souvent d’un dommage injuste, ou que l’on juge être tel. Ainsi y a-t-il de justes colères, quand elles viennent au secours de la justice. Mais la plupart ne viennent au secours, hélas, que du narcissisme blessé : désir, non de justice, mais de vengeance. » Je ne souviens pas d’une seule de mes colères après laquelle je ne me suis pas senti mal. Même si elle me semblait juste. Toujours eu le sentiment que j’aurais pu m’y prendre autrement… »
    Matthieu Ricard :
    « Lorsque l’ego ne se repaît pas de ses triomphes, il se nourrit de ses échecs en s’érigeant en victime.
    Entretenu par ses constantes ruminations, sa souffrance lui confirme son existence autant que son euphorie. Qu’il se sente porté au pinacle, diminué, offensé, ou ignoré, l’ego se consolide en n’accordant d’attention qu’à lui-même. »
    Le XIVe Dalaï Lama :
    « Pour diminuer la souffrance, il faut distinguer entre la douleur propre à la douleur, et celle que nous créons rien qu’en y pensant. La peur, la colère, la culpabilité, la solitude et le désespoir sont autant de réactions émotionnelles susceptibles de l’intensifier ».
    Yvan Amar :
    Combien de fois dans nos relations faisons nous trébucher. Celui là est doux qui n’est pas source de trébuchement pour son prochain. Celui par qui ce scandale là n’arrive pas. Celui là ne nuit pas, ne blesse pas, il n’est pas emporté par la colère.
    Marc Aurèle : « Les conséquences de la colère sont beaucoup plus graves que ses causes. »

    Qu’engendrons-nous par nos pensées et nos actes ?
    La victime se nourrit de la colère.
    Transformons les poisons en nectar !
    Quand vous appuyez sur le bouton arrêt d’un ventilateur, il continue à tourner encore quelques dizaines de fois. La colère s’apaisera peu à peu.
    Et enfin un petit truc, savoir demander de l’aide :
    Je suis en colère, je souffre.
    Je veux que tu le saches.
    Je fais de mon mieux.
    Je m’efforce de n’accuser personne pas même toi.
    Nous sommes très proches l’un de l’autre et nous nous sommes engagés l’un envers l’autre. C’est la raison pour laquelle j’ai besoin de ton soutien et de ton aide, afin de sortir de cet enfer.
    Je t’en prie, aide moi.

  • Bonjour Mai,
    J’ai presque eu envie de pleurer à la fin de ton post … de soulagement.
    ça me parle, ça me touche et j’apprécie la place que tu donnes à la Vie.
    Tes réflexions m’accompagnent dans mon propre chemin, et je suis touchée par ta bienveillance.
    Cela fait peu de temps que je t’ai découverte ( 2 ans je dirais) et je me régale à chacun de tes post.
    Merci ! ✨

  • Lytta Basset :
    Il (Jésus) n’avait pas censuré sa colère … mais il avait de plus en plus senti leur blessures sous les dysfonctionnements. Et il avait renoncé une fois pour toutes à évaluer le degré de culpabilité des uns et des autres : « malheureux-malfaisant » ( < un seul mot (ponèros) à la double signification), avait-il dit de son ami Judas qui s'apprêtait à le trahir.
    Qui n'a pas été malheureux-malfaisant ?

  • Incroyable, fou! Merci Mai d’avoir écrit ça maintenant. Merci que le hasard fasse que je tombe sur ton article aujourd’hui. Moi aussi j’aurai 40 ans dans qqs semaines et je pense que je suis en colère depuis ma plus tendre enfance! « Notre besoin de consolation est impossible à rassasier »…n’est-ce pas? Je crois que cette blessure originelle, métaphysique et universelle a nourri ma colère depuis toutes ces années. Il y a un an je me suis brouillée avec ma meilleure amie. Par un effet de ricochet et une suite d’incompréhension et de non-dits je me suis aussi coupée du cercle d’amies qui gravitait autour de nous. Une sorte de « strike ». J’étais dans l’incapacité de recoller les morceaux avec ces gens proches, à cause de ma rage enfouie. Et puis il y a 2 mois j’ai fais une fausse couche. Toutes ces mésaventures m’ont mise dans un état de déprime et surtout j’étais VÉNÈRE!!! Alors je suis allée chez un acupuncteur chinois qui au bout de 5 minutes a appuyé sur mon foie en disant « ça vient de là ». Or, le foie est l’organe de la colère. Moralité quand tu réprimes la parole, ton corps s’exprime et peut même s’auto-détruire. Hier soir je revoyais cette amie et je lui exprimais toutes mes rancoeurs, comme une purge. Depuis que j’ai vu cet acupuncteur ma douleur au foie s’est matérialisée en une boule qui se déplace selon mes émotions : tantôt dans le plexus, tantôt dans le ventre, tantôt dans la gorge. Comme une petite bête. Exorciser tout ça prend du temps mais le maître mot tu l’as très bien formulé c’est comprendre. Je sais que tant que je n’aurai pas réussi à déterminer précisément ce qui me blesse autant, cette petite boule continuera de se balader dans mes entrailles.

    • oui le corps te dira toujours ce que l’esprit n’ose pas investir. heureusement. il faut eventrer les placards et découvrir ce que cette colère a a t’enseigner. et puis tu pourras la laisser partir après! c’est trop douloureux cette boule qui se balade malgré nous. bonne continuation sur ton chemin.

  • Ton post me laisse perplexe, je suis dans le mouvement inverse après avoir lu le livre de Eckart Toole, Nouvelle terre, je me suis rendu compte que la plupart de mes colères et frustrations étaient en lien avec mon ego et une sur-activation de mon mental qui se racontait des histoires, faisait des suppositions, activait de vieilles blessures, ce que je ressentais était ma réalité mais pas forcément celle de mon interlocuteur et me mettre en colère, loin de m’apaiser réactivait toutes mes blessures et je me sentais encore plus mal après… Après avoir beaucoup souffert de cette situation et avoir lu ce livre qui a été une révélation pour moi, j’ai décidé de ne plus me mettre en colère si je sentais que cette colère provenait en fait d’une blessure narcissique, de prendre le recul nécessaire et d’en parler ensuite de manière plus calme. je ne sais pas si je suis très claire, j’ai simplement le sentiment d’avoir atteint depuis plus de sérénité (Mai, peux tu supprimer mon message précédent avec mon email stp, petite erreur de manipulation). Ah j’oubliais j’adore ton blog qui m’apporte bcp

    • merci ludivine! oui tu as tout à fait raison. l’ego et ses conséquences (colériques) sont à dissoudre. car dans ce cas la colère est comme une drogue ou un feu : plus tu l’alimentes plus il devient grand. c’est le fameux loup noir don’t parle le conte amérindien cité dans le post sur spinoza. il m’arrive aussi d’avoir ce type se colère mais j’arrive assez vite maintenant a gérer seule. oui ca effectivement ca n’est pas « juste ». tu as raison. merci!

      • en revanche (j’ai re-réflechi) si tu regardes les exemples que je donne, tu vois bien qu’il ne s’agit pas de colère d’ego. Christine Angot devant Fillon, elle n’est pas là pour défendre sa pomme. vois tu ce que je veux dire? il y a une toute une typologie de la colère à faire. et il ne faut pas s’en passer. évidemment si a la fin de l’analyse tu vois qu’il n’y a que de l’égo, oui, on dissout, s’il y a autre chose (on te manque de respect par exemple) et bien alors ça vaut le coup non? xxx

        • Discussion intéressante ! C’est très complexe cette histoire d’ego. Qui est-ce « je » et y a t il un ego derrière ce ‘je » qui se dit je ne me mettrai plus en colère ? D’autre part, je pense que l’égo se manifeste aussi quand ce n’est pas pour sa pomme. Et il n’y a aucun problème dans tout ça. Le pouvoir du moment présent est très intéressant mais qui peut prétendre ne jamais « être » dans le passé ou le futur ?

  • Le message de Maiwenn dans « Pardonnez-moi » : se « dépréoccuper » d’une impossible réparation, cesser de se complaire dans la souffrance. C’est comme cela que je l’ai perçu.

  • C’est amusant, adolescente, j’avais un sac sur lequel était imprimé exactement cette image de la déesse en colère (sans en savoir la signification). Je me suis baladée longtemps avec. Une période à laquelle j’étais rebelle et en colère contre beaucoup de choses ! Je n’avais alors aucun soucis à l’exprimer.

  • L’égo est un petit enfant moi qui a besoin d’être pris dans les bras (consolation) et d’un autre qui puisse mesurer combien cela a été dur pour ce petit enfant moi. De la compassion, de la tendresse et de la douceur pour nos petits enfants moi. Le consolateur est en chacun de nous.
    « Je ne suis pas de ceux que l’amour console. Il en va bien ainsi. Qu’est-ce, en effet, qui me serait plus inutile à la fin qu’une vie consolée ? » R M Rilke
    Oui ! « Notre besoin de consolation est impossible à rassasier »
    « …mais le souvenir du miracle de la libération me porte comme une aile vers un but qui me donne le vertige : une consolation qui soit plus qu’une consolation et plus grand qu’une philosophie,
    c’est à dire une raison de vivre ». Stig Dagerman
    En restant enfermés dans une tour d’ivoire, à l’abri, croyons-nous, des souffrances et des déceptions, nous ne connaîtrons jamais la vraie joie. La liberté est un risque : celui d’être soi, d’aimer sans mesure et d’inventer son existence indépendamment des sentiers déjà connus. Cela ne peut se faire que si nous ouvrons les yeux sur la fragilité de notre être, sur notre part d’ombre et sur celle de notre temps.

  • Venant d’une famille très soupe au lait qui explose tout de suite, avec une mère qui garde son calme mais avec quelques colères froides bien senties, la colère je l’ai toujours plutôt bien connue. Et je pensais avoir un rapport assez « sain » avec. Je dis tout de suite quand ça va pas. Ça évite d’exploser quand c’est trop tard et la rancœur. J’ai eu enfant, adolescente et jeune adulte de grandes crises de colère salutaires et toujours assez bien « acceptées ».
    Mais depuis un an ou deux je me rends compte que parfois je rêve de colères. Je rêve que je me dispute, que je pleure littéralement de colère dans ces rêves. J’ai commencé à me demander d’où ça venait et pourquoi alors que je suis dans une phase plus appaisée et plus constructive je faisais ce genre de rêve. Je n’ai pas la réponse mais ça fait partie du processus de pourquoi maintenant j’ai besoin d’aller voir quelqu’un.
    Alors merci, vraiment merci, pour cet article qui a remis le doigt sur un point que j’essayais inconsciemment d’occulter.

    • merci pour ton com chaline, je ne sais exactement ce qui t’inquiète dans le fait de rêver de colère. peut être as tu juste une nostalgie (de quitter l’enfance?). en tout cas je suis heureuse que ca t’aide d’une manière ou d’une autre… bon travail alors! x

  • Un album sur la colère superbement illustré et écrit par Emmanuelle Houdart pour petits et grands enfants.
    Extrait : « Abdomen. Certaines mamans, trop bien intentionnées, ne se mettent jamais en colère. La colère reste donc là où elle est née, au fond de l’abdomen, en compagnie parfois d’un bébé qui lui, finira toujours par sortir. Que plus tard cet enfant se roule par terre en hurlant devant la caisse du supermarché n’étonnera personne. »

  • Frida Kahlo prouve qu’il est une autre santé que celle, bien sûr fort appréciable, du corps intact : la santé assez forte pour porter la vie jusqu’en ses insondables abîmes.

    « Dans l’œil des cyclones des désespoirs occasionnés par les blessures d’amour, les atteintes physiques, les désirs avortés de donner la vie, Frida Kahlo demeure, atteinte en sa chair vive, incroyablement vivante, ce dont ne peuvent pas toujours se targuer les gens « en bonne santé » !
    Car il lui fallut une forme inédite d’amour de la vie et des autres pour se relever de ce qui aurait pu la tuer. Qui d’autre que Frida par exemple aurait pu accompagner sans rancune durable Diego Rivera, son Gargantua de mari, dont la boulimie amoureuse lui fit franchir la limite dont l’outrepassement aurait pu la pousser au suicide, en faisant de la sœur adorée de Frida sa maîtresse ? »

  • C’est très troublant de se retrouver dans beaucoup de tes mots.
    Je pense que ton article est venu à moi pour me faire prendre conscience de quelque chose de très important : être en colère c’est parfois et surtout nécessaire !
    Le processus est en train de prendre place petit à petit et je réalise en t’écrivant que je rêve beaucoup de colère ces derniers temps.
    Je l’attends depuis quelque temps maintenant. Suite à un accident de voiture, une personne ivre m’a percuté sur une terrasse et jusqu’à présent je n’ai pas eu de colère envers cette personne, lui trouvant des excuses malgré maintenant 3 années de souffrance, d’opérations, j’ai pu reprendre une activité il y a un an, je m’en sors pas trop mal mais je crois que la colère doit sortir !
    Merci beaucoup pour ces mots, merci d’avoir guidé ma colère et bonne route à la tienne.

    • merci pour ce com qui me touche tellement. je l’avais vu pour ma grand mère, il faut une reconstruction physique pour entamer ensuite une reconstruction psychologique. je te souhaite de tres tres belle chose dans ce « voyage ». a tres vite.

  • Bon, j’ai lu un peu en diagonale les commentaires j’espère ne pas faire de redite :
    déjà pour les féministes : « je suis pas en colère parce que je suis féministe, mais je suis féministe parce que je suis en colère.  »
    La colère elle te pousse vers tes idéaux, elle te montre ce qui les bajoue…
    J’aime profondément ma colère, c’est même ça qui m’a permit de tenir pendant longtemps, à ce moment là j’étais seule sur la rive à cracher et attaquer. Maintenant ça va mieux, mais elle est toujours là, prête à sortir ou à m’aider quand j’en ai besoin.
    Avec ma petite taille et ma petite voix, ça m’a souvent desservi, mais tant pis, je garde précieusement cette énergie.
    Que ça soit pour le féminisme ou le politique, les gens qui tentent de me faire croire que « sans colère on pense mieux, on est plus raisonné », je leur réponds que la raison et le bien pensé dirige faussement le monde depuis longtemps, et qu’il est temps d’apprécier sa colère. Aussi flippant que ça puisse être.

    (l’amour, la bienveillance, ça grandit aussi, mais la colère reste à mon gout bien plus constructive)

    Bisous Mai

    • trop intéressant comme com. merci naïs! et bien je pense qu’il y a les passions/sentiments avec lesquels nous naissons, l’amour, la colère, la joie. et qu’il y a ensuite les constructions. la bienveillance en fait partie. il faut apprendre l’empathie et la bienveillance et la gratitude à un enfant, sinon il grandit sans y goûter. et bien sûr c’est pareil adulte. et la colère sans ces constructions la reste une passion enfantine justement. la colère devient un potentiel constructif si on élabore tout un tas d’autres choses pour la canaliser et ne pas la rendre aveugle, sauvage et egotique. qu’en penses tu?
      apres chacun a ses moteurs principaux. la colère peut être constructive chez certain.es et parfaitement stérile pour d’autres. ca dépend aussi des paliers de conscience j’imagine. et que quelqu’un d’unique lent joyeux et bienveillant peut se retrouver démuni.e devant l’injustice. etc etc. encore merci pour ta réflexion! x

  • Merci Mai pour ce post. Je l’ai lu 2 fois et suis allée relire ton post sur le Krump. Tellement d’enseignement ! Encore merci. Pour ma part, je suis encore dans le good et j’essaie d’aller vers le whole. Pas évident quand la peur du rejet plane au dessus. Pas évident non plus quand on n’a pas l’habitude d’exprimer notre colère autre que de manière hystérique devant son homme (et malheureusement devant ses enfants). Encore merci pour ta leçon, Professeur 🙂

    • hihihi huihan, la route est longue, mais belle. et le rejet, si la colère est suffisant juste et canalisée ne se fait qu’auprès de gens qui peut être ne peuvent pas la recevoir. mais alors qn qui ne ne peut « te » recevoir complètement (whole-ment) mérite t il.elle de recevoir juste une partie de toi? est ce une relation vraie puisque parcellaire? belle route à toi! xxx

  • « Boys down’t cry, grils can’t be angry » … « dangereux parce que tu laisses tout un tas de choses toxiques rentrer, sans même les voir comme telles. »
    Oui ! à vous de vous observer comme tu dis. Connect before correct ! Se connecter à soi-même : Observation Sentiment Besoin puis Demande. D’abord voir et se connecter à soi-même (à la colère, tristesse, …) à ses besoins, à sa demande et donc à l’autre, et corriger si possible, en fonction de ses besoins et des besoins de l’autre. Tout un art !
    On éduque jamais qq’1 avec une intention sur l’autre, depuis l’endroit où l’on se dit et où on lui dit, avec + ou – de colère, qu’il ne devrait pas penser ça, faire ceci, … !
    Dire cela ne me va pas ! Sortir de la relation si besoin.
    Il y a tellement de ménage à faire d’abord en soi, alors faire le ménage chez l’autre !

    Mai, tu écris : « colères ingérables soit parce qu’allant beaucoup trop loin, soit parce qu’au contraire mises directement sous le tapis : on ne la gère pas. » A mon avis, voir s’il s’agit d’une saine colère ou d’une colère émotionnelle qui cache qqc sous le tapis et voir si possible ce qui a été mis sous le tapis en même temps que la colère, qu’il y ait expression de la colère ou pas.
    C’est sans doute plus difficile de voir, lorsque la colère est sous le tapis. Elle n’est jamais vraiment très loin en fait, contrairement à ce qu’il y a derrière la colère qui est plus ou moins loin (émotionnelle). Ce qui est tapis sous le tapis, cela peut atteindre de sacrés couches !
    Je ne sais pas si je suis assez clair.
    Effectivement il y a toute une typologie de la colère; « il en faut de la colère pour arrêter la haine et l’injustice », comme tu dis. C’est la raison pour laquelle, comme le dit Darpan (cité plus haut), cela exige un savant mélange d’intelligence et d’attention à soi-même avant tout, et à la forme que prend une légitime colère sans qu’elle ne se transforme en haine de l’autre et aboutisse au cercle infernal de haine contre haine.
    Au pays de œil pour œil et dent pour dent, nous serions tous aveugles et édentés. Cela ne veut pas dire qu’il ne faut pas se défendre et se laisser marcher sur les pieds ! L’art et la manière d’agir et non de réagir ! xx

  • Colère je l étais jusqu’ à mes 40ans. J étais la boule de nerfs a toujours vouloir dire « Oui mais… » et ca explosait. Après 40ans je suis plutôt dans la construction…et je continue. Comprendre sa colère c est primordial nan ?
    « Peut être cherchez vous parmi les branches ce qui apparaît dans seulement dans les racines » Rûmi
    Merci Mai❤

    • oui je « discutais » avec des friends sur facebook jusqu’à me rendre qu’il était plus important pour eux d’avoir raison que de dialoguer. on avance tous dans notre chemin. merci jocy!

  • Tout est maître et médecine. Il est difficile, voire impossible de se dire cela sur le moment, il est possible parfois de le sentir rétrospectivement. S’il n’y avait pas eu cette perle noire, ce collier n’aurait pas la valeur qu’il a aujourd’hui.

  • J’aime vraiment beaucoup le tournant que prend ce blog. Ce que j’aime c’est que tu es à la recherche de vérité, d’authenticité. Et tu ne fais pas semblant. Et tu partages avec nous le plus beau comme le plus difficile. En tant que jeune femme de 26 ans, et jeune psychologue, cela fait beaucoup de bien de te lire ou de t’écouter. Alors merci. J’ai commencé le livre de Jerry mais je lis l’anglais assez lentement 🙂
    Continue a nous faire voyager, je t’en suis reconnaissante

  • Ahahahahha MAI…..! Non alors merci encore pour ton partage! Merci pour ce chemin éclairé…Kali je négocie avec ma tatoueuse pour qu’elle me la dessine dans le dos parce que je me reconnais en elle et j’assume! Bon bref je t’embrasse ( oui je me permets parce que j’ai vraiment envie de te dire merci avec les bras😉) je te souhaite une nouvelle très belle année et bravo pour cette colère accompagnée !!

  • Je valide la suggestion de Los Relatos Salvajes (traduit par Les Nouveaux Sauvages), ce film est une tuerie ! C’est sur des individus qui un jour lancent un gros fuck à ce qui les fait souffrir et font exploser leur colère rentrée pour le meilleur et pour le pire. C’est vraiment super jouissif à regarder, c’est drôle, beaucoup d’humour noir. Bon visionnage !
    Et encore une fois merci pour ce partage, j’aime bien lire les commentaires aussi c’est enrichissant. C’est marrant parce que parfois tes évolutions font écho aux miennes, notamment tout le questionnement sur la colère, je travaille dessus en ce moment. J’ai entamé une psychanalyse cette année suite à un trauma (le même qu’une des interviews que tu as publié récemment) et des changements, et dernièrement j’ai bien l’impression d’ « avoir rencontré mon animus ». C’est un concept de la psychanalyse jungienne qui l’explicite comme la part masculine que la femme a en elle et tout l’enjeu c’est d’arriver à voir cette part en soi et d’entretenir une bonne relation avec. (https://www.cgjung.net/oeuvre/textes/animus.htm) Je mets des guillemets car c’est toujours à prendre avec des pincettes, délicat, l’interprétation des rêves, de la psyché etc.
    En te souhaitant une bonne continuation,
    Amandine

    • merci amandine. et oui cet animus dont pincola parle beaucoup dans femmes qui courent avec les loups et dont je parle dans un post. cette reconnexion est vitale! complexe mais vitale! bise

  • C’est très intéressant. Je pense aux belles scènes de colère dans les films de Xavier Dolan, qui ouvrent tant de possibles. Les choses sont dites, enfin. Merci aussi d’avoir mis ce gif de Ségolène Royal (plus rose que rouge Laurence anyways, si on parle en couleurs 😉 ). Un prof au lycée avait voulu nous démontrer à quel point elle avait perdu sa contenance d’éventuelle présidente en se mettant en colère à l’époque, et je ressentais beaucoup de contrariété suite à ce cours, sans pouvoir mettre un mot dessus. Et puis moi-même j’ai été très en colère au travail. Il y a le rejet difficile au début certes mais toute la douceur de la marée, ensuite. Les coquillages font d’eux-mêmes le tri, la vie le fait. C’est très doux à la fin.
    Bon courage sur cette voie si complexe et enrichissante

    • merci adeline! oui la colère des autres est parfois déconcertante voire injuste et c’est pour c’est pour cette raison qu’il faut aller à sa rencontre pour découvrir ce qu’elle cache parfois. j’aime aussi les films de xavier dolan qui montre aussi les chagrin irréparables des uns et des autres. ce besoin de consolation dont on parle plus haut dans les com. j’avais d’ailleurs fait un post sur la couleur dans lawrence anyways. encore merci pour ton com! on continue alors! bise

  • Merci Mai pour cet article. Et pour la tournure que prend ce blog.
    Je bosse en ce moment sur un projet podcast sur le genre et c’est tellement bon de passer par ici trouver de l’inspiration, des bonnes énergies.
    La semaine dernière je commençais à m’endormir sur mon projet, à l’over-intellectualiser. Il a fallu que je me rappelle pourquoi j’avais commencé: Parce que je suis en colère contre toutes ces injustices liées au genre.
    Et ce projet c’est ma façon de trouver my peace of mind. (c’est toi d’ailleurs qui avait partagé cette chanson de Lauryn Hill <3 <3 <3 Merci) Et c'est beau, ta façon de transformer cette colère en bienveillance. Et de voir que ça touche tellement de gens dans les commentaires. De voir comme ça spread à fond!
    Du coup, j'ai acheté le livre de Jerry Hyde. Je le passerai surement à mon mec après. Je pense que ça lui fera du bien aussi. Il lit Grayson Perry en ce moment 🙂
    Je suis en pleine lecture de Femmes qui courent avec les loups. Ca bouleverse à chaque histoire et analyse. Ca met le doigt là où ça fait mal. Merci beaucoup pour toutes ces recommendations.

    Et si ça intéresse d'autres personnes, voici le lien pour le groupe de lecture qu'Emma Watson a créé. Le livre du mois: Women who run with the wolves 🙂
    http://www.goodreads.com/topic/show/18503455-mar-apr-book-women-who-run-with-the-wolves

  • « Il nous faut aussi apprendre à nommer les mécanismes de défense et les stratégies de protection que nous avons mis en place dès l’enfance et qui viennent fausser la relation aux autres.
    Nommer, c’est prendre conscience. Ceci suppose un processus de désidentification. Si je peux prendre conscience de la colère, cela signifie qu’il y a en moi un espace qui n’est pas identifié à ce mouvement passionnel. Prendre de la hauteur permet à la conscience de se dégager des emprises du moi pour poser un regard clair sur les mouvements de la nature, sur les passions. »
    Philippe Dautais
    https://centresaintecroix.net/paroles-de-vie/articles-du-pere-philippe-dautais-a-sainte-croix/lattention/

  • Mai, je profite d’une grippe pour relire l’ensemble de ce que tu as écrit, ainsi que les commentaires de chacune. En arrivant à mon dernier com, je me dis qu’il est bon que je précise (ce qui est évident pour moi) mon choix ci-dessus de l’extrait de l’article de Philippe Dautais. Il illustre bien ce que tu as écrit : « il y avait plusieurs personnes en moi : la personne en colère et l’observatrice de la situation ».
    Oui c’est la première étape d’un processus qui tend vers l’aspiration qui est, comme tu le dis de « trouver une solution ensemble. » On dit qu’il n’y a pas de problèmes, que des solutions.
    Une solution qui passe par ce processus : Observation Sentiment Besoin Demande.
    Un processus essentiel qui offre le plus de chances pour éventuellement résoudre des conflits avec autrui en gardant bien en vue l’intention initiale qui est de préserver une qualité de connexion à soi-même et à l’autre, qui permette de prendre en compte les besoins de chacun(e) afin que ces derniers puissent, espérons-le, se rejoindre.
    Petite remarque : la colère n’est pas forcément (ton point 2 : l’utilité de la colère) la fin de la perfection. Pour toi, peut-être ! Je connais peu d’êtres, mais il en existe, hommes ou femmes, pour qui, se mettre en colère n’est pas considéré fondamentalement comme une marque d’imperfection (« SE METTRE EN COLERE POUR UNE FEMME C’EST JUSTE INTERDIT » Cet interdit pèse aussi sur les hommes, peut-être dans une moindre mesure). La colère pour eux n’est pas le dépassement d’un désir de perfection qui aurait mis la colère sous le couvercle. Certaines personnes ont la chance de pouvoir exprimer dans la plupart des situations de saines colères constructives, dénuées de ressentiment et d’esprit de vengeance (pas de colère égotique ; ton échange avec Ludivine) ce qui ne prouve pas qu’elles ne puissent pas être prises par un égo accompagné de ressentiments et/ou d’un esprit de vengeance, déclarés ou pas, dans d’autres situations.
    « il faut aussi accepter que ta vérité ne soit pas gérable en face »… d’une autre vérité ! 😉
    Voir ensemble LA vérité si possible !
    Enfin, « libre en face d’accueillir ou pas. de comprendre ou pas » … quand celui d’en face n’est pas mort ! Et même si il ou elle est mort(e), il y a possibilité, sans réparation par la parole et/ou l’action par l’autre possible, de vivre une vie plus apaisée, lucide ( lucidité par rapport à l’autre et par rapport à soi : vigilance envers les petits arrangements que l’on peut faire avec soi-même, nos exquises excuses), avec le sourire à la vie et face aux épreuves que nous rencontrons sur le chemin. Toujours possibilité de se réparer, accompagné d’une aide intérieure et extérieure. Difficile voire impossible, une réparation sans une aide extérieure, pour tout un chacun, à mon avis. Là aussi, de petits arrangements avec soi-même, empreints de bienveillance, et sans un point de vue extérieur, peuvent éventuellement faire penser pour son propre confort, que la réparation a bien pu être faite.

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