Je suis Gentil

Me Too!

j’essaie d’écrire ce post depuis 3 , 7, 10, 15, 17 jours sans y parvenir. une agitation certaine m’empêche d’y voir clair. certaines réflexions me reviennent en même temps de manière obsessionnelle…

la stratégie du post où « je pars me perdre sous l’orage et puis on verra bien »  est enclenchée.

 

1- ME TOO

plusieurs fois, dans différentes situations. nous en avions déjà parlé. et toujours cette double peine d’être à la fois victime et à la fois « coupable »; coupable de ne pas l’avoir dit, d’être habillée comme ci, d’être maquillée comme ça. enfin ah non, attendez… c’est pas totalement vrai, je n’étais pas toujours coupable… parfois ça faisait juste beaucoup rire l’assemblée…

chagrin.

donc double peine de subir ces assauts mais aussi le manque de compassion. et pour être honnête, je ne sais ce qui m’a le plus marquée. car en fait c’est la même chose. la double peine d’un manque de compassion pour moi. le message envoyé par l’agresseur et « mon » entourage étant le même : c’est pas grave… toi, on s’en fout!

allez voir la vidéo de Léa Bordier (qui m’avait filmée pour Cher Corps), elle est canon!

 

2- COMPASSION

cet élan sans précédent a eu un effet bien différent de ce que j’avais toujours vécu jusque là : développer mille conversations autour de moi. je suis bouleversée par les témoignages, par la souffrance (allant du raz le bol à la détresse) de toutes ces femmes jusqu’à maintenant réduites au silence. mais qui une fois connectées, dans un élan commun, ont réussi à en sortir. les rs ont du bon!

on a bcp parlé de colère ici (ok ici et ici aussi)(bon ok ici et ici aussi!), de la nécessité de l’exprimer. de ne pas avoir peur de le faire. nous devons apprendre à nous plaindre! nous devons grandir et ne plus être des petites filles dociles. nous devons éduquer nos enfants de cette manière. comme le disait Pinkola Estés dans Femmes qui Courent avec les Loups, les rendre aveuglément obéissant.es et trop gentil.es est dangereux pour eux.lles! VIVE LA COLERE! et, les meuffes, si vous n’avez pas été éduquez comme ça, explorez, prenez votre place, et osez la colère, malgré… la vulnérabilité qu’elle amène (car oui putain que va t on penser de vous?)(nan mais FUCK!)(allez go go gO!).

les meuffes, c’est juste énorme ce qui est en train de se passer. bravo à nous!

et… les mecs, c’est juste énorme ce qui est en train de se passer. vous réagissez! avec de la colère aussi, de la tristesse aussi, de la vulnérabilité aussi et donc, du partage et une compassion retrouvées.

loin de nous opposer cette colère nous réunit de manière créatrice. 

si vous vous rappelez de Kali, déesse colérique, mangeant des hommes, la langue tirée, montrant un collier fait des têtes de ses victimes, qu’a t elle sous ses pieds?… son mec, Shiva. il chill sous son pied. Car l’homme, n’a pas peur de la colère de sa femme. car cette colère bouffe l’ignorance des hommes (ou les hommes ignorants).

piting mais à nous Kali!!!!!!!!! Sans colère… pas de partage véritable… pas de compassion véritable … pas de pardon véritable… pas d’amour véritable!

et si vous n’êtes pas férue de déesses indiennes, lisez juste cet article sur l’aspect cathartique du #balancetonporc

tellement d’hommes autour de moi, dans ma timeline, s’interrogent, se remettent en question, cherchent à panser les plaies, présentent des excuses, appellent les copains qui se sont mal comportés… etc

franchement c’est sans précédent et ça me bouleverse.

les gars qui se sont mal conduit : n’oubliez pas de présenter vos excuses. même 20 ans plus tard ça fait du bien. à elle. comme à vous. comme à nous.

hommes et femmes qui autrefois riiez dans le métro, qui autrefois avez assisté lâchement à des choses pas cool mais ne saviez pas comment réagir, ne restez pas bloqué.e sur votre peur (de vous montrer vulnérable), concentrez vous sur la personne victime, agressée qui a besoin d’aide. faîtes quelque chose, que ce soit avec un inconnu (« ah marguerite te voila, ça va? désolé.e je suis en retard. » et le mec partira sans que vous ayiez à vous battre) ou au contraire par qn que vous connaissez (évidemment c’est plus dur, on en reparle après). ou juste apportez un réconfort.

 

3- MERCI QUAND MEME

il y a évidemment, à visage désormais découverts, ceux qui se pensent dans leur bon droit, qui se pensent gentils et cools. et évidemment tous.tes ceux et celles qui les soutiennent.

et cette phrase qui sans cesse revient « nan mais je suis, il est gentil. »

je suis effondrée pour leurs victimes, qui ne trouveront pas réparation auprès des auteurs de ces actes. je leur souhaite que l’expression, la reconnaissance de leur souffrance par le reste de la société, de leurs proches, va tout de même les aider à dépasser l’humiliation, la honte ressenties. et tout le reste.

je suis en même temps effondrée pour les bourreaux. je n’excuse pas leurs agissements, qu’ils soient légers ou répugnants, mais je suis désolée pour eux, de savoir leur aveuglement si grand, et leur coeur si petit.

je leur dis en même temps « merci » car il y a désormais des visages parfois ordinaires (y a pas que Harvey, il y a certains « copains » aussi) posés sur cette violence qui ne devrait pas l’être (ordinaire).

on ne pourra plus nous dire que tout cela n’était qu’exagération fantasmée et hystérique. c’est bien qu’on sache qui est qui. quoi est quoi. qui couvre qui. avant tout se faisait sans visage et sans faits avérés. nous sortons de l’obscurantisme « mais nan ça n’existe pas ». vive la vérité. cette fameuse culture du viol dont on nous a dit qu’elle n’existait pas n’est désormais plus réfutable, et elle n’oppose pas les bons et les mauvais, les hommes et les femmes, elle empoisonne TOUTES nos relations! fais chier!

si vous avez du mal à mettre des mots ou des comportements « ordinaires » sur la culture du viol prenez 60 sec et regardez ça.

 

4- GOOD GUYS… AH OUI?!

Car oui, autour de moi, il y a beaucoup de good guys. il n’y a que ça même. pourtant, j’en connais plein qui peuvent s’être mal se comporté. parce que prédation, parce que le groupe, parce que ne sachant pas comment reprendre publiquement un copain. etc.etc

ce qui compte donc n’est pas de se trouver gentil mais de bien se comporter

notre société nous a formaté.es à être « gentil » et pas « méchant ». mais putain, cette dichotomie est faite pour des mômes (et encore pas pour les miens, merci!) et nous sommes justement en âge de devenir… ADULTES!

dans ceux qui ont pu avoir un mauvais comportement, il y a ceux qui se repentissent… « pardonne moi » et les autres… ‘nan mais vraiment, vraiment, je suis gentil ». on a ici une magnifique illustration de personnes qui se pensent sincèrement gentilles, mais qui peuvent s’avérer véritablement dangereuses.

faisons désormais attention aux gens qui se disent gentils! on n’est plus de petits chaperons rouges! et donc

à la dichotomie GENTIL/MECHANT, je lui oppose volontiers celle ci : GRANDIR ou PAS.

et si on applique ça à d’autres champs que l’agression sexuelle, on revient au besoin de perfection dont nous avions parlé. perfection qui vient nécessairement avec sa toxicité : toujours nier l’autre pour ne pas être égratigné (« mais elle fait chier celle là »)(tout dans cette phrase est abjecte). et l’on voit bien ici comment s’active un dark side dont on n’ignore jusqu’à son existence : notre besoin de nous montrer parfait/gentil nie forcément l’autre qui pointe à quel point on ne l’est pas.

(encore une fois, allez voir « I’am Not Your Negro » de Raoul Peck, Balwin y décrit très bien ce mécanisme appliqué au racisme)(car oui sexisme, racisme etc procèdent de la même logique : se penser meilleur, et y sacrifier la compassion)

pour avoir eu des comportements toxiques, je connais par coeur, ne pas oublier que ce mécanisme en d’autres circonstances peut s’activer en moi, en toi, en n’importe qui.

merci pour cette leçon.

 

 

5- MAUVAIS GENRE?

 

alors, on fait quoi maintenant? parce qu’au final, oui, il faut pointer des comportements destructeurs, on peut essayer de grandir, oser se plaindre, oser faire amende honorable, certainement éviter ceux qui ne veulent pas se remettre en question. mais quoi?

en commençant le post j’ai demandé plus de compassion pour moi-même. il me faut bien en montrer en retour. car au final, on va tous vivre ensemble. aujourd’hui, demain, avec les bons copains, les moins bons, les types qui te haranguent dans le rue etc.

ça faisait longtemps que l’on n’avait pas évoqué le thème du genre ici. sans doute avais-je répondu, même temporairement, à mes propres questions. disons le de cette manière :

je veux l’égalité des droits entre les êtres. je crois en la différence masculin/féminin, je crois aussi en une nécessité de cette différence. je veux une société qui ne soit pas normative, mais qui nous aide par sa culture, parfois donc archétypale, à grandir, dans notre quête de singularité, comme d’universalité. en tant qu’être vivant, en tant qu’humain, en tant que femme, en tant qu’homme. ou autre (tbd).

(je suis évidemment anti-patriarcat)

 

5_1 « Like me! »

donc si je reviens à mes moutons, on va pas faire la société uniquement dans un désir de femmes fortes et de sororité. car demain, mes enfants (j’ai une fille et un fils) vont vivre ensemble, avec une société pas uniquement faites « de soeurs fortes » et de prédateurs en puissance. et 53% des américaines blanches votent Trump. les prédateurs ne s’en prennent pas qu’aux femmes. donc c’est pas un truc genré les femmes-soeurs d’un côté, puis les hommes ensuite, c’est une idéologie mêlant les unes et les autres, il faut construire cette société avec les femmes ET les hommes. de la compassion on a dit!

COM PAS SIOOOOOONNNNNNN!!!!!!!

compassion… partager les passions?

ah ouais donc la compassion ça demande à ce qu’on prenne en compte les passions. mais comment les partager et les reconnaitre chez l’autre si je les ignore en moi?! comment demander de la com-passion alors que nous vivons dans une société qui nous demande de ne pas en avoir (pour être rationnel.le et prendre les bonnes décisions)(genre).

et sans cesse, je repense à cette phrase « je t’assure, en fait, je suis gentil! ». je peux continuer à la prendre dans le jugement : « bah moi aussi je suis gentille, c’est quoi ce niveau de débat?! wow, grandis un peu! nan mais oh… TU VEUX TA TETE COUPEE SUR MON COLLIER ou? ».

je peux aussi développer de la compassion et je repense à Grayson Perry, à toutes les stratégies développées par les hommes pour finalement demander à l’autre « like me! » et je vois ici aussi se jouer toute la fragilité, peut être très masculine, ce qu’il appelle « l’illettrisme émotionnel ».

pourquoi les ténors du patriarchat nous obligent à annuler nos émotions?  ça n’est pas pour prendre de meilleures décisions mais parce que eux mêmes sont des… HYPER EMOTIFS! (c’est grayson qui le dit).

donc pas de compassion sans exploration des passions et des émotions. les gars, allez y! on vous file un coup de main si vous voulez!

ainsi plutôt de que développer des femmes fortes et leaders « comme des hommes », ce qui revient à dire que nous appliquons toujours un idéal masculin (et la mysoginie qui va avec); je préfère

développer des hommes forts… comme des femmes : explorons et partageons ensemble nos émotions.

 

nous sommes très loin de la société gentil/méchant non? mais ça demande de re-setter notre éducation pour nos enfants, mais aussi pour nous mêmes. ne pas clore le débat à « ça c’est gentil, ça c’est méchant ». l’amener à : là il y a un problème, explorons pourquoi afin de trouver des solutions.

 

5_2 Restauration et réparation

lorsque je vois les mecs qui crient au scandale, pour eux mêmes ou leurs copains, je suis d’un côté outrée et en même temps, pour ceux que je connais en tout cas, je crois… en leur sincérité. je mesure la fragilité immense de quelqu’un qui ne veut/peut pas envisager la menace de l’exclusion (du groupe de copains, de la gente féminine tant convoitée, de la position dominante, du… paradis). ce qui est totalement irrationnel vu que c’est justement son comportement qui l’exclut du groupe.

dans la société Maori, la justice se pratique d’ailleurs ainsi : non pas uniquement de manière légale, avec prison (exclusion) à la clé, mais de manière humaine. cette justice se dit « restauratrice » car elle met au centre la victime, et ses proches en lui reconnaissant le tort qui lui a été commis, mais en même temps, elle facilite pour l’auteur du crime/délit la compréhension de ses actes et responsabilités en instaurant un dialogue entre les 2 parties.

ainsi ce qui est jugé est l’acte et non la personne, qui reste intégrée socialement. ça ne veut pas dire qu’il n’y a pas de violence, qu’il n’y a pas de prison, mais si la personne comprend l’autre, comme le dit Jerry, si elle cesse d’objectiver l’autre comme « a bitch », « a arshole », etc alors c’est gagné, son âme sera guérie et la société un peu avec. apprendre à chacun la compassion, svp. notre société en manque cruellement (quoi je me répète?!)

comme le dit mon mec « oui à la colère, oui à poser des limites, mais à la fin, il faudra bien dialoguer »

et je ne dis pas que ça va marcher pour tous les prédateurs hein, mais enfin, il va bien falloir que l’on dialogue davantage entre hommes et femmes si l’on veut construire quelque chose ensemble.

 

5_3 être un homme… un vrai?

je mesure aussi « l’effet de groupe ». bcp d’hommes, de jeunes hommes, comme de moins jeunes, pensent encore qu’il faut être insultants, vulgaires vis à vis des femmes pour faire partie du groupe, « en être ». être un homme, un vrai. pense t on.

mais si c’est le cas, peut être que nous devons écouter non le besoin de brutalité (encore que… si en fait c’est primordial)(mais on en parle une autre fois) mais celui « d’être un homme ». parce que c’est un besoin que nous ne devons peut-être pas ignorer : prouver qu’on est un homme. car si c’est le cas, les gars, il y a beaucoup d’autres solutions. de solutions qui intégreraient aussi beaucoup d’hommes qui ne se reconnaissent pas dans cette brutalité, et qui de manière toxique se demandent souvent « suis je un homme « quand meme »? »

je reste très inspirée par ce que nous disait Shivam et la nécessité d’une culture du genre, ou des genres. et c’est pas parce que notre société a une culture du genre catastrophique qu’il ne faut plus de culture du genre du tout. encore une fois pas pour normaliser les êtres et les relations mais pour les aider dans une exploration. ritualiser les choses. être humain, être adulte, oui, mais aussi être femme ou homme. encore une fois, ou autre (les sociétés native-américaine comptaient 5 genres).

 

bon… je me suis totalement égarée. suis au milieu d’un bois là. vous m’entend encore?

me vient alors ce qu’un guru enseignait à mon chéri

« la plus belle preuve d’amour est d’apprendre à l’autre comment t’aimer ».

vous allez me dire « c’est compliqué »

et je vous répondrais

OUI! <3

Il y a 4 semaines / Bouche 85 commentaire(s)

85 commentaire(s)

  • Hello Mai! Comme d’habitude, je suis très touchée par tout ce que tu dis. Ce que je trouve intéressant dans le fait d' »être gentil », c’est justement qu’il y a le mot « être ». Et ça, c’est quelque chose d’évolutif, on « est » entouré de gens, et « être » aujourd’hui n’est pas le « être » d’hier. Je comprends l’envie de se dire « mais j’ai un bon fond ». Pour moi c’est se réfugier parce qu’on a peur, parce qu’on se rend compte qu’on a fait quelque chose de mal, sans vraiment savoir que c’était mal, mais alors, si on ne savait pas ? Est-ce encore mal? Ces questions se posent à l’heure actuelle mais se sont posées dans des instants terribles de l’Histoire. Eh oui, ne pas se poser de questions, ne pas agir, oui c’est mal et effectivement maintenant c’est le moment de changer et de comprendre. Ce que je trouve triste c’est l’animosité avec laquelle sont souvent reçus les discours qui dénoncent le harcèlement, les agressions envers les femmes. Ce qui est intéressant dans ce mouvement, c’est qu’il permet de rendre compte de l’ampleur du phénomène. Et le but c’est de tous se questionner, hommes et femmes ensembles. Les femmes aussi doivent se demander si elles ont assisté à des scènes durant lesquelles elles auraient du agir/parler/intervenir.
    (Très décousu ce commentaire) Et derrière le « je suis gentil », effectivement « grandis », oui peut-être que tu as mal agi (ou pas d’ailleurs) mais dans ce cas là grandis, excuse toi, reconnais, bref il faut avancer et arrêter de se réfugier.
    Et puis le groupe, c’est une notion importante, comment on peut être influencé par ce qui nous entoure. Étant encore étudiante, j’ai toujours été énormément choquée par le sexisme présent dans les grandes écoles surtout au cours des soirées organisées. Pourquoi ce besoin de se complaire dans un rapport irrespectueux ? (Encore, c’est à nuancer je ne veux pas faire de généralités)
    J’espère que ce mouvement permettra à tout le monde d’avancer ensemble ! Merci en tout cas pour ce post.

    • oui alice les écoles de commerce sont weuhou… (j’ai fait l’essec). on en parlait avec un ami qui me disait qunil avait pu mal de se conduire du fait du groupe, du sentiment d’impunité, de la deresponsabilisation. chaque catégorie a sa manière de montrer sa mysoginie. c’est bien qu’on puisse en parler pour changer les choses.

  • Personnellement l’engouement balancetonporc me dérange. Pour commencer c’est un hashtag brutal. Ensuite il s’agit d’un engouement internet. Celui ci est pour la bonne cause j’en suis sur. Seulement cela pose quand même un problème. Ca ressemble à la chasse aux sorcières.
    On confond harcèlement, viol, lourdeur. Quand je lis cet article j’ai l’impression qu’en fait les hommes se sont mal comportés jusqu’à maintenant. Je lis qu’il y a des garçons biens MAIS qu’ils ont pu mal se comporter par le passé. Faut il préciser qu’user de son pouvoir n’est pas le fait des hommes, mais du pouvoir. Si souvent les postes élevés dans la hiérarchie sont occuppés par des hommes, ces comportements résultent d’une position de pouvoir, non d’une question de sexe.
    Concernant la question du genre, elle n’a rien à voir avec le racisme. La différence liée au sexe est une réalité objective. Le racisme ne s’appuie sur rien d’objectif. Il faut apprendre à vivre avec nos différences et non approfondir des discours clivants.
    Dénoncer des gens ne changera rien. Les femmes sont majoritairement victimes des violences sexuelles, mais se lancer dans l’hystérie collective et le lynchage ne change rien concrètement. On ne donne absolument pas aux victimes le moyen de se défendre de cette façon. Ce n’est pas en écrivant des hashtag qu’on s’engage et qu’on fait avancer les choses.
    Bref mon message est un peu virulent mais je ne cherche pas la polémique. J’écris sur un blog beauté féminin, lu je pense principalement par des filles, parce que j’aime bien ce blog, j’aime bien ce que fait Mai. Et j’ai eu envie d’écrire ici. Bien sur de nombreuses choses ne vont pas concernant les femmes mais ce qui se passe en ce moment me gêne beaucoup.

    • et bien robert, moi qui demande un peu de compassion… me voilà bien mal servie. merci pour votre com. je regrette d’une manière que vous préfériez exprimer votre désapprobation que le fait que vous soyez désolé pour ce qu’on m’a fait (l’êtes vous?), que vous vous réjouissez que les hommes et les femmes autour de moi se bougent (le pensez vous?), ce qui est la preuve factuelle que ce hashtag n’a pas servi à rien (du moins autour de moi). je vous encourage à demander aux femmes autour de vous, votre compagne peut être, vos sœurs, vos filles, vos amies, s’il leur est arrivé qqchose. elles ont besoin de vous. en tout cas je suis heureuse de cette discussion (a virulent, virulente et demie), ce hashtag nous auras permis de converser pour la première fois.

      • Mai je n’ai pas compris en te lisant que tu racontais une expérience vécue. Je viens de relire et encore une fois je n’ai pas compris que tu racontais quelque chose dont tu as été victime. C’est pour ça que je me suis permis d’entrer dans le débat du hashtag.
        Pour dire vrai, telle que je ressens les choses, il y a une grande animosité et c’est difficile de discuter. Quand je lis « manque de compassion ; violent, petite opinion ; ne pas vouloir entendre ; dialogue à mes conditions ; te coupent la parole » et bien ça me semble un peu démesuré.
        Personnellement j’ai jamais mis une main sur les fesses d’une fille ou autres comportements du genre. Egalement quand je vois quelque chose qui me choque je suis plutôt du genre à prendre à réagir (je pense à des comportements déplacés d’hommes vis à vis des femmes).
        Concernant la cause : Elle est louable, il n’y a pas de débat. C’est affolant le comportant de mecs vis à vis des femmes. Aussi bien de petites choses qui sont de l’ordre du respect que des choses graves d’ordre pénal.
        Ma réponse concernait la forme de la lutte. Le système des hashtag, qui pose quand même un gros souci et qui à mon sens ne résout rien.
        La cause m’importe, je souhaite que les choses avancent et (il faut me croire sur parole) j’agis en ce sens dans ma vie en dehors de mon ordinateur.
        J’essaie de me défendre mais pour rappel je suis un garçon qui lit ton blog et donne un point de vue (certes pas consensuel) d’une position amicale (si je t’assure). Si j’écris sur ton blog c’est pour parler entre nous les filles 🙂 Bref ce que tu dis importe (m’importe en tout cas). Peut on papoter avec légèreté et amitié ?
        Bises

        • A ROBERT ET EDOUARD ET AUX AUTRES (HOMMES OU FEMMES) qui pensent défendre « notre cause » mais qui décidément n’y comprennent pas grand chose
          CQFD= « je suis un mec gentil moi moi moi » « je défends votre cause féminine moi moi moi »
          non, vous êtes un tout petit peu à côté de la plaque
          premièrement je relève ce truc de penser que quand on est sur « un blog de fille » quand on là pour « papoter avec légèreté » (hihihihi). le vocabulaire en dit déjà long sur l’attitude/ la posture que vous avez quand vous venez sur ce blog. c’est comme ça que vous dites – « papoter avec légèreté » avec vos amis mecs? j’ai comme l’impression que vous pourriez nous prendre pour des idiotes 🙂
          mais robert, comme vous le dites vous- même : vous êtes « un garçon qui lit un blog de fille » eh bien le chemin reste encore long pour devenir un homme qui comprend réellement qu’il lit/ s’adresse à des femmes
          quant à la curiosité déplacée sur les agressions des unes des autres – qui soit disant devraient aussi changer le ton de la discussion- je ne préfère même pas insister dessus: elle est infecte. essayer de noyer cette curiosité déplacée sous un flot obsessionnel de mots n’y change rien

          sur ce, mai, hahaha comme tu le vois tu m’as permis de me mettre en colère, ça fait partie du jeu, mais surtout merci pour ce très long post, très intelligent, très mesuré (non pas dans ses émotions – heureusement qu’elles ne le sont pas – mais dans sa pertinence). plein de pensées et de soutien face à ces commentaires pas très fins

        • oui merci robert pour cette réponse. et oui ce qui compte est certainement ce qu’il se passe dans la sphère personnelle (intime, boulot etc). encore une fois nos actions plutôt que nos opinions. je comprends que ce hashtag puisse heurter. je ne l’ai moi même pas utilisé. je n’ai dénoncé personne etc. mais je trouve tellement injuste que l’on dénonce sa grossièreté qui n’est que le reflet de ce que bcp de femmes vivent. en bien pire. cette injonction à nous vouloir polie et présentable et non émotionnelle pour être après à discuter me choque. mais en même temps nous n’avons pas besoin d’être tous d’accord. un débat n’amène pas le concensus. c’est bien que les tribus se fassent si leur intérêt est commun de changer les choses. chacun j’imagine le fait à sa manière. que toranian aide les femmes à obtenir justice si elle pense que c’est la voix. je ne le crois et serais plus utile sur d’autres champs. why not. encore merci pour ce message. et à vite!

          • Je suis content qu’on soit détendus 🙂 Je ne pense pas qu’une personne qui utilise ce hashtag soit à blamer. Je parle du phénomène dans son ensemble qui pose un problème. Bien sur si je vois une personne qui écrit sur facebook « Je me suis fait violer » quelle indécense cela serait que de lui reprocher d’en parler. J’essaie de réfléchir aux outils. Celui ci à mon sens, encore une fois, n’est pas bon. Il ne sert à rien concrètement et soulève de nombreux problèmes. J’entendais Nekfeu l’autre jour dire « il n’y a pas de fumée sans feu ». Seulement si il y en a et beaucoup.
            Je lis ton blog, cette cause me touche et je te réponds. Je ne voulais pas te froisser et je trouve ta réponse à ma réponse plutôt sympa.
            Il faut éviter les discours clivants. Chère Lucie, ce n’est pas ta cause. Le manque de respect, le viol, le harcèlement ça nous concerne tous. Je te prie de te calmer et de me parler meilleur.

            • robert, je ne comprends pas le rapport..jamais je n’ai prétendu qu’il s’agissait de ma cause, ni de la cause exclusive des femmes, mais au contraire celle de tous (d’où mon apostrophe aux hommes et aux femmes- nous sommes donc d’accord sur ce point, et j’ai moi aussi trouvé l’utilisation du hashtag délicate en raison des clivages qu’elle pouvait éventuellement engendrer). pour le parler meilleur, j’ai trouvé plus respectueux de vous vouvoyer (n’est-ce pas). enfin de me demander de me calmer… je trouve encore une fois que c’est ironique et drôle après la lecture d’un tel article. enfin sur ce je n’ai plus rien à ajouter! très belle soirée, bien bien cordialement

                • bonjour robert. après avoir beaucoup repensé à nos échanges, je regrette d’avoir dirigé sur vous une agressivité qui en un sens ne vous concernait pas. donc sincèrement désolée pour mon ton, alors que vous aviez le courage d’entamer un dialogue. bon dimanche, paisible

          • sinon pour la différence racisme sexisme et bien je pense qu’aucune différence (objective ou pas) n’est valable pour justifier certains comportements. et si je fais le rapprochement c’est parce que justement on retrouve chez les victimes du racisme comme du patriarchat (qu’ils soient hommes ou femmes), la même double peine, le même manque d’empathie, la même impossibilité de montrer de la colère. la même ostracisation. ainsi peut être que la clé de la société qui me fait rêver c’est écouter ce que les victimes ont dire. voili voilou! à bientôt!

            • Ok je comprends. Oui il y a quelque chose de semblable, je suis d’accord. Un type qui refuse de parler aux femmes ou aux asiatiques c’est un peu la même chose. J’ai pas bien compris sur la double peine. Mais tu sais la difficulté quand on est victime (dans le cas présent on parle des femmes victimes) est de ne pas jouer le mauvais rôle. C’est pour ça que je disais qu’on parle entre nous. Je lis ton blog, j’y réagis, on est pas sur twitter, c’est un espace pour tes lecteur. A priori on s’aime bien 🙂

  • Engouement, je trouve que le mot n’est pas adapté même s’il s’agit d’une bonne cause, en effet.
    Une cause essentielle. « Ne pas se perdre sous l’orage. » L’importance d’être précis. J’ai aussi l’impression que harcèlement, viol, lourdeur sont mis dans un même panier dans ce « balancetonporc »qui est effectivement clivant, comme si chaque femme avait son porc !
    Je ne veux pas être indiscret, Mai; tu as été victime de « porcs » et à un manque de compassion. S’agissait-il et s’agit-il de violeurs, de lourdingues, d’harceleurs ? je ne prends aucunement la défense de qui que ce soit.
    Se plaindre n’est pas grandir ! Agir pour que les choses changent, oui !
    Silences trop longtemps contenus ! « A force de remettre à plus tard, la vie nous dépasse. » Sénèque
    Ce n’est pas sagesse que de se taire.
    Une sagesse sans compassion reste fermée sur elle-même et ne porte pas de fruits, une compassion sans sagesse est folie et source de souffrance.
    Important de dépasser une colère bien compréhensible. Je ne vois pas beaucoup de sagesse, mais beaucoup d’émotions. Une forme de catharsis. Un premier pas, j’espère, qui n’a que trop tardé.
    En parler avec les proches qui se sont mal comportés (ils sont peu nombreux), je n’ai pas attendu ces derniers jours pour le faire.
    « Culture du viol » ? L’univers dans lequel je bosse est essentiellement composé de femmes dont certaines ont du pouvoir. J’ai vu des comportements qui n’ont rien à envier à ceux de certains hommes. Abus de pouvoir avant tout.
    « je veux l’égalité des droits entre les êtres…  » Bien sûr !
    Com passion = souffrir avec ! Je rêve d’un monde sans souffrances, sans compassion. Ne pas causer de souffrances avant tout ! Souffrir avec, mais agir, surtout, pour réduire la souffrance ! Agir avec sagesse.
    Il devrait y avoir des groupes de parole pour les violeurs, comme il y a des groupes de parole pour les alcooliques.
    « la plus belle preuve d’amour est d’apprendre à l’autre comment t’aimer ».
    Aimer est un verbe d’action. Des actions accompagnées d’attentions pour l’autre.
    Apprendre à l’autre … La liberté de l’autre dans l’expression de son amour.
    Il y a qqc qui me gêne dans cet « apprendre à l’autre ». Comme si l’amour était une demande que l’autre soit au service de soi-même !
    L’amour s’exprime de multiples façons, le langage de l’autre n’est pas forcément le langage que j’aimerais qu’il ou qu’elle ait pour moi.
    « 2 personnes matures amoureuses s’aident mutuellement à être de plus en plus libres … » Osho
    Valérie Toranian a écrit :  » Balancer un porc en se jetant dans la fange avec lui c’est choisir un champ sémantique particulier : celui des cochonnes, des chattes, des dindes et des poules dans une guerre de basse cour avec les chiens, les porcs et les coqs. Balancer son porc c’est se mettre en position de truie.
    Le sentiment de toute puissance que délivre l’anonymat sur les réseaux sociaux est grisant. Il permet peut-être à certaines de dire sans vraiment dire ce qu’elles n’oseraient jamais dénoncer dans un cadre légal. Mais c’est le contraire de la prise de pouvoir par les femmes. C’est un piège. La femme se réfugie du côté de l’émotion, rejoignant en cela les clichés qui l’accablent, alors qu’elle doit exiger d’être entendue dans le cadre de la loi qui doit la protéger, en se pliant aux règles du droit qui est contradictoire. Elle doit saisir la justice. Le féminisme populiste de délation se vautre dans la toute puissance qu’il reproche aux prédateurs sexuels. Il ne sert pas la cause des femmes. »
    La dénonciation ne change rien. Trop de silences jusqu’à maintenant. Effet boomerang. Pour qu’il y ait de moins en moins de victimes, saisir la justice est bien plus efficace.
    Il y a la peur et il y a aussi la responsabilité. Sentir quand la position dans laquelle l’on pourrait se trouver, engendrerait un danger, une peur.
    Juliette Binoche a écrit : « Il y a peut-être des actrices qui sont plus influençables et moins préparées aux situations avec les gens de pouvoir, surtout quand on débute. Mais ce genre d’argument ne m’a jamais convaincu, peut-être parce que j’ai appris tôt à être responsable».
    La responsabilité par rapport à soi-même, premier pas vers plus de liberté.
    Responsabilité de saisir la justice lorsque justice il n’y a pas eu.

    • salut edouard, je comprends ton intérêt et ton envie de dialoguer mais là franchement ce com est plus que maladroit. je suis heurtée par ton indiscrète question (c’est d’une certaine manière la deuxième fois). comme par le reste du com d’ailleurs. je sais qu’il n’y a pas de méchanceté (on est en plein dans le sujet) et bientôt j’en rirais, et on pourra dialoguer mais là… j’ai au minimum besoin de temps, sinon que tu te remettes en question. sorry.

      • Cette question ne demandait pas une réponse, d’où mon « je ne veux pas être indiscret », juste une invitation à distinguer entre de multiples agressions qui me dégoutent. ( j’ai moii-même été l’objet de manipulations qui ne sont pas allées jusqu’au viol, heureusement)
        Le mot porc constitue un amalgame de comportements plus ou moins graves. Je crains qu’un amalgame soit fait entre ces différents comportements.
        Pendant Mai 68 du bon et du moins bon : la parole s’est libérée pour le meilleur et pour le pire.
        Pendant cette même période des slogans réducteurs face à une réalité bien complexe.
        Le meilleur ET le pire se côtoyaient : » il est interdit d’interdire » « Jouir sans entraves »
        Jouir sans entrave aujourd’hui est inacceptable et il est interdit d’interdire fait au mieux sourire.
        Que pensera-t-on de balance ton … , peu importe le qualificatif placé à sa suite dans quelques années ?
        L’impression peut-être fausse qu’avec cette nouvelle libération de la parole se côtoient de nouveau le meilleur et le pire. Certains faits ne concernent pas que la parole, mais bien des actes irresponsables, et c’est bien plus grave. Je vais me remettre en question, en parler avec les femmes que je côtoie. Désolé si j’ai pu te choquer, Mai.

  • Merci Mai pour ce post. Ça me fait penser à Brené Brown qui au debut d’un cours demande à ses étudiants de « tchecker leurs privilèges » et tous et toutes peuvent dire en quoi ils ont une position plus dominantes dans la société (Je suis hétéro donc je peux tenir la main de mon compagnon ds la rue, je suis blanc, je suis mince dc pas victime de grossophobie…). Ici je pense : https://scontent-mad1-1.xx.fbcdn.net/v/t42.9040-29/10000000_864807647002603_2003022216840609792_n.mp4?efg=eyJybHIiOjEwMzUsInJsYSI6NDA5NiwidmVuY29kZV90YWciOiJzZCJ9&oh=ad9c8a1b21fe0f67d861e8a026dc8746&oe=59FA4CA8 .On peut tous faire ça et aussi reconnaître en quoi on peut être discriminé/en position de dominé ds la société.
    Robert et Édouard, votre manque de compassion, le fait que vous n’essayez pas de vous intéresser VRAIMENT à ce que Mai raconte ici, à ce que nous femmes avons à dire, tout en prenant le temps de venir nous donner votre petite opinion ici est violent et me met en colère.
    Édouard, j’ai moi aussi, écrit un petit #metoo sur mon Facebook, (donc ce n’est pas anonyme, comme la plupart du temps sur Twitter aussi). Mais ce n’était point du tout avec un quelconque sentiment de toute puissance, mais plutôt avec de la gêne, de la honte, un peu de colère aussi (j’y travaille Mai, et vais m’afficher un portrait de Kali pour l’inspiration! 🙂 ). Le fait que tant de personnes ne veulent/peuvent pas entendre ce que les personnes qui ont été victimes ont à dire m’attriste beaucoup et me met en colère. Nous vous proposons d’entrer dans un dialogue douloureux (pour les 2 parties) mais qui pourrait être constructif. Vous nous répondez en parlant d’hystérie collective ou en nous disant ce qu’il faut qu’on fasse (dire qu’il faut porter plainte qd 2% des violeurs sont condamnés, que la majorité des viols sont classés sans suite ou déclassés en agression sexuelle, que du harcèlement sexuel est le plus souvent traité comme drôle par la société comme le dit Mai, c’est soit être complètement ignorant, soit cruel).
    Pour ma part, la porte pour de vrais échanges constructifs restera toujours ouverte, mais merci de sincèrement, vraiment essayer de vous essuyer les pieds avant d’entrer, sinon ce n’est pas la peine.

  • Maia, je pense que vous avez mal lu ce que j’ai écrit. Lorsque j’écris « dépasser une colère bien compréhensible », « Souffrir avec, mais agir, surtout, pour réduire la souffrance. » Je rêve d’un monde sans souffrances, (et donc) sans compassion », ou encore « Une sagesse sans compassion (pour la victime, je précise) reste fermée sur elle-même et ne porte pas de fruits, une compassion sans sagesse est folie et source de souffrance », bref quand j’écris tout cela, vous pensez que je manque de compassion.
    Je suis désolé que cela vous ait mis en colère. Quand je rapporte ce que Juliette Binoche et Valérie Toranian ont écrit, (pas que « ma petite opinion » comme vous dites) je ne pense pas manquer de compassion et cela ne signifie pas que je souscris à tout ce qu’elles ont écrit. Ai-je parlé ou ai-je sous entendu qu’il y a hystérie collective ? J’ai écrit qu’il y avait au contraire trop de silences jusqu’à présent. Mon manque d’intérêt aurait été de ne pas commenter le post de Mai. Si je l’ai fait c’est pour essayer d’être constructif (peut-être maladroitement) et pour rendre compte de l’avis de deux femmes. L’argument de dire que 2% des violeurs sont condamnés signifierait-il qu’il est inutile de porter plainte ? Continuer d’exiger que les victimes soient entendues dans le cadre de la loi, comme l’écrit Valérie Toranian, me paraît essentiel. Si il y a qqc auquel je ne m’intéresse pas, c’est à la souffrance, à la mienne en premier lieu, quand bien même, je peux souffrir avec l’autre de sa propre souffrance. Ce non intérêt pour la souffrance n’est pas un non intérêt pour l’autre. Je ne souhaite pas qu’il ou elle s’enferme dans la souffrance, et ne veut pas le réduire à sa souffrance. Guérir de la souffrance et aider l’autre à se sortir de la souffrance m’importe bien plus. Ma porte pour des échanges constructifs est aussi ouverte. Ignorant et cruel, je ne me reconnais pas là dedans. M’essuyer les pieds …, en quoi ai-je été sale ou en quoi ai-je sali qui que ce soit ?

    • Peut-être qu’au lieu de commencer à répondre « je pense que vous avez mal lu » il serait intéressant d’essayer un « je me suis sûrement mal exprimé « . Votre méconnaissance du sujet, lié à l’aplomb avec lequel vous affirmez les choses, est blessant. Deux lectures à vous suggérer : Le mythe de la virilité d’Olivia Gazalé, et Le complexe d’Icare d’Eva Jong. Si vous avez du mal à comprendre ce que des femmes essayent de vous dire, peut-être réussirez vous à questionner votre propre genre. J’espère que vous ne vous rangez pas dans la catégorie des personnes qui trouvent misandre le fait qu’une femme auteure traite du sujet masculin, sinon nous serions bien embêtés. Bon dimanche, plein de respect

      • Je me suis PEUT-ËTRE plutôt que sûrement mal exprimé et vous avez peut-être mal lu plutôt que je pense que vous avez mal lu ! Ok !
        J’essaye de ne pas juger les autres et le jugement des autres m’interroge souvent sur le pourquoi de leurs jugements.
        Ne pensez-vous pas que votre attente de qqc de l’autre, le fait qu’il doive changer (avec vos conseils sans doute bienveillants, tempérés par un « peut-être réussirez-vous » et forgés par votre opinion sur moi ), puissent être ressentis par moi comme le premier pas d’une violence ?
        Rassurez-vous, je ne considère pas que les femmes auteur traitant du sujet masculin soient misandres. Mon esprit n’est pas borné.
        Au sujet de la relation entre l’homme et la femme, cet extrait éclairant d’un livre d’Aldo Naouri :
        « On sait tout d’abord que l’hominisation a entraîné la mort d’une quantité considérable de femmes. La station debout a en effet produit chez elles des déformations du bassin qui n’ont permis la survie que des seules femmes destinées génétiquement à accoucher de manière très prématurée (…). Ces femmes sont donc devenues rares. Et comme elles se sont mises à être les seules femelles dans le règne animal à ne pas avoir d’œstrus, elles ont rapidement rendus fous, par leur perpétuelle disponibilité sexuelle, ces mâles qui ont passé leur temps à les rechercher et à les consommer sans jamais plus se préoccuper de leur assentiment que de ce qu’allait éventuellement perpétrer leur acte. » Françoise Héritier fait aussi partie de mes lectures.
        Bienveillance et sincère respect.

  • Précision : je ne condamne surtout pas celles et ceux qui, quelles que soient les raisons, n’ont pas saisi ou ne saisissent pas la justice. Quand Juliette Binoche écrit « j’ai appris très tôt à être responsable », cela ne signifie pas que les victimes soient des irresponsables.

  • JE VEUX SIMPLEMENT ETRE RESPECTEE.

    J’aurai pu laisser simplement ce commentaire.
    Mais :
    – #balancetonporc = hastag brutal ????
    Parce qu’être harcelée, agressée ou victime d’un lourdeau n’est pas brutal peut être…
    – Denoncer ne changera rien ????
    on fait comment alors ? on se débrouille, a répondu C.Angot!!!!!!!!
    – Hystérie collective ???? Parce que les femmes victimes sont hystériques ??????

    OUI je suis certaine que nombreuses sont les femmes qui ont connu « LE PORC » et peu importe à quel niveau.

    Lorsque nous disons NON, lorsqu’on se détourne et que LE PORC insiste…il manque de respect…et MOI JE VEUX ETRE SIMPLEMENT RESPCTEE.

    A bon entendeur

  • Respect, bien entendu ! Effectivement, dénoncer permet de réveiller les consciences. Cela ne suffit pas. « Dénoncer ne change rien », c’est nul ce que j’ai écrit, par dépit ! Les chiens aboient la caravane passe malheureusement. Ne pas en rester là. Agir. On ne se débrouille pas, on saisit la justice.

  • Mai ton post est hyper fort, ce truc de la gentillesse…. j’aimerais bien répondre mais il y a tellement de choses. Je retiens comme toi que les gens qui se disent gentils cachent souvent des choses sous le tapis.
    Pour la protestation balancetonporc, comme d’habitude ceux qui se précipitent pour dire LEUR désaprobation et LEUR gêne (alors que très peu de femmes ont nommé leur agresseur sur les réseaux sociaux et que les conséquences ne sont que symboliques : on est très très loin de la chasse aux sorcières !!!) sont légion, hommes et femmes. Ils exigent le dialogue, mais à LEURS conditions. Ils te coupent la parole pour dire comment ils veulent que tu parles… pour mieux te reprocher de t’énerver quand tu t’énerves. Ça me rappelle le racisme latent des réactions à la mort de Zyneb et Bouna (« mais pourquoi ils couraient s’ils n’avaient rien à se reprocher ? »), le scandale de la chemise déchirée d’un mec qui vient pourtant de ruiner la vie de centaines de personnes (« quelle violence c’est inacceptable ! »), le focus sur une vitre d’hôpital cassée lors des manifs contre la loi travail (« un hôpital pour enfants en plus, quels voyous ! »)… J’ai de plus en plus de peine à croire à la possibilité du dialogue 🙁

    • il ne le faut pas. bcp bcp de gens ont envie de ce dialogue et le trouvent primordial et inconditionnel. d’autres oui ont leur exigence et à la limite why not, ca sera dans un autre temps peut être. mais qu’on me dise que se mettre au niveau du porc, telle une truie (tu veux une humaine à qui peut être une partie de sa dignité à été volée?!) nous empêche d’avoir un débat digne… franchement…
      allez hauts et les cœurs! débattons déjà avec eux qui ne s’offusquent pas de notre peine et de la détresse d’autrui. le reste viendra! ❤️

      • Quelques réflexions : oui l’environnement prime. Effectivement, le débat est daté (aujourd’hui) mais la société évolue. Donc prendre conscience des comportements prédateurs de ces hommes, de leur nuisance, c’est aussi un signe prometteur, que notre société grandit et avance non ?
        Effectivement, l’hypersexualisation des mœurs en est une des causes comme : la représentation du corps de la femme pour vendre du savon, une voiture ou une plante verte, la banalisation de la pornographie, etc. Quand est ce qu’on arrête tout ça ? QU’on apprend à éveiller nos enfants au beau et au vrai ? A faire de l’éducation sentimentale, affective, etc. avant de l’éducation sexuelle ? Les filles ET les garçons, les filles AVEC les garçons, c’est ensemble qu’on va y arriver non ?
        C’est en sens que je ne suis pas fan du hashtag balancetonporc, même si j’en appréhende bien la dimension catarsystique car il me semble que répondre à la violence par la violence n’a jamais fait grandir l’âme…
        Je trouve ça chouette ce mouvement de femmes, en ce sens qu’il éveille un débat, mais n’oublions pas de construire notre société hommes et femmes, à nous construire en individus libres et vrais, différents et égaux.

        • tu as tellement raison. bien sûr que ça va mieux. puisqu’avant tout ce qui est décrit dans ces histoires partagées étaient avant totalement acceptées. ça n’est plus le cas! grandissons ensemble, meme si bien sûr la violence ne guérit pas de la violence, elle est parfois nécessaire pour faire « éter le bousin ». ensuite oui, pansons les plaies et construisons. je ne veux pas que nous fassions supporter aux générations qui arrivent non seulement « nos » actions sans conscience, mais aussi le poids de la colère (pour les filles) et de la culpabilité (pour les garçons). mille bises et bonne continuation hélène!

  • Le dialogue peut être difficile c est vrai…et on le voit ici déjà avec des personnes que.l on apprécie virtuellement…mais.il faut continuer, il ne faut pas baisser les bras. C.est je.dirai…un devoir pour nos.enfants même et pour nous les femmes, les hommes. Que nous puissions enfin nous entendre. J en ai parlé avec mon fils et son.meilleur ami.ce midi. Pour eux ce hashtag n était pas « trop »…il faut se.faire entendre et parfois c est avec ces mots qui.peuvent choquer qu il y a des prises de conscience. Je crois qu’ il est temps aussi de parler d.education, de respect…il faut dialoguer, communiquer. Nous avons (hommes femmes) étaient élevés dans ce « silence »…ne pas dire, ne pas faire de vague…du « on ne sait jamais ce qui peut se.passer apres… ». Il y a et depuis toujours cette PEUR…peur d.etre jugé, peur de ne pas savoir, peur de.se retrouver seul… peur de ne plus avoir ce.pouvoir, de ne plus être le plus fort…Peur. C est toute une société qu’ il faut changer…et je suis certaine que nos jeunes y arriveront. J ai aimé cette vidéo de Léa Bordier que j ai vu il y a quelques jours deja et j ai été frappée par ces jeunes femmes ce courage… Je.crois en cette nouvelle génération qui nous prend par la main et nous montre ce chemin. A nous avec notre.experience notre vecu…
    de transmettre et de ne pas baisser les bras. Allons y discutons en famille entre amis dans des conférences…ici meme…transmettons.
    Mille bises Mai…tes.post sont toujours aussi forts.
    Ps : tu as raison de parler de I am not your negro. Il est excellent pour parler de l humain. Parce que sommes toutes nous débattons bien de l humain❤

  • Je me retrouve bien dans ce que tu dis Mai… surtout le besoin d’un dialogue qui inclue les hommes et les petits garçons dans un dialogue entre humains bienveillants. Pour moi c’est toute la complexité de notre contexte actuel. Immense soulagement de voir ces horreurs, ces violences (qui certes ne sont pas seulement réservées aux femmes mais quand même où les femmes sont bien plus souvent’ réceptacles’) dénoncées, la parole se délier, les conversations se développer. Immense chance que nous avons ici d’entamer des conversations fondamentales. Et immense responsabilité aussi de le faire sans rendre tous les hommes – et nos petits garçons en particulier (je pense à nos fils!) des prédateurs/aggresseurs en devenir.
    Pour moi, parler d’abus de pouvoir – qui trop souvent se traduit sexuellement dans une société patriarcale – aide… mais grand débat déjà d’expliquer le patriarcat. Les comparaisons avec le racisme aident bien chez nous, mais je suis preneuse de bonnes explications/vidéos/bouquins pour les plus jeunes…

    • je pense que nous devrions lire des chosss sur la communication non violente. je pense que derrière nombre de prédateurs il y a des petits garçons qui n’ont pas eu le droit d’avoir des émotions. BOYS DON’t CRY n’est ce pas. mais aussi pas le droit d’avoir peur, d’être jaloux, d’être anxieux, d’être vulnérable et imparfait! quelle violence! les filles ont le droit d’être émues (sauf d’avoir de la colère), elles sont initiées au dialogue et à la parole. EMOTIONAL LITRACY ON A DIT! merci Grayson Perry!

      • oui, je vais rechercher ton post sur Greyson Perry. Ça me fait penser à cet article bouleversant sur un homme, mûr, se remémorant comment sa grande amitié avec un petit garçon avait été coupée courte par des parents alors que les garçons grandissaient et qu’il était jugé peu convenable d’avoir de si fortes amitiés entre garçons. l’auteur décrivait si bien cette terrible déchirure, cet apprentissage du mutisme émotionnel…

  • Merci Mai pour ces mots, passionnés, forts et qui font tellement mouche. Ces derniers temps (mois, années… ?), ton parcours et tes expériences m’emmènent dans des méandres qui, parfois, me laissent sur la rive (ce n’est pas un mal, c’est que parfois je ne suis pas prête à plonger avec moi dans la rivière, que parfois je n’en pas envie, que parfois je suis en désaccord…). Et là, là… peu importe si je n’ai pas parcouru tout le chemin qui t’a mené à cette matière là, peu importe si j’y suis arrivée par d’autre voie… là il y a toute cette matière, belle, dense, et dans laquelle tout est si intéressant à explorer et qui fait vibrer tant de choses en moi.
    Colère et compassion, ces deux postures, ensembles, se complétant, se succédant, se chevauchant, s’alternant… résonnent profondément avec la manière dont je voudrais être au monde. Exiger, mais comprendre, pour dépasser et construire du nouveau : OUI.

    Et puis je suis comme toi : pour atteindre l’égalité, je pense qu’il faut déconstruire ce système dans ce qu’il fait aux femmes comme dans ce qu’il fait aux hommes, pour accepter en l’autre simplement ce qu’il est en tant qu’humain. Pour creuser l’origine de ce qui pèse sur les hommes, en termes de construction de la masculinité, dans le monde occidental, une très belle émission des nouveaux chemins de la connaissance, à la fois éclairante et évidente : https://www.franceculture.fr/emissions/les-chemins-de-la-philosophie/le-mythe-de-la-virilite (je trouve simplement l’invitée maladroite dans sa comparaison de la difficulté du sort des hommes VS le sort des femmes, bien qu’elle répète qu’elle ne veut pas le faire 🙂 ). Je retrouve dans ton texte en partie aussi un élément de cette émission bien sûr (peut-être l’as-tu déjà écoutée, à la réflexion…) en lequel je crois absolument : dépasser le problème du patriarcat, ce n’est pas faire en sorte que la femme puisse avoir la même place que l’homme, c’est construire un autre rapport à l’autre, au monde, au pouvoir (car il en faut bien), où la référence et le graal ce n’est pas « avoir des couilles ».

    Ton enthousiasme à construire/déconstruire cela me touche aussi, et me fait du bien… car jeune encore, sans enfants mais les prévoyant pour dans pas très longtemps, j’essaye dépasser ma peur de ne pas réussir à les mettre sur la voix de ce changement, et mon découragement quand je prends, en pleine face, l’hostilité de ceux qui ne voient pas de problème ou ne veulent pas bouger.

    (Et bon dieu ce titre <3)

  • Tout comme Robert, je n’avais pas compris que tu parlais de toi, Mai. Je comprends alors mieux ta réaction à mes questions qui encore une fois ne demandaient pas de réponses. Compassion sincère ! Je viens de lire ton com Mai, concernant le hashtag, et j’ai lu que celui-ci t’a heurté tout comme il a heurté Robert, Lucie, Valérie Toranian, Laure Adler, moi-même, et bien d’autres. Sur ce point là nous sommes d’accord. Bien sûr, ne pas blâmer celles et ceux qui l’ont utilisé. De quel droit ? Ecouter les souffrances. Connect before correct !
    Ce # ne doit pas être l’arbre qui cache la forêt. Qu’il y ait de la colère, je le comprends ; elle est justifiée. Que ce # ait pu être utile je le comprends aussi, mais tout comme Robert, Valérie Toranian, et Laure Adler, je ne pense pas que ce # fasse avancer le schmilblick, qu’il puisse éveiller les consciences, peut-être ! A suivre ! Nous sommes dans une culture de l’immédiateté, de la réaction au détriment de la réflexion. J’ai parlé de groupes de paroles pour les hommes qui se sont mal comportés. Permettent-ils d’améliorer la situation ? Je souhaiterais qu’ils puissent éveiller les consciences et modifier les comportements.
    Du concret pour faire évoluer les comportements. Saisir la justice (je me répète) me semble aller dans cette voie. L’impression peut-être fausse que la mobilisation ne se cantonne que dans les mots d’où mon insistance et je ne suis pas le seul (cf V Toranian) pour que la justice soit saisie.
    L’article de Valérie Toranian pour replacer l’extrait que j’ai cité dans son contexte :
    http://www.revuedesdeuxmondes.fr/oui-aux-droits-femmes-non-feminisme-populiste-de-delation/
    Laure Adler :
    https://www.franceinter.fr/emissions/l-invite-de-7h50/l-invite-de-7h50-17-octobre-2017
    Et aussi d’accord avec cette intervention :
    https://www.youtube.com/watch?v=mXsBgzC73TA&app=desktop
    Sujet bien épineux, passionné et clivant !
    En ce qui me concerne être gentil, ne m’intéresse pas. Je préfère la vérité.
    Communication non violente. J’ai cité bien des fois dans ce blog M B Rosenberg et Isabelle Padovani. La Communication non violente est une magnifique voie vers plus de respects et de libertés.
    Si j’ai pu choquer en reprenant des citations non consensuelles, ou par mes propos, j’en suis sincèrement désolé, là n’était pas mon but.
    Penser contre soi-même, faire droit au contradictoire est important pour moi.
    Aussi comme je l’ai écrit, pour moi aussi, la porte pour de vrais échanges constructifs restera toujours ouverte.

    • merci pour ta réponse je suis heureuse qu’on se comprenne mieux. pour robert et edouard, j’aime que vous puissiez être ici pour débattre. mais n’oubliez pas que vous vous adressez à une Autre. nous sommes blessées. nous avons été humiliées. nous sommes émotives. et nous aimerions que cela soit respecté. donc ça peut être désagréable si j’ai l’impression qu’on “m’explique la vie”. chacun.e parle pour lui.elle même. et on ici n’est pas un “blog de filles” on est pas entre “nanas”. tous ces termes peuvent effectivement me sembler péjoratifs. adressons nous svp aux uns et aux autres en tant qu’adultes. égal.e à égal.e.
      pour l’article se la revue des deux mondes, je l’avais lue et suis contre. pour les raisons déjà énoncées. et cette idée de délation anonyme et collective et populiste est d’une condescendance sans nom. pour ce qui est du recours à la justice, je ne pense pas non plus que ce soit la solution. mais si qn le pense qu’il.elle aide dans ce sens. et nous on s’occupe d’autres chantiers que nous jugeons plus utiles.
      que les hommes parlent oui À FOND. mon mec qui fait ça avec ses groupes de paroles d’hommes depuis 25 ans a bcp à nous partager d’ailleurs (je réfléchis à comment).
      grossi modo les hommes sont bloqués entre 2 choix impossibles : être prédateurs-dominants ou être honteux que “les hommes soient” des prédateurs dominants. affreux!
      donc à vous de choisir et créer une troisième voix qui vous sorte de ces polarities, et vous rendent forts ET bienveillants. bref… plein de posts à venir!

      • Que vous soyez émotives : Oui je vois 😀
        Quant à blog de filles, entre nanas, c’est pour dire : On est entre nous. Et oui c’est un blog qui s’adresse plutôt aux filles. Mais des garçons le lisent aussi. Tu ne peux qu’y voir le fait que ces garçons (moi compris) t’accordent un intérêt. Non pas parce que tu es une fille, non pas pour une cause, non pas pour faire semblant (je suis pas maso) mais parce que j’aime bien ce que tu écris.
        Pour le hashtag, oui je trouve que c’est pas bien. Pour le principe et parce que ça ne sert à rien.
        Nous ne sommes pas deux groupes opposés avec des porte paroles. Concernant ce que font les méchants (les hommes le plus souvent dans le cas du harcèlement, viol) il n’y a pas de débat. C’est mal et c’est notre cause à tous. Les hommes comme les femmes.

  • Moi aussi heureux de ce retour à une meilleure communication et compréhension. Je n’ai jamais considéré que ce blog était un blog de « filles » et j’ai ici plusieurs fois fait part de mon regret qu’il n’y ait pas plus de coms de mecs. (J’ai eu des filles, elles sont maintenant des femmes et ne les considère plus comme « mes » filles). Condescendance de la part de l’ancienne rédac en chef du Elle, je ne l’avais pas ressenti comme cela, peut-être parce que je l’ai côtoyée, et que je ne l’ai jamais vu condescendante avec toutes les femmes dans son entourage pro (c’est la première fois que j’entends ce qualificatif à propos d’une de ces interventions). Ma naïveté peut-être !
    Je respecte tout le monde quel que soit son passé ou son vécu. Il y a une loi sanctionnant le harcèlement, après c’est effectivement peut-être difficile d’apporter des preuves. Mais je crois à la force de la loi et de la justice.
    Perso, je ne me sens pas bloqué entre ces 2 positions. La troisième voie commence, il me semble par l’éducation. Dès le plus jeune âge de mes filles, je leur ai toujours dit de ne pas accepter que qui que ce soit leur parle mal, et si elle devait sentir un malaise, de nous en parler, à leur mère et à moi. Je les ai surpris parfois de mal parler de certains amis, et leur disais que se faire respecter s’accompagnait de respecter l’autre. En ce qui concerne donner des leçons, je déteste cela, et j’ai essayé de ne pas me comporter ainsi avec mes filles et avec mon entourage. Je suis désolé si j’ai pu donner cette impression. Enfin, de la compassion bien sûr, (je ne me considère pas comme un porc potentiel) à ne pas confondre avec la pitié.
    Cyrulnik La honte, le poison de l’âme, une double peine, un facteur d’anti résilience. Honte de mettre dans l’âme de l’autre, une représentation de soi-même amoindrie :
    https://www.youtube.com/watch?v=6oVDBRQ3v74
    Encore une fois, loin de moi l’envie de malveillance. Penser contre moi-même, prendre en compte des avis qui peuvent me bousculer, et prendre le risque de bousculer les autres par la même occasion, peut-être que cela peut être pris pour de la malveillance. Si cela est ressenti ainsi, je le redis, cela n’est pas mon intention (j’essaye d’être attentif à mon intention, même inconsciente si intention inconsciente, il peut y avoir) et j’en suis désolé.

  • On ne situe pas ce phénomème sans le temps. Pourtant cette hyper sexualisation des relations entre adultes est récente. Ma mère ne me parle pas de cela. Interrogez vos mères, génération de l’après guerre vous serez stupéfaites. Le harcèlement sexuel banalisé n’existait pas. Alors, je veux bien entendre ta proposition de bienveillance/compassion/libération de la parole mais dans le fond on ne réglera rien. Je pense qu’il faut regarder un peu au dela quand la pornographie s’est développée pour devenir une industrie. Nous sommes responsables de l’avoir laisser s’infiltrer au point de véroler les regards que nous portons les uns sur les autres. Nous les femmes sommes les grandes perdantes de la libération des mœurs qui aura fini par nous asservir au désir masculin. J’ai bien envie de regarder la série deuce pour en savoir plus. Mais à mon avis ce hashtag dénonce le symptôme d’une société plus profondément malade. Je pense qu’on doit maintenant surtout s’occuper des adultes de demain. Pour les adultes d’aujourd’hui ca me semble un peu foutu 🙁

    • oh c’est fou comme constat. c’est la première fois que j’entends ça. y compris des générations de femmes avant moi. la pornographie mysoginie ne serait d’ailleurs pas développée ainsi s’il n’y avait pas mysoginie déjà établie. après je ne sais de quelle generation tu es, mais sache qu’il y a autour de moi, nous plein de mecs canons qui ne cherchent qu’à faire changer les choses. qui ne sont pas satisfait de la « relation » pornographique, et qui en fait, avec nous, ensemble, sont déjà en train de changer. c’est pas bisounours, c’est factuellement en train de se faire. je t’envoie plein de bonnes vibes!

  • Avec la chosification de l’autre, l’autre considéré comme une stratégie pour nourrir des besoins, des pulsions, la pornographie, quid de la spiritualité, de la communication entre les êtres ?
    Padovani : https://www.youtube.com/watch?v=3xontz7F_9c
    14eme minute : Ventre affamé d’empathie n’a pas d’oreille. (à ne pas prendre perso, bien que tout le monde puisse à un moment ou à un autre de son existence se sentir incompris, sentir que l’autre ne prenne pas la mesure de combien cela lui a fait mal)
    Qu’est-ce qui se met entre nous et qui vient de nos conditionnements ?
    La CNV : une intention du cœur hautement spirituelle.
    Singer aussi : https://www.youtube.com/watch?v=XqccW_JikD8
     » Comment trouver des formes qui vont permettre de garder cette qualité que je défends devant le monde ? « 

  • <3 Merci Mai pour ta clairvoyance.

    J'ai arrêté de lire les com' par contre car ça me mettait en colère, je lirais peut être ça plus tard!
    En attendant je vais partager ta pensée autour de moi.
    Prend soin de toi 🙂

      • Bah écoute, moi je ne suis pas sûre de trouver que ça tourne bien 🙁

        Je trouve Edouard et Robert ultra violents dans leurs propos et ça me fait trembler. J’admire et je respecte ta capacité d’écoute et de pédagogie mais j’avoue que là moi ça me fout juste les boules de les lire.
        J’ai déconnecté de twitter parce que le flot de témoignages me bouleversaient à un point que je n’arrivais plus à supporter. Je viens ici pour te lire, je suis touchée par tes mots, qui ne sont pas ceux que j’ai dans la tête mais qui justement me permettre d’ouvrir mes horizons, je descends sous le texte et là je tremble. Je tremble devant l’incompréhension, devant le donnage de leçon, devant l’explication de texte sur ce qu’est – ou n’est pas – un bon outil. Devant le manque de retenue et d’ouverture aussi.
        Et ça rejoint une réflexion que j’ai en ce moment et qui me rend assez peu optimiste pour la suite des évènements : quand je lis des afroféministes sur twitter, je ne viens pas leur expliquer comment je pense qu’elle devrait mener leur lutte, ni leur dire que leurs outils d’émancipation ne sont pas les bons. Je me tais, je lis, j’apprends, j’essaie de réfléchir au travail de déconstruction que j’ai a faire, si je peux soutenir financièrement ou symboliquement une initiative, je le fais. Mais je ne me sens en aucun cas légitime à venir leur expliquer quoique ce soit sur la façon dont elles entendent s’émanciper. Et je pense que nous sommes un grands nombre de femmes à adopter cette posture assez facilement et à accepter sans problème que oui, nous sommes toutes dans une certaine mesures dans une position de privilège (racialement, socialement, économiquement et parfois plusieurs choses à la fois) et que non, il n’est pas toujours bon de s’exprimer quand on n’est pas concernée. Et j’avoue que, sur internet ou IRL, je retrouve peu cette capacité chez les hommes. Je ne comprends pas ce qu’il y a d’inaudible pour eux.

        Je trouve super stimulante ta réflexion sur la communication non violente et j’y vois une piste supplémentaire, à laquelle je réfléchis aussi beaucoup en tant qu’artiste : celle du silence. C’est peut être dès fois le premier pas, se taire et écouter. Même si le sujet nous touche, même si on en pense quelque chose, même si on pense avoir une clef, même si on est certains que le hashtag n’est pas le bon outil. C’est une forme d’action hyper forte, qui est de l’ordre de la retenue et du respect. Toutes ces nanas à qui je n’exprime pas mon opinion n’ont aucune idée que j’existe. Mais je trouve, à un niveau personnel, que l’abstention, la retenue, le silence et l’ouverture et l’écoute qu’ils permettent sont des formes de militantisme et d’engagement forts et puissants.
        Pleins d’artistes ont cherché dans ce sens et ça donne lieu à des oeuvres (voir même parfois à des non oeuvres) complètement bouleversantes.

        Voilà. Bon. Je tremble un peu moins.

        Bien à vous toutes,

        Elsa

        • hello elsa! merci pour ton com. disons que robert et edouard n’ont pas notre avis, n’ont pas « notre » attitude. mais si tu te
          mets à leur place, je pense que tu verras qu’il n’y a pas de violence. nous sommes écorchées vives, c’est très dur, mais ramenons de la douceur en nous même.
          l’art du débat et de l’altérité ne peut que nous faire du bien. et c’est toujours intéressant de voir comment d’autres raisonnent (homme ou femme puisque edouard prend le soin de citer bcp de femmes)
          je suis d’accord avec toi sur la nécessité du silence. pour accueillir la parole de l’autre, le.la soutenir, juste l’embrasser. je reste aussi interdite sur certains thèmes évoqués par l’afrofeminisme, l’appropriation culturelle aussi, parce que j’estime que j’ai devoir d’écouter avant de me faire une opinion.
          en revanche, après cette écoute, cette réception, nous devons débattre ensemble, et c’est l’objet du post. je trouve essentiel que la parole de la victime soit au centre, mais ensuite il faut la propager pour plus de compassion. y compris avec les personnes qui ne sont ni victimes ni bourreaux mais qui veulent que ça change, tout en ayant une autre pensée que nous. thoragnan ou même catherine deneuve
          ont peut être derrière leur attitude condescendante, une inquiétude véritable sur une cause qui après tout, nous est commune.

          bon mnt robert, je sais pas pourquoi tu parles de filles/garçons. nous sommes adultes non? ensuite le hashtag j’insiste a permis à des milliers de femmes de sortir du silence. des milliers d’hommes et de femmes de renouer un dialogue jusque là perdu. que le hashtag lui même n’apporte pas de réponse pour construire une nouvelle société… mouais passons, mais dire que c à ne sert à rien… à rien pour toi non?
          edouard : je lis qn parler de plèbe… je ne me sens pas respectée. qd bien je n’ai pas choisi personnellement d’utiliser ce #, je défends celles qui ont senti le besoin de le faire. nous sommes différent.es mais du même
          côté.

          • Quel est le souci à dire « filles ; garçons » ?
            Sur le hashtag :
            « ensuite le hashtag j’insiste a permis à des milliers de femmes de sortir du silence. des milliers d’hommes et de femmes de renouer un dialogue jusque là perdu »
            Pour sortir du silence il y a d’autres solutions que les réseaux sociaux. Ensuite le hashtag ne consiste pas à dire de ne pas avoir peur, qu’il ne faut pas se sentir coupable, qu’il faut porter plainte. Il consiste en de la délation (balance). Et pas n’importe quelle délation puisqu’elle est anonyme. Un mouvement qui consiste à dénoncer anonymement quelqu’un comme étant un violeur je vois pas en quoi ça crée un dialogue. Par contre je trouve que c’est clivant. La dénonciation anonyme n’est pas une communication non violente. Ca n’a jamais permis le dialogue dans les rapports humains.

  • On a quand même un sacré rôle à jouer
    pour les futures générations
    des fois moi je me dis que j’ai la flemme aussi
    que ça demande une énergie folle ce travail de communication/d’éducation etc. est-ce que c’est même mon rôle de le faire?
    heureusement souvent naturellement ça me dépasse et ça sort tout seul
    mais au quotidien des fois c’est pas évident
    on parle de l’effet de groupe sur les hommes. moi je ressens aussi l’effet de groupe sur moi en tant que femme et « harcelée » dans le sens où c’est plus facile de rien dire, ou de lacher une discussion/explication au moment où elle devient tendue (avec les mecs, et encore pire avec les filles qui elles mêmes ne « comprennent pas »), ou même plus facile de rentrer dans le jeu (rentrer dans le jeu dans le sens où…si je rentre dans son jeu, ça créée une ambiguité, ça ressemble à de la drague et y’a plus besoin de critiquer (ça fait sens?))…
    bref je sais pas où je veux en venir
    des fois juste ça m’énerve de me dire que nous avons tout ces efforts à faire
    ça me soule de rééduquer mes potes, de lacher ou critiquer des gens que j’aime bien parce qu’ils dépassent souvent les limites, de passer pour « la susceptible » et même de « devoir » éduquer un inconnu, mon docteur ou je ne sais pas qui d’autre qui dépasse largement les limites.
    Je culpabilise les jours où je dis rien, et parfois je culpabilise même les jours où je dis quelque chose (est-ce vraiment mon rôle?)
    et puis on le fait… Je me rassure en me disant qu’on vient de loin, qu’on a beaucoup avancé aussi et que petit à petit l’oiseau fait son nid. Peut être un jour dans les bouquins d’histoire il y aura une page sur le moment où la société à commencer à virer dans le « bon sens ». Et je ne sais où dans l’univers on pourra être fier de nous.

      • LAURA!!!! euh attends je sais plus ce que je veux dire… HAHAHAH merci pour ton com! c’est tellement vrai ce que tu décris. et c’est tellement dur de choisir (naturellement qd ça sort tout seul, ou pas qd c’est un choix conscient) de ne plus être dans un jeu de surface. tellement d’interactions a changer, tellement! mais je pense laura, que lorsque nous aurons lâché la colère liée à ça, que sera conscient que NON en 2017, les choses ne sont pas comme on aimerait qu’elles soient, et bien ça nous fera moins mal aussi. je sais pas si je suis claire : disons qu’intégrer que les choses sont comme ça, c’est nous éviter la peine de la déception. ca fait gagner bcp de points de vie. et après, je pense aussi qu’on apprend à grandir face à l’autorité (je n’aurais jamais osé reprendre un médecin avant)(mnt c’est bon)(et c’est pas forcément violent).
        petit à petit, pas tous les jours, pas tout le temps, on vogue entre profondeur et superficialité joyeuse. et c’est bien comme ça. un pas apres l’autre. YOU ARE ENOUGH!
        (peux pas lire la vidéo la mais le ferai plus tard).
        encore merci Laura!

        • c’est exactement ça « petit à petit, pas tous les jours pas tout le temps » c’est ce que je me suis dit pour arrêter de culpabiliser dans un sens ou dans l’autre

      • merci Laura 😉
        Dans cette vidéo ce sont les mots que je cherche que je ne trouve jamais ou peu…mais là tout est dit. Peu importe le comment. En mon sens, là sur ce sujet ce n’est pas la forme qui compte mais le fonds…Ecouter le fonds et ne pas se bloquer sur telle ou telle manière de le dire, de l’écrire… C’est bien ce qui nous bloque à chaque fois et souvent on avance pas « Il a dit, il a fait… » mais nous n’essayons jamais de comprendre le pourquoi et comment on en est arrivé là. Bref je ne suis pas très explicite c’est sûre mais en tous les cas la vidéo parle…Bien

      • d’ailleurs une solution si t’as pas envie de te battre contre toute l’assemblée un soir et juste d’envoyer cette vidéo « out of blue » aux personnes concernées le lendemain. j’ai fait ça avec un ami, ca a super bien marché! ce qui dans un échange un peu musclé ne fonctionnait pas, a fonctionné avec la corde humour-intelligence (que je n’ai pas qd il le faudrait). encore merci Laura!

        • c’est exactement ce que j’ai fait juste après avoir vu la vidéo. J’ai transmis un extrait à un « pote » qui a pas l’air de comprendre. Depuis il me demande s´il doit sentier concerné.. 😂
          J’ai pas répondu. J’aimerai bien qu’il ait la réponse tout seul !
          Merci à toi Mai 🙂

  • Chère Mai, je me permets, à force de te lire, il me semble que tu fais partie de mes proches… Merci pour cette approche encore une fois très fine.
    Je livre ici mon témoignage brut de décoffrage (à bon entendeur…)
    Première réaction au hashtag : bon bah, ça va j ai échappé à ça. Je suis plutôt chanceuse .. Et puis, ça me travaille quelques jours. Je repense à la nuit où, monitrice de colonie, je me suis réveillée dans mon lit avec un collègue allongé sur moi. J’ai dû négocier de nombreuses (interminables) minutes pour qu il se barre, n arrivant pas à l expulser de force. Il me dira pendant ce dialogue allongé sur moi, pour sa « défense » que je lui avais souri (ça m a bloquee pendant quelques temps de sourire de façon naturelle à des collègues masculins). J’ai repensé au gamin de 12 ans qui m a mis une main ou plutôt un doigt au cul en fin d apres-midi alors que j étais trentenaire. Il s est tourné vers ses copains, tout fier en disant c est bon, je l’ai fait… J’ai repensé à la fois où rentrant chez moi, un jeune au look hipster roulant lentement en scooter me balance très fort dans la rue « t as mis un string sous ta robe, salope ? « . Je raconte ça au boulot le lendemain, choquée et une collègue femme précise à l assemblée que j avais la veille des collants en résille. Ça peut expliquer, elle ajoute.
    Donc phase numéro deux, je me dis moi aussi/me too. Et je prends conscience que tout ça, je l’ai bien enterré au fond de ma conscience. Pas si grave. On va pas en faire un plat. Le lot commun des femmes, finalement je m’en suis bien sortie etc. Je précise que mis à part pour la colonie où j’ai fait état de l agression au directeur et où mon collègue a été sommé de ne plus travailler dans le même bâtiment que moi, je n’ai jamais fait de démarches. Et, je n ai jamais porté plainte. Ce constat m a mis dans une rage immense qui grandissait à chaque témoignage de copines. Je m’en suis voulue d avoir mis la tête dans le sable. Ton propos sur l education à se la boucler a fortement résonné chez moi. J’ai grandi dans cette asseption mais plus par histoire familiale que par culture machiste.
    Étape 3 : comme tout cela bouillonne en moi, j en parle avec mon mec et la discussion devient houleuse. Il reconnaît qu’il y a un problème dans la réponse policière et judiciaire mais il pense que les femmes sont aussi coupables de ne pas se défendre (en portant plainte par exemple). Je precise que mon mec est très loin de l archétype du gros macho. Il est choqué par les hashtags comportant des noms qu il considère comme de la délation voire de la diffamation selon les cas. J ai ete également évoqué mal à son l aise en les lisant… Il evoque son licenciement abusif (reconnu comme tel par les prud hommes) par une boss qui pour se débarrasser d un collaborateur lui faisant de l ombre a invoqué le harcèlement sexiste. Les situations ne sont pas comparables. Il y a des malveillants hommes et femmes et il faudra toujours lutter contre. Mais simplement que mon mec (qui est le premier à s indigner des discriminations quelles qu’elles soient ) ait cette réaction (et à ce qu il me semble voir, ce n’est pas le seul), je me suis dit que le chemin était encore long. Ne pas accueillir ces témoignages de souffrance, ne voir que la solution judiciaire ( c est se focaliser sur le curatif et non le préventif ).
    Mais, tu as raison, Mai, on s est mis en chemin toutes et tous et même si cela implique de le défricher à la machette, l important c’est qu on avance à côté les uns des autres . Merci <3

    • cerise! j’ai des frissons! merci infiniment de partager des choses si intimes et délicates. on parlait de cette quete de vérité plutôt que de bonheur il n’y a pas lgt… eh bien nous y voila. et ce qu’il y a de précieux c’est que nous partageons désormais cette vérité. une grande partie a commencé sur les rs, mais le travail doit se faire dans l’intimité des relations. et ce qui est difficile c’est d’être à la fois dans un discours societal et dans un vécu intime. bcp d’hommes souffrent de la redistribution des cartes telles que nous la demandons parce qu’ils sont pointés comme les bad boys (ex : le terme mansplaning vise bien
      une catégorie juste pour ce qu’elle est, « les hommes », c’est comme si tu parlais de womanhysteria, nous trouverions ça hyper myso, ça l’est), tout en souffrant des affres de la domination patriarcale (les jeux de domination en entreprises, même par des femmes, n’en sont que des variations). notre intérêt est de faire face ensemble. pas les uns contre les autres. les femmes contre les hommes. celles qui ont souffert contre ceux qui n’ont pas souffert. etc. etc.
      COM PAS SIONNNNNN!
      encore merci cerise! merci pour ton com!

  • Ok Il y a des mecs qui se conduisent comme des porcs. Et ce n’est pas juste pour la femme, dans le sens ce ne sont pas des manières de se comporter.
    Le pouvoir sans amour est téméraire et abusif
    OK, la déferlante sur les rs est le symptôme de la souffrance des femmes et de leur difficulté à en parler et à se faire écouter. Tous les mecs, dieu merci, ne se comportent pas comme des porcs. Nous avons tous besoin d’amour et de justice. Curieusement même celui qui se comporte tragiquement, mais alors vraiment tragiquement, comme un porc, exprime un besoin d’amour d’une manière tragique avec une totale non prise en compte de la femme, et j’en suis désolé pour les femmes.
    Le pouvoir à son meilleur, c’est l’amour mettant à exécution les exigences de la justice.
    Amour justice et pouvoir.
    Amour Justice et pouvoir, une troisième voie à creuser à mon sens.
    « Un des plus grands obstacles à l’amour tient au fait que l’on fait habituellement contraster les concepts de l’amour et du pouvoir comme les opposés d’une polarité.
    L’amour est regardé comme le renoncement au pouvoir et le pouvoir est considéré comme le déni de l’amour…
    Ce qui est nécessaire, c’est de réaliser que le pouvoir sans amour est téméraire et abusif
    alors que l’amour sans pouvoir est sentimental et anémique.
    Le pouvoir à son meilleur, c’est l’amour mettant à exécution les exigences de la justice.
    La justice à son meilleur, c’est l’amour corrigeant tout ce qui fait obstacle à l’amour. »
    Martin Luther King
    Martin, réveille nous !

    • Je trouve intéressante ta trilogie Edouard car, comme je l’évoquais moi-même plus haut, je pense que la notion de pouvoir est centrale dans notre société et donc dans toute cette histoire.Ceci dit, je ne suis pas sûre qu’elle soit suffisante… je veux dire oui bien sûr oui à l’amour, mais là je pense qu’on rejoint le COMPASSION de mai qui me semble plus fort, car plus adapté et plus précis, que le très grand et vague amour. L’amour, pour moi, ramène à quelque chose d’inconditionnel… Et puis en creusant un peu je pense que cette trilogie ne suffit pas, et je me met au présent car finalement c’est le « bon chemin » qu’on préconise depuis au moins quelques générations, notamment aux femmes : soit aimante, si la personne en face de toi ne va pas bien, c’est qu’il est en manque d’amour, et fait confiance au pouvoir et à la justice pour le punir de ses crimes. Dans cette application là, ça ne marche pas. Déjà car quand on est victime, on a pas envie d’aimer, on a envie d’hurler et c’est bien normal. Alors amour justice pouvoir, mais pas dans cet ordre là.
      C’est beau que tu crois en la justice telle qu’elle est aujourd’hui Edouard pour régler ces problèmes (et là je ne réponds pas simplement à ce dernier posts mais plus généralement à tes autres messages), ça serait beau si c’était automatiquement le cas. Mais combien de « qu’est-ce que vous portiez? » « aviez-vous bu? » « mais c’est votre petit ami! » doit-on affronter quand on s’engage dans cette voix là… Chaque victime devrait donc s’improviser guerrier.ère de l’émotion quand elle va chercher justice, et faire un travail d’éducation des agents qui sont censés l’aider dans son parcours ? Alors non, la justice ne suffit largement pas, et le changement de paradigme social est un combat qui est global, et que nous choisissons, comme le disait Mai, de porter sur d’autre terrains. Ici, le terrain ce sont les réseaux sociaux, forme de communication extrêmement efficace, on le voit bien !

      Je veux aussi revenir sur deux phrases dans ta réflexion : « Ok Il y a des mecs qui se conduisent comme des porcs » ; « Tous les mecs, dieu merci, ne se comportent pas comme des porcs. ». Oui oui Edouard, il y a des hommes gentils. Il y a des hommes sains et des saints. Mais peu importe ! Ce qui importe c’est que 100% des femmes ont été victimes d’une agression sexiste, qu’elle soit verbale, physique, symbolique, dans la rue, au bureau, dans son foyer, en vacances, à la plage, en plein hiver… Il est là et bien là le problème : certes, pas tous les hommes, mais suffisamment pour que toutes (toutes) les femmes.

      Un dernier point, sur lequel je serai plus virulente. Après la lecture d’un post entier qui met en avant les nécessités de la colère, votre première réaction c’est : olala ne vous mettez pas en colère quand vous nous répondez… Vraiment ? Et puis une fois que vous avez intégré le fait que Mai avait été elle-même agressée, tout de suite vous comprenez et acceptez son émotion. Encore heureux ! Mais deux éléments. D’abord d’un point de vue théorique : cela veut-il dire que vous êtes incapables de concevoir qu’on puisse former de l’émotion et de la colère sur la situation de autres, et pire, ici, sur une situation générale de la société ? On ne peut être en colère que si on a été blessé.e ? Ensuite, d’un point de vue pratique : gardez en tête que toutes les femmes, quel que soit le degré de gravité de l’agression sexiste, l’a été. Une remarque dans la rue, aussi mineur que cela peut paraître, n’est pas une gêne sur le moment. C’est quelque chose qui peut rester en soit toute la journée, des jours, des semaines, des années, qui instaure un mal-être et un malaise puissant. Donc oui, même elle, elle est en colère.

      Et pour finir ce matin Emma a posté une bd qui reprend les thèmes abordés ici, avec pédagogie comme elle le fait si bien. Sur la colère et sa répression ou son éclatement, et sur les autres voies de communications que l’ont peut choisir par stratégie, quand socialement la colère féminine devient automatiquement hystérie : https://emmaclit.com/2017/11/06/detends-toi/

        • 🙂
          plus la journée avance, plus ça me travaille. Pour faire vite, là j’en suis à la réflexion suivante : Comment, sur ce sujet, dépasser/faire dépasser la simple pitié (oui les femmes sont à plaindre) pour aborder une réflexion qui dépasse le conseil, même quand il est bienveillant (« faites appel à la justice ! »), qui dépasse le « oui mais moi je (suis gentil, n’ai rien fait) » et qui passe à une vrai introspection, sur soi, sur la société, sur l’autre… Et que c’est fatiguant de se farcir ça (je veux dire éveiller les autres à ce dépassement). Bon, à murir.

          Lu ce midi, ce billet, qui aborde la parole mal placée des hommes, et de cette question de la « violence » du balancer : http://www.huffingtonpost.fr/lea-domenach/cher-nicolas-bedos-il-y-a-une-revolte-des-femmes-et-vous-faites-partie-de-ceux-qui-ne-veulent-pas-voir-les-choses-bouger_a_23267834/

          Sinon, Mai, as-tu eu le temps/l’occasion d’écouter l’émission de france cul que je t’ai linké dans mon comm plus haut ? Cela m’intéresserai d’avoir ton avis dessus ! je trouve qu’avoir une perspective historique et philosophique sur la construction du déséquilibre fondé sur le genre est très important et très éclairant.

        • Bonjour Lue. C’est vrai ! « combien de « qu’est-ce que vous portiez? » « aviez-vous bu? » « mais c’est votre petit ami! » doit-on affronter quand on s’engage dans cette voix là »
          J’ai écrit « Important de dépasser une colère bien compréhensible » La dépasser ne veut pas dire la mettre sous le boisseau.
          Guerrière de l’émotion, si cela signifie l’enterrer, non cela est certainement impossible et même déconseillé. La victime ne pourrait-elle pas être accompagnée dans ses démarches lorsqu’elle porte plainte ?
          J’ai vu le film Consolation suivi du débat et écouté Marlène Schiappa et Monique Pelletier sur France culture cette semaine. Le combat de Flavie Flament pour que le délai de prescription soit rallongé. Plein de mesures étudiées en ce moment et pas qu’au niveau de la justice pour que les choses bougent. Plus de justice, moins d’impunis, plus de conscience sur la gravité des faits, j’ose espérer. Les violeurs et les harceleurs réfléchiraient peut-être à deux fois.
          Enfin pour moi, bienveillance et attention dans l’amour et compassion aussi bien sûr.
          C’est bien normal d’avoir envie et besoin d’hurler quand on est victime.
          Je ne minimise pas la souffrance de la victime. Y a t-il cependant une voie vers le dépassement de la considération de soi-même en tant que victime ? Par son combat, Flavie Flament est dans cette voie, il me semble. Qu’en pensez-vous ?

  • J’essaie d’écrire ce commentaire depuis des jours. Mais rien ne vient une fois devant mon clavier. Ou plutôt tout, mais de manière tellement décousue…
    Je me lance.
    Je t’apporte toute ma compassion. (Je dis tu, mais je devrais dire à tous/toutes.)
    A mon sens cet élan est immense (et utile et salutaire et et …), mais ne représente que la partie visible de l’iceberg. Je ne suis pas sûre que l’ampleur des dégâts soit connue… C’est une première pierre et elle est enfin posée.
    Je partage parfois un peu du « découragement » de Laura. Pourquoi tous ces efforts me sont demandés à moi ? Et puis je me rappelle d’une interview du Dalaï-Lama dans Elle (il y a peut-être 1 an). Je vais surement transformer sa parole avec mes souvenirs, mais il disait que oui, la société en demandait beaucoup aux femmes, mais que c’était formidable tous ces efforts faits par elles, il fallait juste maintenant que les hommes fassent les mêmes.
    Bref, je ne sais pas du tout si je suis claire, et je me perds un peu moi même.
    Pour ce qui est de la question des genres, je partage assez ton point de vue Mai. J’ai moi aussi un fils et une fille, et j’essaie à mon niveau d’encourager leur part de féminin et de masculin. C’est peut-être très cliché ce que je vais dire là, mais j’essaie d’aider mon fils à exprimer ses émotions et ma fille à prendre des risques. Et je suis assez fière quand j’entends « Mais j’ai le droit d’être en colère quand même ! ».

    • bah c’est top bricole. merci pour ton com qui n’est pas décousu du tout. je suis déçue parfois parfois sur mon facebook perso, ca débat à mort avec mes amis (mecs). ils compatissent et veulent transformer les choses. ils ne savent pas comment encore mais le débat est lancé. et c’est vivant et riche. je rêve de faire des soirées irl mêlant hommes et femmes pour débattre ensemble de ce qu’on pourrait faire.
      je mesure aussi à quel point nous sommes à la fois des êtres intimes et sociaux et qu’il y a ces 2 plans à prendre en compte. ça n’est pas la même chose. encore merci bricole (et c’est pas cliché! c’est comme c’est)

  • Edouard, moi aussi je lis beaucoup le blog de Mai, et aujourd’hui… j’ose dire que je fatigue vraiment de tes interventions omniprésentes.

    Sur ce com et sur d’autres, j’ai l’impression que tu joues (peut-être sans t’en apercevoir) les modérateurs, en revenant sans cesse pour ajouter ton avis, et finalement conclure la discussion. Je le ressens comme intrusif. Il me semble qu’un peu moins de « bons mots », et un peu d’espace laissé aux autres ferait du bien. Oui, ce blog laisse la place à la discussion, mais à la discussion plurielle, non ? Eventuellement on vient y chercher l’avis de Mai et de sa sensibilité particulière, car sinon… ben on ne viendrait pas ici en particulier, on irait sur… ton blog par exemple (à construire ?).

    Donc ici, si on pouvait avoir un peu plus d’espace pour la parole de tout le monde, sans que tu nous donnes tes solutions tout de suite, dès qu’on dit un mot, personnellement ça me ferait vraiment du bien.

    • bonjour delphine! alors ce sujet est épineux. j’aimerais prendre les avis dans la bienveillance.
      edouard, nous en avons déjà parlé en e-tête à tête, tu sais ce que j’en pense. cela fait cela dit plusieurs fois que les autres lectrices te font des remarques. qu’en penses tu?

      pour les autres, parce que oui cela fait plusieurs fois que j’ai des remarques dans ce sens, je me sens aussi parfois envahie par les com d’édouard mais les trouve intéressants. lorsque c’est plutôt l’option 1, notamment qd il répond à l’un.e d’entre vous sans que j’ai eu le temps de le faire, je les modère.

      je pense que le blog est justement un terrain « sans fin » ou tout le monde peut prendre autant de place qu’il/elle le souhaite. que lorsque c’est « trop » et bah vous pouvez zapper ses com et lire les autres. qu’en pensez vous?
      nous avons beaucoup de débats sur l’empathie, l’imperfection. et bien voilà, j’accueille edouard dans sa richesse comme son imperfection!

      qu’en penses tu delphine? xxx

    • Delphine, désolé si tu as été fatiguée par mes coms considérés comme intrusifs. Je vais remédier à cette sensation d’envahissement partagée par Mai. « un peu d’espace laissé aux autres » Qui aurait le pouvoir sur la place, prise ou pas, de qui que ce soit ? Pas moi. Je ne me gargarise pas de « bons mots » et ce ne sont pas MES solutions. J’écoute et partage celles qui me semblent pertinentes et peux me tromper sur la pertinence de certaines.
      Enfin, oui, mes maladresses parfois, mes imperfections et mon enthousiasme, qui se traduit par des débordements, à modérer.

  • J’y réfléchissais justement en me disant que tu appelais dans le commentaire au dialogue, et évidemment on ne va pas y arriver sans ça, sans un véritable dialogue entre tout le monde. Mais c’est aussi la fréquence et la taille des textes d’Edouard qui me font réagir. Je pourrais en effet les zapper, et peut-être qu’il faut que je me l’autorise… (hahaha. « Tu n’es pas OBLIGEE de lire tout ce qui est écrit », oublie la perfection :D)

    Mais ce n’est pas un hasard, je pense, si je réagis sur ce com-ci et pas un autre. Cette histoire de #metoo et de #balance… c’est un mouvement collectif, et c’est ce collectif qui nous permet d’oser parler de notre souffrance. Dans ce magma de douleur, de colère partagée… j’ai eu l’impression que cette omniprésence « coupait la parole collective ».

    Pour moi c’est difficile de prendre ma place, de me fâcher, de dire « mais si, ma souffrance est légitime », « mon point de vue est aussi important que le tien »… parce que je réalise que me suis autocensurée et soumise au désir de l’autre toute ma vie, que je suis en général plutôt hyper-empathique, parce que quand j’ai dit ma souffrance on m’a en effet dit « non, mais toi tu es trop sensible ».

    Donc j’ai du mal quand quelqu’un arrive et donne « ses solutions », ou « parle à la place », et que les timides, les moins doué.e.s en réthorique vont lâcher l’affaire, parce qu’il a pris la parole avant, ou plus fortement.

    Voilà. Dis donc je ne suis pas gentille sur ce coup là – grosse fierté !

    • hahahahaha rosenberg appelle ca la « phase exécrable »! hahahaha! tu as tous les droits de râler. je pense qunil y a décalage parce que bcp d’hommes n’ont pas subi ce que nous avons subi et donc, ils sont 1 step plus tard dans le dialogue. nous avons besoin d’empathie, eux en sont déjà à « ok j’ai des solutions ». or l’empathie peut être qu’il faut la trouver surtout aupres des « nôtres », nos intimes. ici je vois bien que robert et edouard ne comprennent pas trop. mais ça ne doit pas ni t’empêcher de t’exprimer, ni de ne pas les lire, ni de penser qu’ils feraient euh quoi déjà… du mansplaning?!!!!

      • Mansplaning ? je n’ai pas compris de prime abord. Mansplaining ! Expliquer de manière paternaliste et condescendante. Si c’est cela que tu ressens Mai, en ce qui me concerne, ajouté à ils ne comprennent pas trop. Et bien cela m’attriste ! l’impression que la discussion est biaisée par les images que tu te fais de moi.
        j’avais adoré ce que tu avais retranscrit dans le post Spinoza :
        « En tout homme, il y a 2 loups, dit le vieux sachem. Un noir et un blanc.
        Le noir est sûr de son dû, effrayé de tout, donc colérique, plein de ressentiment, égoïste et cupide, parce qu’il n’a plus rien à donner.
        Le blanc est fort et tranquille, lucide et juste, disponible, donc généreux, car il est assez solide pour ne pas se sentir effrayé par les événements. »
        Un enfant qui écoute l’histoire lui demande :
        « – Mais lequel suis-je alors? »
        – Celui que tu nourris. »
        Depuis quelques jours, je me pose la question de la couleur du loup que je nourris.
        Je me pose aussi la question de la couleur du loup nourri dans ces commentaires.
        La réalité n’est pas noire ou blanche, mais il y a effectivement une tendance à aller vers le noir ou vers le blanc. j’aimerais que notre communication aille dans le sens du blanc, et je serai attentif à ce que la mienne aille vers le blanc, tout en débusquant le noir en moi. Bonne journée et merci encore pour l’espace que tu m’offres.

        • alors edouard, merci et pardon si je t’ai blessé. en revanche je pense justement que tu ne fais pas de mansplanning. je pense que c’est que ressentent certaines de mes lectrices mais pas moi. ma tournure de phrase n’était pas suffisamment claire. encore desolee. je pense que tu es un enthousiaste, et c’est génial mais que parfois ça déborde. mais qu’il n’y pas grand chose à “remborder” non plus. on s’est donnés des règles entre nous pour que je me sente bien dans notre e-relation. si ca te va toujours on s’y tient! (et vive le bouquet quotidien hein 😉 ) a vite!

          • Emu ! Quelle chance, j’ai ! merci Mai pour ton humanité !
            En toile de fond de nombreux com j’ai perçu un « mais de quel droit ce mec nous donne des leçons, il n’a aucune légitimité, il ferait mieux de lire … lui qui ne comprend rien, qui est paternaliste, condescendant, sans compassion, inconscient de l’ampleur des dégâts, et qui s’attarde sur la sémantique de balance ton porc. Pas de « moi je sais, j’ai souffert aussi !  » Juste des passages par des souffrances physiques et psychologiques (je m’en serais bien passé, j’ai cru devenir fou) vécues vers l’âge de 7 ans, libérées par la parole lors de la thérapie analytique et qui me permettent mieux que bien des hommes (je n’en tire aucune fierté), de ressentir la souffrance des femmes violées. Ma sœur a vécu la « même » expérience. Même entre guillemets, car la différence de genre entre elle et moi par rapport au malheureux malfaisant a induit des réactions totalement différentes.
            Je me suis senti jugé par des femmes et incompris ( comment peuvent elles me comprendre sans savoir ! ) dans ce blog. Chose que je n’avais jamais expérimentée.
            Cette explication seulement maintenant parce que je ne voulais pas attirer l’attention sur moi par un « moi aussi » que j’aurais trouvé mal venu, dans un débat où l’être humain a été d’emblée classifié en 2 catégories bien distinctes, les femmes d’un côté et les hommes de l’autre. Loin du we belong dont tu parlais il y a peu de temps ! J’avais écrit cela lors de ma thérapie :
            C’est aujourd’hui. Une odeur inhabituelle. Personne ne parle. Une personne en blanc entre.
            Serait-ce mon tour ? elle jette un nom. Non, pas encore ! Bref soulagement, bientôt, ce sera mon tour. Il part avec la personne en blanc, ne dit rien en nous quittant. Il y a des bruits étranges à côté.
            Des cris aussi. Bien fait pour lui ? Il aurait du … On lui avait bien dit ! Il ne l’a pas fait !
            Le temps passe. Toujours ces cris, et puis ce bruit ! La prochaine fois que la personne en blanc se présentera, ce sera pour moi ? Silence. Plus de cris, plus de plaintes.
            Une autre personne entre, inquiète, elle ose un petit bonjour, elle cherche un endroit pour s’assoir, s’assoit. De nouveau, la personne en blanc . Un regard vers moi. J’ai compris, c’est mon tour, je n’ai pas le choix, je dois la suivre. Je le sais, là où je vais. Une lumière aveuglante. Les instruments, c’est là qu’ils sont ! Personne, une curieuse chaise longue, je m’y installe,
            Serai je impeccable ? Il entre. Impossible de parler, je suis à sa merci, son otage, ses instruments fouillent en moi. Je pourrais mourir, là, maintenant !
            (un père dentiste ! La bouche aussi, fait partie de notre intimité.)

  • bonjour à toutes et tous…
    je crois surtout que ce post remue beaucoup beaucoup beaucoup…qu ‘en tant que femme (et je parle là pour moi), depuis quelques temps je suis à fleur de peau (alors ce n’est pas que le post mais surtout tout ce qui passe autour de nous concernant toutes ces violences).
    On m’a fait la réflexion chez moi ce week end que depuis quelques temps je suis devenue comme obsessionnelle…je cherche, je veux comprendre.
    Mais en fait en y réfléchissant pour ma part, c’est un peu comme si une porte c’était ouverte et que je voyais ce flux et de me dire… » nous sommes tellement nombreuses… ça dure depuis tellement longtemps … »et d’autres choses encore. C’est comme si je prenais une claque.
    Alors oui, c’est vrai que ce n’est pas facile du tout.

    La compassion ne viendra pas comme ça, d’une baguette magique.
    On aura tous des mots qui vont attrister, des mots que nous ne comprendront pas, des intentions incompréhensibles pour les uns…

    Mais je suis certaine qu’ici, là où il y a la parole donnée…On apprend. On apprend simplement à s’écouter, se comprendre, à se pardonner, à rire, à pleurer et je pense que c’est le plus important. On apprend aussi à se respecter. on prend de la hauteur je vous assure, même si ce n’est pas visible là maintenant.
    Prenons soin de nous.
    @Edouard, l’histoire du loup je l’ai lu hier soir, Elle est très belle.

  • Mai, j’ai lu tout ton article puis les commentaires. Ils m’ont presque fait oublier tes lignes dis donc !
    tu l’as suffisamment écris et dis COMPASSION est la solution. Derrière ces hommes comme tu le dis qui violentent (physiquement, verbalement, émotionnellement…) les femmes et les hommes (ba oui eux aussi) se cachent des enfants certainement bien tristes, seuls, en manque d’amour, blessés, torturés et j’en passe. Je n’excuse personne bien au contraire attention. Moi aussi j’ai eu de nombreux propos sexistes de la part de mon actuel supérieur hiérarchique. Cet homme avec qui je collabore quotidiennement mérite d’ailleurs un #balancetonporc. Vraiment. Et pourtant… il y a la face cachée. Et là tu fais le lien. Et c’est exactement ce que tu dis, tu réalises qu’une part de lui n’a pas grandi.  » Il n’est pas méchant « . Ah si dans plusieurs propos il est méchant et écœurant. En fait il a juste pas grandi. Sur certains points. Je ne l’excuse pas mais disons que, j’essaye de mesurer mon propos, je comprends pourquoi il en est arrivé là. Alors lorsque ses mots dépassent mon seuil de tolérance parfois très limité, rdv dans le bureau pour mettre carte sur table. Cela choquera certainement certaines personnes, je ne veux pas distinguer homme /femme. Mais c’est la solution que j’ai trouvée, ainsi que mes collaboratrices et mes collaborateurs, pour garder une atmosphère sereine et surtout être dans l’échange plutôt que dans la bagarre. Mon responsable se sent désormais plus reconnu et est beaucoup plus à même de se remettre en question. Et il s’excuse. Et il avance et change de point de vue. Parfois ça peut aller au clash. Mais ça se résout avec la discussion.

    Tout ça pour dire que les hommes aussi sont victimes. Personne n’en doute je le sais. Mais parfois, dans certains commentaires que j’ai lu, je trouve qu’il y a beaucoup d’agressivité de la part de femmes. Édouard et Robert ont été assez maladroits mais je leur reconnaît l’envie d’échanger, de faire avancer la société. Cela m’embête lorsqu’on attend le mot exact de la part de l’autre et que ça ne vient pas. Oui mais c’est l’autre. L’autre est autre justement. Oui c’est vrai parfois c’est carrément à côté de la plaque et même eux aussi manquent de compassion. Alors on fait quoi ? On se mord la queue ? Comme c’est fait au fil des coms, on discute. On se dit ce qui va et va pas. On n’a pas les même poins de vue, on ne vit pas les mêmes choses, on n’a pas la même sensibilité.

    Je me surprend à écrire cela parce que je suis hyper exigeante, ultra super émotive, j’ai subi/vécu des actes sexistes et racistes, on m’a demandé d’être toujours parfaite, de choisir le rationnel et la sécurité, de ne pas trop pleurer, de ne pas sortir des cases, de dire oui sans demander pourquoi… Parfois la compassion c’est extrêmement dur. Pourquoi être dans l’empathie, l’écoute et la tolérance alors que l’autre fait mal, blesse, violente, ne se met pas à notre place ? Parce que si l’on fait ça, on reste dans le même schéma. Même moi je suis surprise d’écrire cela attention.

    Bon c’est l’heure de retourner bosser alors si j’ai autre chose à dire, je reviendrai par ici Mai. Et j’en aurais en fait parce que je reste sur ma faim et ait envie d’en dire plus. Encore merci pour ce champs de partage. du love du love du love.

      • Hier soir j’y ai repensé suite à une discussion avec une collègue qui a terminé par ses pleurs justement sur la violence verbale et sur l’impact de tes mots et de ton ton sur autrui. Cet exemple est bidon comparé aux violences physiques et formes de harcèlement existantes (je le sais j’en ai subi également) . Mais cela a débouché sur une possible remise en question. Je ne dis pas qu’il faut toujours faire preuve de pédagogie. Cela m’est parfois impossible. Faut pas non plus se foutre de la gueule du monde (ego limit). J’ai aussi repensé à ces hommes qui disent « mais faut porter plainte ». Oui toi qui dit ça, as-tu déjà eu peur ? Peur d’avoir mal, peur d’être abusée, peur d’être reniée, honteuse, pointée du doigt, abandonnée, scrutée lorsque tu diras je porte plainte. IL faut que vous regardiez le film tunisien La belle et la meute. On va me dire c’est en Tunisie, le rapport aux femmes est différent, elles sont des sous-hommes pour les hommes justement. Oui ba je trouve que bizarrement en France on a le même rapport presque parfois avec les agressions sexuelles, le harcèlement. « Ah mais elle l’a cherché un peu je trouve ». Éduquons-nous, éduquons nos enfants (mon neveu en l’occurence encore, pas de poussions en couvade). Le pouvoir, la supériorité physique ne change rien. Tu ne seras ni maintenant ni jamais mieux que quiconque.
        Le #balancetonporc a au moins le mérite de lever le voile sur ces êtres supposés irréprochables. Oui cela fait effet de délation, moi aussi je l’ai pensé. Mais, toujours un mais, cela permet aux victimes de retrouver la parole. Et enfin lâcher le morceau et dire haut et fort le mal qu’elles portent en elles. Je dis elles parce que victime est un mot bizarrement féminin, lui. Edouard et Robert, les meufs (c’est pas péjoratif), continuons d’échanger #loveisall

    • Sonia, merci pour ce témoignage ! vous êtes une artisane de la discussion ! Padovani dit qu’il y a un endroit où on peut être en paix avec l’ignorance du monde, à partir de notre joie qui est un moteur à l’action. « Quand je suis en révolte par rapport à la violence, je ne suis pas un artisan de la paix, je pérennise la violence ». https://www.youtube.com/watch?v=tEDMppZdd-k
      Oui « faut porter plainte » accompagné de la peur ! Je comprends ! (De peur de représailles, je me suis tu pendant plusieurs années suite à une violence physique envers moi). Que faire ? Vivre avec la peur ? Porter plainte ou bien ne pas porter plainte ? Quel choix diminuerait la peur ? Pas simple ! Plus de justice, moins d’impunis, plus de conscience sur la gravité des agressions et des harcèlements et donc moins d’agressions ? J’ose espérer que oui.
      « dire haut et fort le mal qu’elles portent en elles »
      Autre question que je me pose : si l’agresseur n’est pas désigné, y a-t-il en lui une prise de conscience ? Entendu Marlène Schiappa parler d’une campagne de sensibilisation à l’étude. Fou que l’on soit obligé de « sensibiliser » une partie des hommes sur ce sujet. Mais oui, important d’éveiller les consciences.

  • Bonjour Mai,
    J’ai beaucoup attendu pour participer à cet échange et surtout te livrer mon ressenti. J’ai vraiment aimé ton post, son rythme, cette manière si inhabituelle d’être sincère..( je compare aux auteurs de blogs…). Les blogs ne sont ils pas « habités »par des réactions sincères de personnes qui ne le sont pas toujours?
    Ce qui m’a émue dans ton texte c’est sa subtilité. C’est difficile d’aller chercher exactement ce qu’il y a de dérangeant dans les rapports hommes femmes, tels qu’on nous les appris, de défaire les choses sans polémiquer et sans passer à côté de son sujet. Je trouve qu’à ce titre la réaction de Robert était symptomatique de ce TREs léger mépris qu’on se surprend à absorber, à ne même plus relever, dans des discussions sociales  » types »…
    Enfin tout ce que tu relèves dans ta réponse me semble d’une grande justesse…
    Qu’est-ce qu’on accepte sans oser dire ´ non non non c’est nul de dire ca’? Vendredi, au travail, l’un de mes collègues parle d’un parent d’élève ( une maman ) et dit « oh bah qu’elle était  » nunuche elle »). Ça me heurte. Il a soixante ans moi 37, je trouve enfin la force de lui rétorquer  » ah oui, intéressant cette remarque et tu aurais dit la même chose d’un homme? » il me répond  » oui j’aurais dit quil était un peu con con ». Et là je me suis dit « Mais y aurait-il eu ce rire graveleux, ce sourire entendu entre les garçons présents..? Et je me suis souvenu de la parole si libératrice de ma psy  » ouî et alors? ». Oui le droit à être nunuche par moments mais pas tout le temps, oui à la possibilité de ne pas être enfermée dans un jugement. Ah bon on a le droit de définir les gens, bons, mauvais? Intelligentes, nunuches?
    Je te livre des bribes de ma vie, quelques petites choses qui me semblent rejoindre ce que tu essayais de restituer toi aussi. L’autre jour, je sors de mon établissement, en voiture, la fenêtre ouverte et j’entends l’un de mes élèves ( garçon)à qui j’entends transmettre l’essentiel de ce que sais, dans mes cours, hurler  » ah ( mon nom…)la sale pute » et là électrochoc je me suis dit que c’était pas possible que des gamins utilisent de tels mots pour juste exprimer leur mécontentement. Je ne t’explique pas l’émotion lorsque j’en ai diScuté ensuite avec certains de mes élèves, en classe ?
    Etait-ce parce que je mapercevais qu’ils me détestaient? Je crois que non, en tant que profs, on se sait aimé ou détesté … Etait-ce parce que ce mot signifie le mépris imprécis et vague par rapport aux femmes?
    Était-ce parce ce ca rejoint ce que je vis avec un garçon, qui est en couple, et avec qui je vis une histoire d’amour ( oserais je l’appeler ainsi?)
    ESt ce que ca ravivait ce sentiment brulant quand il part, apres nos courtes entrevues, cette impression qu’on m’a pris quelque chose….. ?
    Etait-ce parce que Jai la culpabilité sourde de voler son mec à une fille que je ne connais pas?
    Pourquoi on culpabilise quand on est une femme de ce qu’on nous fait subir?

    Je sais que je ne veux pas le forcer à quitter sa copine car Jai le sentiment qu’il ne faut pas forcer les gens à nous choisir….à nous aimer…
    Je suis donc en attente…
    Dun peu de reflexion de sa part…
    Ou de courage…

    Je me demande si vraiment les hommes ont conscience des choses, de ce qu’on interiorise, de ce qu’on s’efforce de surmonter seule?
    On discutait avec le garçon en question et je ne sais plus pourquoi, ah si… Parce que je lui racontais le lien que javais fait entre le « pute « balancé par un élève, et le « pute » balancé par une de mes amies lorsqu’elle a appris la situation ( ses mots étaient  » mais il te prend pour une pute!) ou le « pute » désespèré qui me fait peur ( celui que je m’accole…lorsque j’ai peur qu’il ne soit pas si sincère que ca?) et la, lui, il me rétorque ‘ je pense plutot être un garçon bienveillant » et je me suis dit que tout résidait là dedans…dans ces quelques mots.
    « Des « garçons se fient donc à l’image qu’ils ont d’eux-mêmes, et ne nous demande pas ce qu’on en pense. Moi j’aurais aimé qu’il me dise juste « Mais toi, comment tu me ressens, comment tu ressens mes actions… ?Et là une discussion aurait pu être possible!

    Voila en vrac, ce que je voulais dire sur ce «  » etre » une femme  » qui est parfois totalement réjouissant et parfois totalement ambiguë…
    Et parce que j’aimerais à la fois avoir le droit d’être un être humain,point, et pas un être féminin jugé, utilisé, par des garçons qui pensent être bienveillants ….

    Je te lis avec plaisir et bonheur à chaque fois, mai, sache-le!

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